Gabrielle Zevin « La librairie de l’île »

Quatrième de couverture

A.J. Fikry a l’un des plus beaux métiers du monde : il est libraire sur une petite île du Massachusetts. Mais il traverse une mauvaise passe. Il a perdu sa femme, son commerce enregistre ses pires résultats depuis sa création et il vient de se faire dérober une édition originale et précieuse. A.J. s’isole au milieu des livres jusqu’au soir où il découvre un couffin devant sa librairie. Un bébé que sa mère a abandonné là avec un mot: «Je tiens à ce qu’elle grandisse entourée de livres et de gens pour lesquels la lecture compte.» Réticent au premier abord face à l’ampleur de cette mission, le libraire tombe rapidement sous le charme du nourrisson et entrevoit avec lui la possibilité d’un nouveau bonheur.

Et si la vie valait bien qu’on lui accorde une seconde chance ?

Mon avis

Je suis toujours attirée par les livres qui parle de librairie et de livres! Celui-ci est une jolie petite histoire, sans plus. Une lecture légère qui regorge cependant d’amour pour les livres et la lecture.

Extraits

– mais qu’y-a-t-il, dans la vie de plus personnel que les livres?

– les choses qui nous émeuvent à 20 ans ne sont pas forcément celles qui nous touchent à 40 et vice-versa. C’est valable pour les livres comme dans la vie.

– En temps que lecteur, il sait que tout repose sur la construction de l’œuvre.

– Il suffit de poser une question pour percer quelqu’un à jour: Quel est ton livre préféré?

– Parfois les livres attendent le bon moment pour nous trouver.

– On reste toujours attaché à son premier amour littéraire.

– Peut-être suis-je un mauvais bouquin avec une jolie couverture.

Note: 3,5/5

Pocket, 2017, 283p.

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Un jour, une citation: Assia Djebar

… elle lit: comme on boit ou comme on se noie…

lectures sans fin, chaque livre à la fois un être, un monde, l’effervescence intérieure traversée de longues coulées calmes où lire c’est s’engloutir, s’aventurer à l’infini, s’enivrer, l’horizon qui se déchire, recule, même à l’intérieur…

… l’esprit pétri d’émois livresques…

Assia Djebar « Nulle part dans la maison de mon père » (Babel)

(Photo: Librairie L’arbre du voyageur, 55, rue Mouffetard, 75005 Paris)

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Un jour, une citation: François Truffaut

Il y a des livres comme des films, qui vous embarquent. François Truffaut (Entretien avec Franck Maubert – Avril 1982)

(Photo: Sonia Rykiel, Boulevard Saint-Germain, 175, 75006 Paris)

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Un jour, une citation: Mary Shelley

J’espère que vous lisez, car les livres nous font vivre dans un monde apaisé. Mary Shelley (1797-1851) « Lettre à Jane Williams »

(Photo: Librairie Gallimard, Boulevard Raspail, 15, 75005 Paris)

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Marc Pautrel « La vie princière »

Quatrième de couverture

«Puisque le Domaine est une propriété privée et qu’il ne passe ici qu’un ou deux véhicules par jour, nous marchons en plein milieu de la chaussée, la route nous appartient, on dirait qu’elle a été tracée pour nous seuls au milieu des vallons, percée à flanc de coteau puis parfaitement aplanie, égalisée et goudronnée uniquement pour que toi et moi puissions y marcher tous les deux côte à côte le plus confortablement possible, et parler, parler sans cesse, expliquer, imaginer, se souvenir, inventer, interroger, démontrer, raconter, échanger nos idées, nos mots, nos vies.»

Mon avis

Un petit bijou!!

Un français, une italienne, un endroit magnifique et une lettre. Celle qu’il lui écrit quand elle part. Il reparcourt leur rencontre et lui fait une splendide déclaration.

J’ai adoré le texte et j’ai adoré l’écriture! Un texte tendre et sensible sur la naissance du sentiment amoureux. Une longue lettre comme on aimerait en recevoir!

Extraits

– … et parler, parler sans cesse, expliquer, imaginer, se souvenir, inventer, interroger, démontrer, raconter, échanger nos idées, nos mots, nos vies. p.30

– … Je me dis qu’il n’y a jamais de hasard, que les choses se tressent les unes aux autres pour former une troublante guirlande, certains atomes du monde se chargeant de passer le relais à d’autres pour que la continuité de mon corps ne soit jamais rompue, et mon corps ce sont aussi ces mots que j’écris. p.32

– … nous échangeons nos souvenirs, nous avons tellement de choses à nous dire, je me rappelle, je ne me rappelle même pas tout ce dont nous parlons, nous nous disons des millions de choses, nous nous disons tout sur tout, l’Italie, la France, la littérature, la musique, les animaux… p.33

– Pour que mes paroles m’importent, finalement il faut sans doute qu’elles deviennent des écrits, et qu’ainsi je puisse les relire et les voir, les tenir à distance. Tout le reste, tout ce que je dis, comme tout ce que je pense, je l’oublie si je ne l’écris pas. p. 36

– … maïs qu’est-ce que la lecture et la littérature en comparaison de ta présence vivante? p.44

– Je ne connais rien de plus douloureux que se retrouver obligé de vivre à côté d’une vérité insupportable, sans pouvoir ni s’en éloigner ni rien faire pour la modifier. p.56

– Se quitter pour se retrouver, encore, encore et encore, c’est sans doute une des multiples formes que peut prendre le paradis ici-bas. p.60

Note: 5/5 💙💙💙

Gallimard, L’Infini, 2018, 78p.

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Un jour, une citation: Marguerite Duras

… comme si ce n’était qu’ainsi, au seuil du dicible, que l’on pouvait faire de la littérature. » Marguerite Duras «La passion suspendue – entretiens avec Leopoldina Pallotta Della Torre »(Seuil)

(Photo: Librairie Tropismes, Galeries Royales Saint-Hubert, Galerie des Princes, 11, 1000 Bruxelles)

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Un peu de poésie en attendant le printemps (7)

En hiver

Le sol trempé se gerce aux froidures premières,

La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,

Et met, au bord des toits et des chaumes branlants,

Des coussinets de laine irisés de lumières.

.

Passent dans les champs nus les plaintes coutumières,

A travers le désert des silences dolents,

Où de grands corbeaux lourds abattent leurs vols lents

Et s’en viennent de faim rôder près des chaumières.

.

Mais depuis que le ciel de gris s’était couvert,

Dans la ferme riait une gaieté d’hiver,

On s’assemblait en rond autour du foyer rouge,

.

Et l’amour s’éveillait, le soir, de gars à gouge,

Au bouillonnement gras et siffleur, du brassin

Qui grouillait, comme un ventre, en son chaudron d’airain.

Emile Verhaeren « Les flamandes » « En hiver » (1883)

Auteur

Emile Verhaeren (Saint Amand 21/05/1855 – Rouen 27/11/1916) Poète belge flamand, d’expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale proche de l’anarchisme lui fait évoquer les grandes villes dont il parle avec lyrisme sur un ton d’une grande musicalité. Surnommé le « grand Barbare doux », il a su donner une voix au vent, à la mer, aux arbres et aux forces de la nature.

En 1889, Verhaeren rencontre une jeune aquarelliste, Marthe Massin, qui fréquente régulièrement la sœur du poète. Il tombe sous son charme et l’épouse en 1891. Son amour pour elle s’exprimera au travers de 3 recueils de poèmes dédiés aux âges de la vie d’un couple : « Les Heures claires » (1896), « Les Heures d’après-midi » (1905), « Les Heures du soir » (1911)

À partir de 1898, il séjourna fréquemment dans une petite commune à la frontière française, Roisin

Grâce aux éditions du Mercure de France, ses recueils connaîtront une diffusion européenne. On le traduit dans les langues européennes les plus importantes (l’anglais, le russe, l’allemand) et il fait des tournées littéraires à travers la Belgique, la France, la Hollande, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, La Pologne et la Russie. A ce moment, Verhaeren est sans conteste une célébrité littéraire. Ce sont aussi les années pendant lesquelles il fait la connaissance d’Auguste Rodin, d’Eugène Carrière, de Rainer Maria Rilke et surtout de Stefan Zweig.

Le mythe veut que ces derniers mots ont été : Ma femme, ma patrie.

Émile Verhaeren meurt accidentellement à Rouen et en 1927, sa dépouille sera transférée dans un tombeau monumental aux bords de l’Escaut, à Saint-Amand.

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