Citations/Citazioni

CITATIONS LECTURE / ÉCRITURE

KEEP CALM AND READ ON

▪️LIRE, POUR LES ANCIENS GRECS, C’EST MOT À MOT «reconnaître ce qu’on attend » Pascal Quignard

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▪️Les livres aiment tout le monde, petit crétin. Kaouther Adimi « Nos richesses » Éditions du Seuil

▪️Un livre ça se touche, ça se sent. Il ne faut pas hésiter à corner les pages, à l’abandonner, à y revenir, à le cacher sous l’oreiller… Kaouther Adimi « Nos richesses » Éditions du Seuil

▪️Un livre c’est une manière de rencontrer l’autre de suspendre le temps, de s’étonner devant les beautés inventives de la langue de l’auteur, c’est la possibilité de voyager de l’au côté du monde ou de se réfugier sous la couette pour mieux se retrouver soi-même. Un livre, c’est un secret, une promesse, un pacte de confiance. Lire c’est vivre. Laure Adler « Les femmes qui lisent »Figaro Madame (14/09/2012)

▪️…le bonheur de lire est tellement imprévisible qu’un lecteur exercé s’en étonne lui-même. Alain « Propos sur le bonheur »

▪️Lisez, relisez ces pages éternelles. N’espérez pas en trouver ailleurs l’équivalent. Alain à propos de « Guerre et paix de Tolstoï

▪️La littérature est mon bac à sable. J’y joue, j’y construis mes forts et mes châteaux, j’y passe un temps merveilleux. Rabih Alameddine « Les vies de papiers »

▪️Dans chaque livre s’envole des rêves.

Dans chaque mot un espoir, une découverte.

Il est des portes sur la mer que l’on ouvre avec des mots. Rafael Alberti

▪️Chi molto legge prima di comporre, ruba senza avvedersene e perde originalità, se ne aveva.Vittorio Alfieri

▪️Leggere, come io l’intendo, vuol dire profondamente pensare. Vittorio Alfieri

▪️I libri nel tempo sono come i telescopi nello spazio: così gli uni come gli altri ne avvicinano gli oggetti lontani. Francesco Algarotti

▪️J’écris pour ceux qui se plaisent à l’histoire des émotions, retrouvent leur sensibilité dans celle des autres, s’amusent à voir une âme s’ouvrir et s’attacher… Hortense Allart De Méritens « Les enchantements de Prudence par Madame de Saman l´Esbatx

▪️Leggo per legittima difesa. Woody Allen

▪️Vivere per me è continuo divenire, è un buon libro da leggere vicino al fuoco di un camino mentre fuori piove e i cipressi lungo il viale si genuflettono all’impeto del vento Isabel Allende, Paula

▪️L’écriture a cet étrange privilège: elle nous éloigne de la vie lorsqu’elle est la plus vivante exactement de la même façon dont elle nous en éloigne quand elle est la plus morbide (Santiago H. Amigorena « Des jours que je n’ai pas oublié »)

▪️L’écriture est la souffrance qui lui permet de ne pas mourir de toutes les autres souffrances. (Santiago H. Amigorena « Des jours que je n’ai pas oublié »)

FRANK ANDRIAT

▪️Chaque livre est une âme. Frank Andriat «Jolie libraire dans la lumière» (Éditions Desclée de Brouwer, 2012)

▪️Entre un livre et ses lecteurs, avant même qu’ils se croisent, il existe un fil invisible et magique qui les appelle à se rencontrer. Frank Andriat «Jolie libraire dans la lumière» (Éditions Desclée de Brouwer, 2012)

▪️Il lui avait toujours semblé si étrange que, dans un livre, on pût se retrouver, comme en un miroir déformant, mais aussi révélateur de ce que, de soi, on préfère ignorer.Frank Andriat «Jolie libraire dans la lumière» (Éditions Desclée de Brouwer, 2012)

▪️L’amour des livres me rend heureuse. Frank Andriat «Jolie libraire dans la lumière» (Éditions Desclée de Brouwer)

▪️L’écrivain, c’est un peu comme un magicien qui, d’un coup de plume, peut transformer toutes. Les causes perdues et offrir ainsi du rêve et du bonheur aux autres Frank Andriat

▪️Pour elle, les livres étaient un havre. Frank Andriat «Jolie libraire dans la lumière» (Éditions Desclée de Brouwer, 2012)

▪️Un livre, ça peut être tout ou presque rien. Un coup de vent dans la forêt du songe, un tremblement dans notre vie réelle. Il peut modifier la lumière de notre quotidien, la rendre soudain plus vive ou plus ténue. On continue de respirer comme avant et, pourtant, au coeur de nous, une graine pousse, inattendue. Frank Andriat « La forêt plénitude. (Editions Mijade 2013)

▪️La vie c’est un livre qu’on aime, c’est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu’on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. découvrir cela, tu verras, c’est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n’est peut-être tout de même que le bonheur. Jean Anouilh « Antigone »

▪️Je passais au bord de la Seine

Un livre ancien sous le bras

Le fleuve est pareil à ma peine

Il s’écoule et ne tarit pas

Quand donc finira la semaine

Guillaume Apollinaire, Alcools, « Marie » 1913

▪️J’aime les phrases qui se lisent de deux façons et par là riches de deux sens entre lesquels la ponctuation me forcerait à choisir. Or je ne veux pas choisir. Louis Aragon

▪️La lecture d’un roman jette sur la vie une lumière. Louis Aragon « Blanche ou l’oubli »

▪️La littérature est une affaire sérieuse pour un pays, elle est, au bout du compte, son visage. Louis Aragon «J’abats mon jeu» (1959)

▪️Le roman c’est la clef des chambres interdites de notre maison. Louis Aragon «Les cloches de Bâle »

▪️Ça fait gagner du temps, la littérature. Fanny Ardant dans l’émission « La Grande Librairie » du jeudi 5 janvier 2017

▪️C’est toujours une promesse de bonheur, une librairie.Fanny Ardant dans la Grande Librairie du 5 janvier 2017

▪️Dans la littérature, il y a quelque chose qui résout les choses. Fanny Ardant dans l’émission « La Grande Librairie » du jeudi 5 janvier 2017

▪️Je lisais comme on se drogue, c’est-à-dire pour intensifier la vie ou pour oublier le chagrin. Fanny Ardant dans l’émission « La Grande Librairie » du jeudi 5 janvier 2017

▪️La littérature doit vous apporter une sorte de miroir de consolation et de vérification que vous n’êtes pas tout seul. Fanny Ardant

▪️Écrire pour se trouver. Écrire pour se rencontrer. Parce qu’écrire renvoie toujours à soi-même. Johanna Assand « Le carnet Moleskine »

▪️La page blanche, c’est l’infini des possibles. C’est tout ce que j’écrirai. Et tout ce que je n’arriverai pas à exprimer. Écrire. C’est offrir avec les mots, les rires et les larmes. Écrire, c’est être libre. Johanna Assand « Le carnet Moleskine »

▪️The answers you get from literature depend on the questions you pose. Margaret Atwood

▪️Quand j’écris, j’aime. (Auden)

▪️La lettura tende con gli anni a diventare una specie di doppio dell’esistenza, anzi, un concentrato di esistenza raramente eguagliato, per intensità, nell’ordinario scorrere delle giornate. Corrado Augias

▪️La persecuzione contro i libri è propria di tutti i regimi dispotici, e basterebbe questo per farci amare la lettura. Corrado Augias

▪️Noi siamo abituati a dare a parole come -silenzio- e -solitudine- un significato di malinconia, negativo. Nel caso della lettura non è così, al contrario quel silenzio e quella solitudine segnano la condizione orgogliosa dell’essere umano solo con i suoi pensieri, capace di dimenticare per qualche ora -ogni affanno-. Corrado Augias

▪️Les livres lui semblaient contenir toutes les réponses, les clés ouvrant au bonheur, à la vie. Il suffisait d’en lire énormément. Shalom Auslander « L’espoir, cette tragédie »

JANE AUSTEN

🇬🇧 But for my own part, if a book is well written. I always find it too short. Jane Austen

🇫🇷 Lorsqu’un livre est bien écrit, il me semble toujours trop court. Jane Austen

🇬🇧 I declare after all there is no enjoyment like reading! How much sooner one tires of anything than of a book! When I have a house of my own, I shall be miserable if I have not an excellent library. Jane Austen « Pride and prejudice  » (chapter 11)

🇫🇷 Je déclare qu’après tout, il n’y a pas de plaisir qui vaille la lecture! Comme on se fatigue plus vite de toute chose que d’un livre ! Quand j’aurai une maison à moi, je serai malheureuse si je n’ai pas une excellente bibliothèque. Jane Austen « Orgueil et Préjugés » (chapitre 11)

▪️If a book is well written. I always find it to short. Jane Austen

▪️Tout compte fait, je crois que rien ne vaut un bon livre. On se fatigue de tout plus vite que de la lecture. Jane Austen « Orgueil et Préjugés »

PAUL AUSTER

🇫🇷 Au bout du compte les livres relèvent moins du luxe que de la nécessité, et la lecture est une addiction dont il ne souhaite pas être guéri. Paul Auster « Sunset Park »

🇺🇸 In the end books are not luxuries so much as necessities. Paul Auster « Sunset Park »

▪️Ferguson non ebbe più dubbi sul futuro, se un libro poteva essere questo, se un romanzo poteva fare questo al tuo cuore, alla tua mente e ai tuoi sentimenti più profondi sul mondo, allora scrivere romanzi era senz’altro la cosa migliore che potevi fare nella vita, perché Dostoevskij gli aveva insegnato che le storie inventate potevano andare ben oltre il semplice divertimento e lo svago, potevano rivoltarti come un calzino e soperchiarti il cervello, potevano scottarti e gelarti e metterti completamente a nudo e scaraventarti tra i venti furiosi dell’universo». Paul Auster, “4321”

▪️La lecture était ma liberté et mon réconfort, ma consolation, mon stimulant favori: lire pour le pur plaisir de lire, pour ce beau calme qui vous entoure quand vous entendez dans votre tête résonner les mots d’un auteur. Paul Auster « Brooklyn Follies »

▪️Le cose non sono mai finite e ogni storia è una storia che continua. In quasi tutti i miei libri, la fine è un’apertura verso un’altra cosa nuova. Un’apertura a un prossimo episodio, a un passo che non è nel libro, ma che il libro suggerisce. Un passo in un libro o un passo nella vita: è la stessa cosa. Se il personaggio non è morto, la sua vita continua. Paul Auster

🇫🇷 Le moindre mot est pour moi entouré d’arpents de silence et lorsque j’ai enfin réussi à le tracer sur la page, il a l’air de se trouver là comme un mirage, une particule de doute scintillant dans le sable. Paul Auster « Léviathan «

🇮🇹 Per me la più piccola parola è circondata da acri ed acri di silenzio, e perfino quando riesco a fissare quella parola sulla pagina mi sembra della stessa natura di un miraggio, un granello di dubbio che scintilla nella sabbia. Paul Auster « Leviatano»

▪️Les livres sont des compagnons de route qui vous quittent, vous reviennent, vous collent parfois à la peau. Paul Auster

▪️ONE SHOULD NEVERUNDERESTIMATE THE POWER OF BOOKS. Paul Auster

▪️Scrivere è un mestiere per solitari. Ti prosciuga. In un certo senso, lo scrittore non ha una vita propria. Anche quando lo hai di fronte non c’è veramente». Paul Auster, “Fantasmi”, 1986

▪️Un livre, c’est le seul lieu au monde où 2 étrangers peuvent se rencontrer de façon intime. Paul Auster

🇫🇷Un livre est un objet mystérieux et une fois qu’il a pris son envol, n’importe quoi peut arriver. Paul Auster « Léviathan »

🇺🇸A book is a mysterious object, and once it floats out into the world, anything can happen. Paul Auster « Léviathan »

▪️… de toute écriture, ce qui compte, c’est la lecture qu’on en fait. Nathalie Azoulay « Titus n’aimait pas Bérénice » (Folio)

▪️Il y a des livres dont il faut seulement goûter, d’autres qu’il faut dévorer, d’autres enfin, mais en petit nombre, qu’il faut, pour ainsi dire, mâcher et digérer. Francis Bacon « Essais, sur l’étude »

▪️La lettura rende un uomo completo, la conversazione lo rende agile di spirito e la scrittura lo rende esatto. Francis Bacon (Francesco Bacone)

▪️La lecture nous donne des amis inconnus, et quel ami qu’un lecteur. Honoré de Balzac « L’élixir de longue vie » (« Au lecteur »)

▪️Le hasard est le plus grand des romanciers. Honoré de Balzac « La comédie humaine »

▪️Souvent, me dit-il, en parlant de ses lectures, j’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot dans les abîmes du passé, comme l’insecte qui flotte au gré d’un fleuve sur quelque brin d’herbe. Parti de la Grèce, j’arrivais à Rome et traversais l’étendue des âges modernes. Quel beau livre ne composerait–on pas en racontant la vie et les aventures d’un mot? Sans doute il a reçu diverses impressions des événements auxquels il a servi; selon les lieux, il a réveillé des idées différentes; mais n’ est–il pas plus grand encore à considérer sous le triple aspect de l’ âme, du corps et du mouvement? à le regarder, abstraction faite de ses fonctions, de ses effets et de ses actes, n’y a–t–il pas de quoi tomber dans un océan de réflexions? La plupart des mots ne sont–ils pas teints de l’idée qu’ils représentent extérieurement? à quel génie sont–ils dus! S’il faut une grande intelligence pour créer un mot, quel âge a donc la parole humaine? L’assemblage des lettres, leurs formes, la figure qu’elles donnent à un mot, dessinent exactement, suivant le caractère de chaque peuple, des êtres inconnus dont le souvenir est en nous. Honoré de Balzac « Louis Lambert »

▪️I libri sono un antidoto alla tristezza. Anjali Banerjee

▪️Écrire, j’ai tant écrit. Mais écrire est une forme sophistiquée de silence. Alessandro Baricco « Cette histoire là »

▪️Les livres fécondent la richesse intérieure. Élisabeth Barillé « Un amour à l’aube»

▪️Ce sont les romans qui disent le plus de vérité sur la vie : ce qu’elle est, comment nous la vivons, quel sens elle pourrait avoir, comment nous la goûtons et l’apprécions, comment elle tourne mal et comment nous la perdons. Les romans parlent à et émanent de tout ce que nous sommes – esprit, cœur, œil, sexe, peau, conscient et subconscient. Ils disent ce que c’est que d’être un individu, ce que signifie faire partie d’une société.ce que signifie être seul. Seul et pourtant en compagnie: telle est la position paradoxale du lecteur. Seul en compagnie d’un écrivain qui parle dans le silence de notre esprit. Et – autre paradoxe – cela ne fait aucune différence que cet écrivain soit vivant ou mort. Le roman rend des personnages qui n’ont jamais existé aussi réels que nos amis et des écrivains morts aussi vivants qu’un présentateur de télévision. Julian Barnes « Par la fenêtre »

▪️J’ai vécu dans les livres, pour les livres, par et avec les livres. Julian Barnes « Par la fenêtre  » (Folio)

▪️L’écriture étant à mes yeux une magie toujours prête à se volatiliser. Silvia Baron Supervielle « Lettres à des photographies »

▪️L’écriture fabrique son rêve et, à mesure qu’elle se dessine, le souvenir caché fait surface. Silvia Baron Supervielle « Chant d’amour et de séparation  » Gallimard

▪️Un livre est un souvenir lorsque je l’ouvre, au cours de la lecture et lorsque je le referme. Silvia Baron Supervielle « Lettres à des photographies »

▪️J’en reviens en effet à cette idée simple, et en somme intraitable, que la « littérature » (car au fond mon projet est « littéraire »), ça se fait toujours avec de la « vie ». Roland Barthes « La Préparation du roman » 16 décembre 1978

▪️L’acte d’écrire est en soi une fictionnalisation même si on écrit sur des faits réels. Roland Barthes

▪️La littérature ne permet pas de marcher, mais elle permet de respirer. Roland Barthes

▪️Le livre fait le sens, le sens fait la vie. Roland Barthes « Le Plaisir du texte »

▪️Pour l’écrivain, la littérature est cette parole qui dit jusqu’à la mort: je ne commencerai pas à vivre avant de savoir quel est le sens de la vie. Roland Barthes

▪️La lecture n’est profitable qu’aux esprits possédés d’un goût immodéré de la vérité. Charles Baudelaire

▪️Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l’ensemble de tous les monuments formant la ville qui est le livre. Charles Baudelaire

▪️Je lui dirais… que les sottises imprimées n’ont d’importance qu’aux lieux où l’on en gêne le cours ; que, sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ; et qu’il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, Acte V, scène 3 (1778)

▪️Je me disais que tant qu’il y aurait des livres le bonheur m’était garanti. Simone de Beauvoir « Mémoires d’une jeune fille rangée » (1958)

▪️… la lecture était non seulement mon divertissement favori, mais la clé qui m’ouvrait le monde. Elle m’annonçait mon avenir: m’identifiait à des héroïnes de roman, je pressentais à travers elles mon destin. Simone de Beauvoir « Tout compte fait »

▪️Seule la lecture, avec une économie de moyens – juste ce volume dans ma main – crée des rapports neufs et durables entre les choses et moi. Simone de Beauvoir, « Tout compte fait » (1972)

▪️Je lis parce que la vie ne me suffit pas (comme disait Pessoa).

Je lis pour m’empêcher de dire des bêtises aux femmes.

Je lis pour ne pas regarder Secret Story.

Je lis pour être ailleurs.

Je lis pour devenir toi.

Je lis parce que c’est la seule activité au monde qui permette d’être à la fois seul et accompagné.

Je lis pour déménager dans la tête de Montaigne.

Je lis pour que Flaubert me parle de la mélancolie des paquebots.

Je lis comme Gide écrit Paludes : pour que d’autres m’expliquent pourquoi je lis.

Voilà : je lis pour que Montaigne, Flaubert et Gide m’apprennent qui je suis.

Je lis parce que c’est une chance d’avoir des interlocuteurs aussi âgés : Montaigne 477 ans, Flaubert 189 ans, Gide 141 ans.

Je lis pour écouter les morts.

Je lis pour que Frédéric Berthet me dise ceci : « J’ai des souvenirs comme un défilé de mode, une mémoire comme un soir de cocktail, je n’évolue jamais dans ma chronologie sans avoir un verre à la main. Se souvenir, c’est comme sortir. »

Je lis pour que Berthet m’explique pourquoi je fais la fête.

Je lis pour sortir, sans sortir.

Mais je lis aussi pour entendre des vivants.

Je lis pour que Pierre Ducrozet commence son premier roman par ces deux phrases : « J’en étais alors à me regarder pousser les cheveux. Le soleil commençait à m’emmerder sérieusement, et la pluie aussi. »

Je lis parce que Mathieu Terence défend le mot « pénombre ».

Je lis parce que Mathieu Terence, comme Charles Dantzig, comme Sartre avec Les mots, a lui aussi ressenti le besoin de bâtir son panthéon de lecteur, parce que des mecs de trente ou quarante ans continuent de croire que lire mérite le détour en 2010, et que ce choix bizarre est un choix de résistant.

Je lis pour ne pas vieillir.

Je lis pour échapper à la société autant qu’à moi-même.

Je lis pour être libre.

Je lis pour ne pas être dérangé.

Je lis pour ne pas répondre au téléphone.

Je lis pour ne plus être ici mais là-bas.

Je lis sans raison.

Je lis pour lire.

« Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. » André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924.

Frédéric Beigbeder « L’Express » – 2010

▪️Tout bon livre doit savoir provoquer l’attente: lire, c’est attendre la suite! Frédéric Beigbeder

▪️Cela la rassérène de savoir que les livres l’attendent, qu’elle ´ne sera pas seule pour affronter sa propre pensée. Jeanne Benameur «Otages intimes »

▪️Dans les livres j’oublie. Dans les livres, je respire. Il n’y a plus rien qui menace à l’intérieur, je suis vraiment moi-même. Jeanne Benameur « Pas assez pour faire une femme »

▪️Et c’est en lisant des romans que j’ai appris à aimer vraiment les gens. Jeanne Benameur « Pas assez pour faire une femme »

▪️… la littérature c’était mon pain depuis toujours. Jeanne Benameur « Pas assez pour faire une femme »

▪️La littérature entrait dans ma vie au plus intime et je sentais qu’elle me permettait de vivre . Elle ouvrait un espace possible pour respirer à l’inter de moi. Je prenais force. Dans le silence de mes écrits. Ceux des autres. Les miens. Jeanne Benameur « Pas assez pour faire une femme

▪️Cher Tahar Ben Jelloun, quelle place tiennent les livres dans votre vie?

Voilà, je vous réponds sans trop réfléchir: Les livres sont des amis, rarement encombrants, toujours là, bien sages, sans réticence, sans faire de bruit ; je tends la main et un des livres s’ouvre, il m’emmène loin, je lis et je rêve, je lis et je voyage. Je ne conçois pas une maison sans livres. Même en prison, je sais qu’il y a des livres. Alors, les livres c’est comme ma respiration. Quand un livre a été mal fagoté, mal écrit ou écrit sans passion, bref un livre inutile, il faut le mettre hors de la maison, dans la cave par exemple, mais j’ai du mal à m’en débarrasser. Vive les livres, et surtout ceux qui nous apportent la poésie dont nous avons besoin pour vivre et ne pas totalement désespérer. Tahar Ben Jelloun

▪️Une bibliothèque est une chambre d’amis. Tahar Ben Jelloun

▪️Un livre c’est la naissance d’un voyage, le tracé d’un itinéraire. Tahar Ben Jelloun « Harrouda »

▪️Non si mette la vita nei libri./ La si trova. Alan Bennett

▪️I libri parlano

anche se son chiusi

beato chi sa ascoltarne

l’ostinato sussurro.

Stefano Benni « La palmaverde »

▪️Ecrire, c’est mettre des mots sur les silences.C’est bâtir des ponts par-dessus les abîmes et s’y pencher pour ressentir le monde. Sarah Berti « Un amour »

▪️ Ainsi qu’on pouvait l’espérer, le temps fit son oeuvre dans l’esprit de ma grand-mère. Au fil des mois, la pratique des livres dans laquelle elle n’avait vu à l’origine que le symbole de sa libération et l’instrument d’une revanche sur le destin, finit par se muer en passion toute pure. Elle connut la surprise d’accueillir en elle, avec la violence des tentations majeures, le besoin de dévorer le monde des autres pour en faire sa substance. Mais comme elle ne disposait pas des instruments de mesure qu’une éducation élémentaire aurait pu lui apporter, elle ne parvint jamais à faire la distinction entre le meilleur et le pire: sa disponibilité permanente à l’égard de tous les dépaysements de l’imaginaire l’amenait à absorber avec la même avidité Balzac et Paul Bourget, Zola et Paul Prévost, Maupassant et Henry Bordeaux. Chaque lecture lui ouvrait les portes d’un ailleurs fabuleux, étranger aux mesquineries de la vie quotidienne, où tout était signe et couleur, innocence et plaisir. Il était inévitable qu’en me voyant plongé à toute heure du jour dans ces récits d’aventure qui avaient assez d’empire sur mon esprit pour que j’en oublie l’heure des repas, elle en arrivât à s’intéresser elle-même à mes lectures. C’était d’ailleurs tout à fait dans la ligne du plan qu’elle avait conçu à mon sujet. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est qu’elle se prendrait au jeu, et qu’après avoir dévoré en deux ou trois semaines tout le lot de livres que j’avais apportés dans mes bagages, elle me presserait de l’accompagner à la bibliothèque pour l’aider à en choisir d’autre. » Charles Bertin « La petite dame en son jardin de Bruges » (Babel)

▪️Je découvris un jour qu’elle avait pris l’habitude de lire à mon insu les mêmes romans que moi. Un matin, je m’aperçus que le volume abandonné la veille sur mon lit avait disparu dans mon sommeil. Je me disposais à accuser le fantôme de la maison, lorsque j’eus l’idée de confier à ma grand-mère l’étonnement que je ressentais en découvrant sur la table du salon le Jack London ou le Mark Twain sur lequel je m’étais endormi la nuit précédente; elle m’avoua sans se troubler qu’il n’y avait sous notre toit d’autre fantôme qu’elle-même. Charles Bertin « La petite dame en son jardin de Bruges »(Babel)

▪️I libri sono pieni delle parole dei saggi,degli esempi

degli antichi,dei costumi delle leggi,della religione.

Vivono, discorrono, parlano con noi, ci insegnano,

ci ammaestrano, ci consolano, ci fanno presenti ponendole

sotto gli occhi cose remotissime dalla nostra memoria.

Tanto grande è la loro dignità, la loro maestà,

e infine la loro santità, che se non ci fossero i libri,

noi saremmo tutti rozzi e ignoranti,

senza alcun ricordo del passato, senza alcun esempio;

non avremmo conoscenza alcuna delle cose umane e divine;

la stessa urna che accoglie i corpi

cancellerebbe anche la memoria degli uomini.

« Lettera del cardinale Bessarione al doge Cristoforo Moro-31 maggio 1468 »

▪️Un livre ne fonctionne que par empathie, par identification, par appropriation. Si vous voyez la scène, vous y êtes. Philippe Besson Entretien « De Marguerite Duras à Bret Easton Ellis : la bibliothèque idéale de Philippe Besson » Télérama.fr – 22/06/2017

🇮🇹 Le donne che leggono sono pericolose… Perché non si annoiano mai, qualunque cosa accada hanno sempre una via di fuga, se ne infischiano se le fai troppo soffrire perché loro s’innamorano di un altro libro, di un’altra storia, e ti abbandonano. Le donne che leggono sono pericolose perché nutrono i loro sogni e non c’è nulla di più rivoluzionario di una donna che sogna di cambiare la propria vita… Daria Bignardi

🇫🇷 Les femmes qui lisent sont dangereuses… Parce qu’elles ne s’ennuient jamais, quoiqu’il arrive elle ont toujours une échappatoire, elles s’en foutent si on les fait trop souffrir parce qu’elles tombent amoureuses d’un autre livre, d’une autre histoire et elles t’abandonnent. Les femmes qui lisent sont dangereuses parce qu’elles nourrissent leurs rêves et il n’y a rien de plus révolutionnaire qu’une femme qui rêve de changer sa propre vie

▪️Chaque livre est une lettre adressée poste restante. Didier Blonde « Leilah Mahi 1932 »

▪️C’est le propre du roman d’amener le lecteur à renoncer au sommeil. A se relever, sans faire de bruit, pour ne pas troubler celui ou celle qui dort à ses côtés. A descendre dans le salon, allumer les lumières et s’affaler dans le canapé, vaincu. La prose a gagné le combat. On ne peut plus lui résister. Jean-Philippe Blondel

CHRISTIAN BOBIN

▪️Après les nuages, ce qu’il y a de plus beau au monde c’est un livre. Christian Bobin « Les ruines du ciel »

▪️Dans la lecture, on quitte sa vie, on l’échange contre l’esprit du songe, la flamme du vent. Une vie sans lecture est une vie que l’on ne quitte jamais, une vie entassée, étouffée de tout ce qu’elle retient comme dans ces histoires du journal, quand on force les portes d’une maison envahie jusqu’au plafond par les ordures. Christian Bobin «Une petite robe de fête»

▪️Écrire, c’est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l’ouvrir. Christian Bobin « L’homme-joie »

▪️La lecture, c’est sans fin. C’est comme l’amour, c’est comme l’espoir, c’est sans espoir. Christian Bobin « Une petite robe de fête »

▪️Les livres sont de longs paquebots à la recherche de leur naufrage. Christian Bobin « Noireclaire »

▪️Les livres sont des bougies allumées que nous rapprochons de notre visage.La cire brûlante des mots coulant sur l’âme la tire du mortifère sommeil du monde. Christian Bobin

▪️Les livres sont des cabanes. Christian Bobin

▪️Les livres sont des chapelets d’encre noire, chaque grain roulant entre les doigts, mot à mot. Christian Bobin

▪️Les livres sont de vieux serviteurs sur le dos desquels nous disposons, afin qu’ils les portent à notre place, nos craintes et nos espérances. Christian Bobin (Louise Amour, p.55, Gallimard/nrf, 2004)

▪️Les livres sont la résidence secondaire de l’âme. Quand elle pousse les volets de papier contre le mur, une lumière entre partout dans la pièce. Christian Bobin « Les ruines du ciel »

▪️Lire, c’est ajouter au livre, découvrir, en s’y penchant, son propre visage dans la fontaine du papier blanc. Christian Bobin « Un assassin blanc comme neige »

▪️Lire c’est débroussailler dans son âme un chemin que les ronces et les arbres effondrés ont depuis longtemps recouvert, puis avancer jusqu’à découvrir un château en ruine dont les fougères sont les princesses et les liserons les sentinelles. Une légende est attachée à ce château jadis construit par un seigneur si bon qu’il n’a voulu laisser son nom nulle part. Lire c’est rechercher ce nom dans les livres mais aussi dans les fleurs ou sur les visages : partout où passe une douceur si grande que nulle explication ne peut en être donnée. Christian Bobin « Prisonnier du berceau »

▪️Lire, c’est s’éloigner de soi dans le silence. Christian Bobin « Une petite robe de fête »

▪️On lit comme on aime, on entre en lecture comme on tombe amoureux : par espérance, par impatience. Sous l’effet d’un désir, sous l’erreur invincible d’un tel désir : trouver le sommeil dans un seul corps, toucher au silence dans une seule phrase. Christian Bobin « Une petite robe de fête »

▪️Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent, c’est pour toujours. Christian Bobin

▪️Un livre est un voyant ou il n’est rien. Son travail est d’allumer la lumière dans les palais de nos cerveaux déserts. Christian Bobin « L’homme-joie »

▪️Le livre est comme une grotte un peu magique que chacun explore avec sa propre lumière intérieure pour y chercher sa vérité. Janine Boissard « Une femme réconciliée » (1986)

▪️La lettura è piacere e gioia di essere vivo o tristezza di essere vivo, e soprattutto è conoscenza e domande. La scrittura, invece, di solito è vuoto. Nelle viscere dell’uomo che scrive non c’è nulla. Roberto Bolano

▪️Leggere è come pensare, come pregare, come parlare con un amico, come esporre le tue idee, come ascoltare le idee degli altri, come ascoltare musica sì, sì come contemplare un paesaggio, come uscire a fare una passeggiata sulla spiaggia. Roberto Bolaño

▪️ »Un uomo che legge ne vale due. Valentino Bompiani – motto

▪️[…] il libro, questo strumento senza cui non posso immaginare la mia vita e che per me non è meno intimo delle mani o degli occhi. J.L.Borges “Oral” dal prologo, Buenos Aires, 3 marzo 1979.

▪️Il romanzo non può essere giudicato da una pagina, né, meno ancora, da una frase, né dalla curiosa felicità di una momentanea metafora. Forse diamo troppa importanza ai pregi o agli alti e bassi della successiva lettura di un libro; l’essenziale è l’immagine ulteriore, l’indefinita immagine inconfondibile che la lettura lascia nel ricordo. Chiuso il libro, il testo continua a crescere e a ramificarsi nella coscienza del lettore. Quest’altra vita è la vera vita del libro. Jorge Luis Borges, “Introduzione a Don Chisciotte della Mancia

▪️La lecture doit être une des formes du bonheur: voilà pourquoi je conseillerais (…) de lire beaucoup, de ne pas se laisser effrayer par la réputation des auteurs, de rechercher un bonheur personnel, un plaisir personnel. Il n’y a pas d’autre façon de lire. J.L.Borges « Cours de littérature anglaise »

▪️Se leggiamo un libro antico è come se leggessimo tutto il tempo che è trascorso dal giorno in cui è stato scritto per noi. Per questo è bene mantenere il culto del libro. Il libro può essere pieno di errori di stampa, possiamo non essere d’accordo con le opinioni dell’autore, ma serba sempre qualcosa di sacro, qualcosa di divino, non con rispetto superstizioso, ma col desiderio di trovare felicità, di trovare saggezza. Jorge Louis Borges

▪️Elle franchit le seuil de la librairie comme on ouvre un livre : en se laissant happer par l’univers magique de l’imagination. Xavier Bosch « Quelqu’un comme toi »

▪️Lire des livres est peut-être la seule manière de rêver un peu, selon moi. Xavier Bosch « Quelqu’un comme toi »

▪️Ouvrir un livre, c’est découvrir des univers, vivre d’autres vies, donner un sens à la nôtre.Effectuer des allers et retours entre le futur et le passé. Forger des histoires. Pleurer et rire. Xavier Bosch « Quelqu’un comme toi »

▪️Une librairie c’est … la patrie de la liberté, le refuge des mots, le véritable musée de la pensée. Xavier Bosch « Quelqu’un comme toi »

▪️La littérature nous donne une paire de lunettes en plus. Alain de Botton

▪️Un livre, c’est un navire dont il faut libérer les amarres. Un livre, c’est un trésor qu’il faut extirper d’un coffre verrouillé. Un livre, c’est une baguette magique dont tu es le maître si tu en saisis les mots. Michel Bouthot « Chemins parsemés d’immortelles pensées »

▪️Votre idée du bonheur parfait? La lecture. David Bowie (Vanity Fair, 1998)

🇫🇷Derrière chaque livre, il y a un homme. Ray Bradbury « Fahrenheit 451 »

🇺🇸I realized that a man was behind each one of the books. Fahrenheit 451 »

🇫🇷Il n’y a pas besoin de brûler des livres pour détruire une culture. Juste de faire en sorte que les gens arrêtent de les lire. Ray Bradbury « Fahrenheit 451

🇺🇸You don’t have to burn books to destroy a culture. Just get people to stop reading them. Ray Bradbury « Fahrenheit 451 »

🇫🇷Il y a des crimes pires que de brûler des livres. L’un d’entre eux est de ne pas les lire. Ray Bradbury « Fahrenheit 451

🇺🇸There are worse crimes than burning books. One of them is not reading them. Ray Bradbury « Fahrenheit 451 »

🇫🇷Les livres sont faits pour nous rappeler quels ânes, quels imbéciles nous sommes » Ray Bradbury, Fahrenheit 451

🇺🇸The books are to remind us what asses and fool we are. Ray Bradbury « Fahrenheit 451 »

▪️Des cahiers roussis comme des feuilles d’automne, des cahiers sans date, des carnets rouges, bleus noirs, des carnets marbrés, couverts de cartes postales à moitié décollées, et remplis de mots, d’histoires, de phrases recopiées, séchées comme des fleurs japonaises qui attendent leurs heures pour se déplier. Geneviève Brisac « Dans les yeux des autres »

▪️Les livres sont les meilleures armes de la liberté . Et la liberté s’apprend.Geneviève Brisac « Vie de ma voisine » (Grasset)

▪️Perché viaggiare, insieme a leggere et ascoltare, è sempre la via più utile e più breve per arrivare a se stessi. Jan Brokken

▪️Lire un livre, c’est parcourir un chemin. Il y a des chemins attrayants, des chemins ennuyeux, faciles, tortueux. Il y en a qui conduisent à des endroits superbes et d’autres qui ne conduisent nulle part.

Lire un livre c’est pénétrer dans un autre monde. Il y a des mondes nouveaux et différents, pleins de choses originales et fascinantes qui attendent qu’on les découvre. Et il y a aussi des mondes répétitifs et médiocres, où tout est pareil, égal et sans nuances. Il y a des mondes qu’on ne visite qu’une fois et d’autres où l’on veut toujours retourner.

Lire un livre c’est comme rencontrer une personne. Il y a des gens qui m’attirent dès le premier instant, qui au moindre contact me saisissent, me captivent. Il y en a qui me paraissent fades et sans intérêt jusqu’à ce que je les connaisse mieux et commence à les apprécier. Il y a des gens retors, compliqués et élitistes. Il y en a dont le simple contact m’enrichit et d’autres qui en vérité ne peuvent pas m’apporter grand-chose. Et heureusement, il y a aussi des personnalités suffisamment transcendantes pour modifier une vie… Jorge Bucay  » Lettres à Claudia »(Lettre 52)

▪️Ricordo che i libri erano come cibo per me quando non avevo cibo. Charles Bukovski

▪️C’est peut-être ça un roman poser les bonnes questions. François Busnel

▪️La littérature : pas forcément trouver des réponses, mais poser des questions. François Busnel LGL 01/10/2015

▪️Les bons romans c’est ce qui casse un peu le cadre policé. François Busnel

▪️LISEZ ÇA S’APPELLE LA LIBERTÉ. François Busnel

▪️Oh, bien sûr, les livres sont comme tous les dragueurs : il y a ceux qui ne sont que des beaux parleurs et ceux que l’on aura oubliés au matin, ceux qui ne parlent que d’eux-mêmes et ceux qui théorisent à l’envi, ceux qui exhibent une plastique avantageuse parce qu’ils n’ont rien à dire et ceux qui baratinent dès la quatrième de couverture. Et puis il y a, quelque part au beau milieu des rayonnages, ceux qui vous accompagneront toute votre vie. François Busnel « Préface de « Lettres à mon libraire » (Editions du Rouergue)

▪️Dès que j’avais un livre, mon premier soin était de m’enfermer avec dans ma chambre d’hôtel comme pour une séance d’initiation, et je ne décrochais pas avant d’en avoir terminé, qu’il eût deux cents ou mille pages. Lire les paroles qu’un homme, dont on ne connaît généralement ni le visage ni la vie, a écrites tout spécialement à votre intention sans espérer que vous les liriez un jour, vous qui êtes si loin, si loin sur d’autres continents, d’une autre langue. Peut-être habite-t-il actuellement dans une grande maison de campagne au bord du Tibre ou un quarante-septième étage dans New York illuminé, peut-être est-il en train de pêcher l’écrevisse, de piler la glace pour le whisky de cinq heures, de caresser sa femme sur le divan, de jouer avec ses enfants ou de se réveiller d’une sieste en songeant à tout ce qu’il voulait mettre de vérité dans ses livres, sincèrement persuadé de n’avoir pas réussi bien que tout y soit quand même, presque malgré lui. Il a écrit pour vous. Pour vous tous. Parce qu’il est venu au monde avec ce besoin de vider son sac qui le reprend périodiquement. Parce qu’il a vécu ce que nous vivons tous, qu’il a fait dans ses langes et bu au sein, il y a de cela trente ou cinquante ans, a épousé et trompé sa femme, a eu son compte d’emmerdements, a peiné et rigolé de bons coups dans sa vie, parce qu’il a eu faim de corps jeunes et de plats savoureux, et aussi de Dieu de temps à autre et qu’il n’a pas su concilier le tout de manière à être en règle avec lui-même. Il s’est mis à sa machine à écrire le jour où il était malheureux comme les pierres à cause d’un incident ridicule ou d’une vraie tragédie qu’il ne révélera jamais sous son aspect authentique parce que cela lui est impossible. Mais il ne tient qu’à vous de reconstituer le drame à la lumière de votre propre expérience et tant pis si vous vous trompez du tout au tout sur cet homme qui n’est peut-être en fin de compte qu’un joyeux luron mythomane ou un saligaud de la pire espèce toujours prêt à baiser en douce la femme de son voisin. Qu’il ait pu écrire les deux cents pages que vous avez sous les yeux doit vous suffire. Qu’il soit l’auteur d’une seule petite phrase du genre: «À quoi bon vous tracasser pour si peu, allez donc faire un somme en attendant», le désigne déjà à nous comme un miracle vivant. Même si vous deviez oublier cette phrase aussitôt lue et n’y repenser que le jour où tout va de travers, à commencer par le réchaud à gaz ou la matrice de votre femme. Et si par hasard vous avez la prétention de devenir écrivain à votre tour, ce que je ne vous souhaite pas, lisez attentivement et sans relâche. Le Littré, les articles de dernière heure, les insertions nécrologiques, le bulletin des menstrues de Queen Libesth, lisez, lisez tout ce qui passe à votre portée. À moins que, comme ce fut souvent mon cas, vous n’ayez même pas de quoi vous acheter le journal du matin. Alors descendez dans le métro, asseyez-vous au chaud sur le banc poisseux – et lisez! Lisez les avis, les affiches, lisez les pancartes émaillées ou les papiers froissés dans la corbeille, lisez par-dessus l’épaule du voisin, mais lisez! Louis Calaferte « Septentrion »

🇮🇹 Leggo perché ho l’ansia di dover fare e, quando non so come fare o cosa decidere, prendo in mano un romanzo. Lo apro a caso e dimentico, l’affanno si stempera nelle pagine e sono grata al libro se riesce a strapparmi di dosso quest’angustia che si è sistemata ad altezza stomaco come un cibo indigesto. Paola Calvetti « Noi due come un romanzo »

🇫🇷 Je lis parce que devoir agir m’angoisse, et quand je ne sais pas quoi faire ou quelle décision prendre, j’attrape un roman. Je l’ouvre au hasard et j’oublie, au fil des pages l’inquiétude se tempère et je suis pleine de gratitude envers le livre, quand il réussit à alléger cette anxiété qui pèse sur mon estomac comme une nourriture indigeste. Paola Calvetti « L’amour est à la lettre A  »

🇫🇷 Pour me sauver, je lis. Je me remets à un geste méticuleux, une stratégie de défense, évidente mais géniale. Pour me sauver, je lis. Un baume parfait. Parce que peut-être, pour tout le monde, lire, c’est fixer un point pour ne pas lever les yeux sur la confusion du monde, les yeux cloués sur ces lignes pour échapper à tout, les mots qui l’un après l’autre poussent le bruit vers un sourd entonnoir par où il s’écoulera dans ces petites formes de verre qu’on appelle livres. La plus raffinée et la plus lâche des retraites. Très douce. Qui peut comprendre quelque chose à la douceur s’il n’a jamais penché sa vie, sa vie tout entière, sur la première ligne de la première page d’un livre ? C’est la seule, la plus douce protection contre toutes les peurs. Un livre qui commence. Paola Calvetti « L’amour est à la lettre A »

🇮🇹 Per salvarsi si legge. Ci si consegna a un gesto meticoloso, una strategia di difesa ovvia ma geniale. Per salvarsi si legge. Linimento perfetto. Che forse per tutti, leggere è fissare un punto per non alzare lo sguardo sulla confusione del mondo, gli occhi inchiodati sulle righe per sfuggire a tutto, le parole che una a una stringono il rumore in un imbuto opaco fino a farlo colare in formine di vetro che chiamiamo libri. La più raffinata e vigliacca delle ritirate. Dolcissima. Chi può capire qualcosa della dolcezza se non ha mai chinato la propria vita, tutta quanta, sulla prima riga della prima pagina di un libro? Quella è la sola, e più dolce custodia di ogni paura. Un libro che inizia. Paola Calvetti « Noi due come un romanzo »

ITALO CALVINO

▪️Ascoltare qualcuno che legge ad alta voce è molto diverso che leggere in silenzio. Quando leggi, puoi fermarti o sorvolare sulle frasi: il tempo sei tu che lo decidi. Quando è un altro che legge è difficile far coincidere la tua attenzione col tempo della sua lettura: la voce va o troppo svelta o troppo piano. (Italo Calvino)

🇫🇷 des livres que depuis longtemps tu as l’intention de lire, des livres que tu as cherchés des années sans les trouver, des livres qui concernent justement un sujet qui t’intéresse en ce moment, des livres que tu veux avoir à ta portée en toute circonstance, des livres que tu pourrais mettre de coté pour les lire peut-être cet été, des livres dont tu as besoin pour les aligner avec d’autres sur un rayonnage, des livres qui t’inspirent une curiosité soudaine frénétique et peu justifiable. Italo Calvino « Si par une nuit d’hiver un voyageur »

🇮🇹 I libri che da tanto tempo hai in programma di leggere, i libri che da anni cercavi senza trovarli, i libri che riguardano qualcosa di cui ti occupi in questo momento, i libri che vuoi avere per tenerli a portata di mano in ogni evenienza, i libri che potresti mettere da parte per leggerli magari quest’estate, i libri che ti mancano per affiancarli ad altri libri nel tuo scaffale, i libri che ti ispirano una curiosità improvvisa, frenetica e non chiaramente giustificabile. Italo Calvino « Se una notte d’inverno un viaggiatore »

▪️Il romanzo comincia in una stazione ferroviaria, sbuffa una locomotiva, uno sfiatare di stantuffo copre l’apertura del capitolo, una nuvola di fumo nasconde parte del primo capoverso. Nell’odore di stazione passa una ventata d’odore di buffet della stazione. C’è qualcuno che sta guardando attraverso i vetri appannati, apre la porta a vetri del bar, tutto è nebbioso, anche dentro, come visto da occhi di miope, oppure occhi irritati da granelli di carbone. Sono le pagine del libro a essere appannate come i vetri d’un vecchio treno, è sulle frasi che si posa la nuvola di fumo. È una sera piovosa; l’uomo entra nel bar; si sbottona il soprabito umido; una nuvola di vapore l’avvolge; un fischio parte lungo i binari a perdita d’occhio lucidi di pioggia. Italo Calvino « Se una notte d’inverno un viaggiatore, 1979

▪️ »je suis en train de lire! Je ne veux pas être dérangé.Italo Calvino

▪️La tua casa, essendo il luogo in cui tu leggi, può dirci qual è il posto che i libri hanno nella tua vita, se sono una difesa che tu metti avanti per tenere lontano il mondo di fuori, un sogno in cui sprofondi come in una droga, oppure se sono dei ponti che getti verso il fuori, verso il mondo che t’interessa tanto da volerne moltiplicare e dilatare le dimensioni attraverso i libri. Italo Calvino – Se una notte d’inverno un viaggiatore

▪️LA POESIA E L’ARTE DI FAR ENTRARE IL MARE IN UN BICCHIERE. ITALO CALVINO

▪️La lettura è solitudine. Si legge da soli anche quando si è in due (Italo Calvino)

🇮🇹 Leggere significa affrontare qualcosa che sta proprio cominciando a esistere. Italo Calvino « Se una notte d’inverno un viaggiatore, 1979

🇫🇷 Lire c’est aller à la rencontre d’une chose qui va exister. Italo Calvino « Si par un nuit d’hiver un voyageur »

▪️Parti dal poco, basta una piccola idea, ma netta e precisa, che s’accampi sulla pagina. Su quella bava di ragno potrai sviluppare la ragnatela delle parole. Italo Calvino

🇮🇹 Puoi uscire dalla libreria contento, uomo che credevi finita l’epoca in cui ci si può aspettare qualcosa dalla vita. Porti con te due aspettative diverse e che entrambe promettono giornate di gradevoli speranze: l’aspettativa contenuta nel libro – d’una lettura che sei impaziente di riprendere – e l’aspettativa contenuta in quel numero di telefono, – di riudire le vibrazioni ora acute ora velate di quella voce, quando risponderà alla prima tua chiamata, tra non molto, anzi, già domani, con la fragile scusa del libro, per chiederle se le piace o non le piace, per dirle quante pagine hai letto o non hai letto, per proporle di rivedervi. Italo Calvino « Se una notte d’inverno un viaggiatore »

🇫🇷 « Tu peux sortir de la librairie content, toi qui croyais finie l’époque où l’on peut s’attendre à quelque chose de la vie. Tu portes en toi deux attentes différentes et dont chacune promet des journées pleines d’espérances agréables: l’attente contenue dans le livre – celle d’une lecture que tu es impatient de reprendre – et l’attente contenue dans ce numéro de téléphone – celle d’entendre à nouveau les vibrations tantôt aiguës tantôt voilées de cette voix, quand elle répondra à ton premier appel, sous peu, et même demain, avec la frêle excuse du livre , pour lui demander si elle l’aime ou non, pour lui dire combien de pages tu as lues ou pas, pour lui proposer de vous revoir… Italo Calvino « Si une nuit d’hiver un voyageur » p. 48 (Folio)

▪️Scrivere è sempre nascondere qualcosa in modo che venga poi scoperto. Italo Calvino « Se una notte d’inverno un viaggiatore »

▪️Tu lettore credevi che lì sotto la pensilina il sguardo si fosse appuntato sulle lancette traforate come alabarde d’un rotondo orologio di vecchia stazione, nel vano sforzo di farle girare all’indietro, di percorrere a ritroso il cimitero delle ore passate stese esanimi nel loro pantheon circolare. Ma chi ti dice che i numeri dell’orologio non s’affacciano da sportelli rettangolari e io veda ogni minuto cadermi addosso di scatto come la lama d’una ghigliottina? Il risultato comunque non cambierebbe molto: anche avanzando in un mondo levigato e scorrevole la mia mano contratta sul leggero timone della valigia a rotelle esprimerebbe pur sempre un rifiuto interiore, come se quel disinvolto bagaglio costituisse per me un peso ingrato ed estenuante. Italo Calvino « Se una notte d’inverno un viaggiatore »

▪️Bisognerebbe far capire che andare a teatro o leggere un libro non è un passatempo: in realtà è anche un passatempo se vogliamo, ma è anche qualche cosa di più, cioè a dire un crescere da uomini, da cittadini, un capire il mondo, un conoscere l’infinita quantità di cose che ignoriamo, cioè un continuo arricchimento. Andrea Camilleri

▪️Ecrire, c’est mettre en ordre ses obsessions. Albert Camus

▪️La scrittura, come la pittura o la musica, segue regole di prospettiva, luce e ombra. Se le conosci da quando sei nato, bene. Se no, imparale. Poi modificale per adattarle a te stesso. Truman Capote

▪️Leggere un libro non è uscire dal mondo, ma entrare nel mondo attraverso un altro ingresso. Fabrizio Caramagna

▪️Quando entro in una libreria i miei freni inibitori si disattivano. Posso acquistare di tutto, salvo poi non ricordare perché e chiedermi quale entità mi abbia posseduto nella mezz’ora passata tra gli scaffali.Gianrico Carofiglio « La regola dell’equilibrio »

▪️La prosa deve reggersi in equilibrio, ben eretta da capo a piedi, come un muro decorato fin giù alla base, la prosa è architettura Raymond Carver

▪️… mais pourquoi écrire sinon pour buter contre l’intolérable, en franchir soi-même le seuil ? Arnaud Cathrine « Pas exactement l’amour »

▪️La littérature fait partie de la vie. Ce n’est pas quelque chose « à part ». Je n’écris pas par métier. Vivre n’est pas un métier. Il n’y a donc pas d’artistes. Les organismes vivants ne travaillent pas. Je n’aime pas la sueur de mon front malgré les avis salutaires d’un livre par trop fameux. Il n’y a pas de <spécialisations>. Je ne suis pas homme de lettres. Je dénonce les bûcheurs et les arrivistes. Il n’y a pas d’écoles. En Grèce ou dans les <geôles> de Tsintsin, j’écrirais tout autrement. J’ai fait mes plus beaux poèmes, dans les grandes villes, parmi cinq millions d’hommes – ou à cinq mille lieues sous les mers en compagnie de Jules Verne, pour ne pas oublier les plus beaux jeux de mon enfance. Toute vie n’est qu’un poème, un mouvement. Je ne suis qu’un mot, un verbe, une profondeur, dans le sens le plus sauvage, le plus mystique, le plus vivant. Blaise Cendrars « Prose du transsibérien »

▪️Lire est simplement ma façon de visiter le monde en son essence même; d’apprendre à connaître ses semblables en leur âme et leur sang; de me faire enfin des amis parmi des personnages dont les charmes et les traits attachants ne sont souvent que de brillants commentaires sur le caractère de leurs auteurs. Edmonde Charles-Roux (cité dans « Elle, Edmonde  » de Jean-Noel Liaut)

▪️People wonder why the novel is the most popular form of literature; people wonder why it is read more than books of science or books of metaphysics. The reason is very simple; it is merely that the novel is more true than they are. G.K. Chesterton

▪️La vita di un libro non finisce con l’ultima pagina. Lee Child

▪️La littérature doit être facile à comprendre et difficile à écrire. Wang Chung

▪️L’écriture est une aventure. Winston Churchill

▪️Una stanza senza libri è come un corpo senza anima. Marco Tullio Cicerone

▪️Borges conobbe come nessuno il piacere pericoloso della lettura: quest’impresa illimitata, che moltiplica le persone e le cose più degli specchi, e ci convince insieme dell’assoluta mutabilità e dell’assoluta staticità dell’universo. Pietro Citati « Il tè del cappelaio matto »

▪️Vous aimez les livres ? Vous voici heureux pour la vie. Jules Clarétie

▪️Un beau livre, c’est celui qui sème à foison les points d’interrogation. Jean Cocteau « Le rappel à l’ordre » (1926)

▪️Vois-tu, chaque lecteur est un livre, une histoire en cours d’écriture. Une histoire à la recherche d’une autre histoire. Thierry Cohen « Longtemps, j’ai rêvé d’elle »

▪️Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne. Colette «La retraite sentimentale»

▪️La littérature est source de plaisir, disait-il, c’est une des rares joies inépuisables, mais pas seulement. Il ne faut pas la dissocier de la réalité. Tout y est. C’est pourquoi je n’emploie jamais le mot fiction. Toutes les subtilités de la vie sont la matière des livres. Laurence Cossé « Au bon roman »

▪️LEGGEVA WILLIAM BLAKE VICINO ALLA FINESTRA. Cesare Cremonini

▪️Non faccio alcuna differenza tra un libro e una persona, un tramonto, un quadro. Tutto ciò che amo lo amo di un unico amore. Marina Cvetaeva « Il paese dell’anima: lettere, 1909-1925 » (Adelphi)

▪️Tutto il mio scrivere è un continuo prestare orecchio. Marina Ivanovna Cvetaeva Un poeta a proposito della critica,

▪️If you are going to get anywhere in life you have to read a lot of books. Roald Dahl

🇫🇷 Les livres la transportaient dans des univers inconnus et lui faisaient rencontrer des personnages hors du commun qui menaient des vies exaltantes. Ainsi navigua-t-elle sur d’antiques voiliers avec Joseph Conrad, explora-t-elle l’Afrique avec Ernest Hemingway et l’Inde avec Rudyard Kipling. Ainsi assise au pied de son lit, dans sa petite chambre d’un village anglais, visita-t-elle de long en large et de haut en bas le vaste monde. Roald Dahl « Matilda »

🇬🇧 The books transported her into new worlds and introduced her to amazing people who lived exciting lives. She went on olden-day sailing ships with Joseph Conrad. She went to Africa with Ernest Hemingway and to India with Rudyard Kipling. She travelled all over the world while sitting in her little room in an English village.”Roald Dahl, Matilda

▪️… Il y a les livres… leur grande force: quand l’un d’eux nous touche, on n’est pas seul, l’auteur est là, il nous parle, on entend sa voix, son monde devient le nôtre et ses personnages deviennent nos proches Francis Dannemark « La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment »

▪️La lecture est cet instant d’éternité simultanément ressenti par quelques solitaires dans l’espace immatériel un peu bizarre qu’on pourrait appeler l’esprit. Charles Dantzig

▪️La lecture: une ampoule s’allume et éteint ce qui l’entoure. Charles Dantzig « Pourquoi lire? »

▪️On lit pour comprendre le monde, on lit pour se comprendre soi-même. Si on est un peu généreux, il arrive qu’on lise aussi pour comprendre l’auteur. Je crois que cela n’arrive qu’aux plus grands lecteurs, une fois qu’ils ont assouvi les deux premiers besoins, la compréhension du monde et la compréhension d’eux-mêmes. Lire fait chanter les momies, mais on ne lit pas pour cela. On ne lit pas pour le livre, on lit pour soi. Il n’y a pas plus égoïste qu’un lecteur. Charles Dantzig « Pourquoi lire? »

▪️- Quel est le geste de trop ?

– Celui de fermer un livre. »

Charles Dantzig (La dépêche 12/11/2017)

▪️Toute la littérature est dans le point-virgule. Régis Debray

▪️Amare un libro, non solo per il contenuto, ma soprattutto per la sua fisicità, per il suo essere materia tangibile, è una malattia come un’altra. Per gli individui affetti da questo morbo il libro, una volta letto, cessa di essere una delle tante copie in circolazione di un testo e diventa parte integrante del proprio corpo e, come tale, non può essere più ceduto in prestito a nessuno. E’ memoria viva, è carne della propria carne, è deposito distaccato dell’anima. Luciano de Crescenzo

▪️Écrire c’est l’occasion de ne plus se moquer du hasard. Frédérique Deghelt (Tweet)

▪️Les livres sont des rêves éveillés: ils m’emportent dans la douceur que je ne peux vivre. Frédérique Deghelt « L’œil du prince » (J’ai lu, p. 179)

▪️Un livre s’écrit au fil des saisons et des lieux que l’on traverse. Frédérique Deghelt

🇫🇷Il n’y a que dans les livres que l’on peut changer de vie. Que l’on peut tout effacer d’un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilenies et au bout d’une phrase se retrouver soudain au bout du monde. Grégoire Delacourt  » La liste de mes envies »

🇮🇹È solo nei libri che può cambiare la vita. Solo lì si può cancellare tutto con un tratto di penna. Fare sparire il peso delle cose. Cancellare le cattiverie meschine e alla fine di una frase, ritrovarsi all’improvviso alla fine del mondo. Grégoire Delacourt « Le cose che non ho »

ERRI DE LUCA

▪️Cerco nei libri la lettera, anche solo la frase che è stata scritta per me e che perciò sottolineo, ricopio, estraggo e porto via. Non mi basta che il libro sia avvincente, celebrato, né che sia un classico: se non sono anch’io un pezzo dell’idiota di Dostoevskij, la mia lettura è vana. Perché il libro, anche il sacro, appartiene a chi lo legge e non per il diritto ottenuto con l’acquisto. Perché ogni lettore pretende che in un rotolo di libro ci sia qualcosa scritto su di lui». Erri de Luca, “Alzaia”.

▪️Fai come il lanciatore di coltelli, che tira intorno al corpo. Scrivi di amore senza nominarlo, la precisione sta nell’evitare. Distraiti dal vocabolo solenne, già abbuffato, punta al bordo, costeggia, il lanciatore di coltelli tocca da lontano, l’errore è di raggiungere il bersaglio, la grazia è di mancarlo ».

Erri De Luca – L’ospite incallito

🇫🇷 Je crois que tout l’art de la littérature est de raconter une histoire qui n’est pas nouvelle, aucune histoire ne l’est plus, avec la virginité d’un aveugle qui la découvre pour la première fois, revenant à la lumière dans un vertige d’émotion. Alors une vie, qui est une histoire parmi tant d’autres, semble tout d’un coup neuve, unique. Erri de Luca, “Alzaia”

🇮🇹 Credo che questo sia il mestiere della letteratura, arte di raccontare una storia non nuova, nessuna storia lo è più, con la verginità di un cieco che la scorge per la prima volta, tornando alla luce stordito di emozioni . Allora una vita, che è una storia tra le tante appare di colpo nuova, mai sfiorata prima. Erri de Luca « Alzaia »

▪️L’écrivain doit être plus petit que la matière dont il parle. Erri De Luca « Le jour avant le bonheur »

▪️Leggi un camion di libri, come ha fatto e fa l’amico scrittore di Erto, Mauro Corona, montanaro e autodidatta della narrativa, leggili da lettore, senza pensiero di paragone tra quello che stai sfogliando e le tue pagine. Erri De Luca

🇫🇷 Le jour, il parlait des livres. «Ils connaissaient mes peines, mes besoins, mes mécontentements. En chacun d’eux il y avait une phrase, une lettre qui n’avait été écrite que pour moi. Ils ont été la vie seconde, qui apprend à corriger le passé, à lui donner une présence d’esprit qu’alors il n’eut pas, à lui donner une autre possibilité. Les livres sont des maîtres pour les souvenirs, ils les font marcher. Je les ai lus entièrement, je n’en ai laissé aucun à moitié, pour décevant ou présomptueux que fût un livre je l’ai suivi jusqu’à la dernière ligne. Parce que c’était beau pour moi de tourner la page lue et de porter mon regard en haut à gauche, là où l’histoire continuait. J’ai toujours tourné très vite la feuille pour reprendre à cette première ligne, en haut à gauche. » Erri de Luca « En haut à gauche »(p.118)

🇮🇹 Di giorno parlava di libri.“Conoscevano le mie pene, i bisogni, gli scontenti. In ognuno di loro c’era una frase, una lettera che era stata scritta solo per me. Sono stati la vita seconda, che insegna a correggere il passato, a dargli una presenza di spirito che allora non ebbe, a dargli un’altra possibilità. I libri insegnano ai ricordi, li fanno camminare. Li ho letti per intero, non ne ho lasciato nessuno a mezzo, per quanto fosse deludente o presuntuoso l’ho seguito fino all’ultima linea. Perché è stato bello per me girare la pagina letta e portare lo sguardo in alto a sinistra, dove la storia continuava. Ho girato il foglio sempre alla svelta per proseguire da quel primo rigo, in alto a sinistra. Erri de Luca « In alto a sinistra »

▪️Per me i libri sono lettere a nessuno, non so a chi le ho scritte, a chi le spedisco, so che stanno al fermo posta di una libreria e qualcuno passa di lì, cerca proprio quella casella in mezzo agli scaffali, sceglie nella posta la lettera che è stata scritta per lui, e comincia a leggere. Questo è quello che io cerco almeno nei libri quando li apro, il pezzetto che è stato scritto per me. Erri De Luca

🇫🇷Ils s’aimaient, ces deux là, ils s’offraient des livres. Erri De Luca « Les poissons ne ferment pas les yeux » Folio, p. 75

🇮🇹Si amavano, quei due, si regalavano libri. Erri De Luca «I pesci non chiudono gli occhi »

🇧🇪 Wat de schrijver ‘eigenlijk’ zou willen is zwijgen, maar dan in woorden. Patricia de Martelaere « Een verlangen naar ontroostbaarheid » (1993)

🇫🇷 Ce que souhaiterait l’écrivain, c’est se taire, mais avec des mots.

▪️Aujourd’hui, j’achète beaucoup plus de livres que je n’en lis. […] Mais je n’ai pas de livres de chevet. D’ailleurs, je ne relis jamais un livre que j’ai déjà lu.

Catherine Deneuve, Elle 1984

▪️J’achète énormément de livres. Chez moi, j’en ai partout et ceux que je ne lis pas sont comme des reproches. Je consomme beaucoup de journaux et ils m’écartent des livres. Si j’étais un livre, je voudrais être dévorée…

Catherine Deneuve, Télé 7 jours 1986

▪️J’adore les livres, les mots, les caractères, le graphisme, les couvertures, le papier. Le livre est pour moi un objet magique, je l’aime comme je peux aimer un tableau. Et si j’achète des livres que je n’ai pas le temps de lire, parce que je lis beaucoup moins que je ne le voudrais, je m’assure que je les lirai un jour. J’ai besoin de leur présence, de savoir qu’ils sont là, au cas où j’aurais besoin d’eux.

Catherine Deneuve, L’Autre Journal 1984

▪️Le roman est la clé de nos songes au prix d’un effort très minime: la lecture. Michel Déon

▪️C’est là, à portée de main, ça ne tombe jamais en panne, ça tient au creux de la paume, c’est un miroir, une machine à remonter le temps, une porte ouverte sur l’autre, c’est un livre. Agnès Desarthe

▪️La lecture de tous les bons livres et comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs, et même une conversation étudiée en laquelle ils ne nous découvrent que les meilleures de leurs pensées. René Descartes « Discours de la méthode »

▪️Unico spiraglio di luce in tanta tristezza erano i miei libri; fui fedele a loro com’essi eran rimasti fedeli a me e li rilessi da cima a fondo non so quante volte. Charles Dickens

JOËL DICKER

▪️Deux choses donnent un sens à la vie: les livres et l’amour. Joël Dicker

▪️Écrire, cela signifie que vous êtes capable de ressentir plus fort que les autres et de transmettre ensuite. Joël Dicker « La vérité sur l’affaire Harry Québert »

▪️Ecrire, c’est comme boxer, mais c’est aussi comme courir. C’est pour ça que je vous envoie tout le temps battre le pavé : si vous avez la force morale d’accomplir de longues courses sous la pluie, dans le froid, si vous avez la force de continuer jusqu’au bout, d’y mettre toutes vos forces, tout votre coeur, et d’arriver à votre but, alors vous serez capable d’écrire. Ne laissez jamais la fatigue ni la peur vous en empêcher. Au contraire, utilisez-les pour avancer. Joël Dicker « La vérité sur l’affaire Harry Québert »

▪️Écrire un livre, c’est comme aimer quelqu’un : ça peut devenir très douloureux. Joël Dicker « La vérité sur l’affaire Harry Québert »

▪️Les gens pensent qu’en tant qu’écrivain, votre vie est plutôt paisible. Récemment encore, un de mes amis, se plaignant de la durée de ses trajets quotidiens entre sa maison et son bureau, finit par me dire : « Au fond, toi, tu te lèves le matin, tu t’assieds à ton bureau et tu écris. C’est tout. » Je n’avais rien répondu, certainement trop abattu de réaliser combien, dans l’imaginaire collectif, mon travail consistait à ne rien faire. Les gens pensent que vous n’en fichez pas une, or c’est justement quand vous ne faites rien que vous travaillez le plus dur. Ecrire un livre, c’est comme ouvrir une colonie de vacances. Votre vie, d’ordinaire solitaire et tranquille, est soudain chahutée par une multitude de personnages qui arrivent un jour sans crier gare et viennent chambouler votre existence. Ils arrivent un matin, à bord d’un grand bus dont ils descendent bruyamment, tout excités qu’ils sont du rôle qu’ils ont obtenu. Et vous devez faire avec, vous devez vous en occuper, vous devez les nourrir, vous devez les loger. Vous êtes responsable de tout. Parce-ce que vous, vous êtes l’écrivain.Joël Dicker « Le livre de Baltimore» p.15

▪️Le danger des livres, c’est que parfois, vous pouvez en perdre le contrôle. Publier, cela signifie que ce que vous avez écrit si solitairement vous échappe soudain des mains et s’en va disparaître dans l’espace public. C’est un moment de grand danger : vous devez garder la maîtrise de la situation en tous temps. Perdre le contrôle de son propre livre, c’est une catastrophe. Joël Dicker « La vérité sur l’affaire Harry Québert »

▪️Les livres sont comme la vie … Ils ne terminent jamais vraiment. Joël Dicker « La vérité sur l’affaire Harry Québert » (2012)

▪️« Pourquoi j’écris ? Parce que les livres sont plus forts que la vie. Ils en sont la plus belle des revanches. Ils sont les témoins de l’inviolable muraille de notre esprit, de l’imprenable forteresse de notre mémoire. » Joël Dicker « Le livre de Baltimore »(p.476)

▪️Si les écrivains sont des êtres fragiles, c’est parce qu’ils peuvent connaître deux sortes de peines sentimentales, soit deux fois plus que les êtres humains normaux : les chagrins d’amour et les chagrins de livre. Ecrire un livre, c’est comme aimer quelqu’un : ça peut devenir très douloureux. Joël Dicker « La vérité sur l’affaire Harry Québert »

▪️Un bon livre Marcus, c’est un livre que l’on regrette d’avoir terminé. Joël Dicker «La Vérité sur l’affaire Harry Quebert (2012)

▪️ »Un bon livre Marcus, ne se mesure pas à ses derniers mots uniquement, mais à l’effet collectif de tous les mots qui les ont précédés. Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant ; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. Un bon livre, Marcus, est un livre que l’on regrette d’avoir terminé. » Joël Dicker« La vérité sur l’affaire Harry Québert »

▪️Un texte n’est jamais bon. Il y a simplement un moment où il est moins mauvais qu’avant. Joël Dicker« La vérité sur l’affaire Harry Québert »

▪️Il n’y a pas de Frégate comme un Livre

Pour nous emporter en Terre lointaine

Ni de Coursier comme une Page

De fringante Poésie –

Le plus pauvre peut être du Voyage

Sans l’injure du Péage –

Qu’il est modeste le chariot

Qui porte l’âme Humaine.

Emily Dickinson

▪️Pourquoi lisons-nous, sinon dans l’espoir d’une beauté mise à nu, d’une vie plus dense et d’un coup de sonde dans son mystère le plus profond? {…} Pourquoi lisons-nous, sinon dans l’espoir que l’écrivain rendra nos journées plus vastes et plus intenses, qu’il nous illuminera, nous inspirera sagesse et courage, nous offrira la possibilité d’une plénitude de sens, et qu’il présentera à nos esprits les mystères les plus profonds, pour nous faire sentir de nouveau leur majesté et leur pouvoir? Annie Dillard « En vivant, en écrivant », Christian Bourgois.

▪️Les deux ensemble le livre et le lecteur au bon moment dans la vie de chacun cela peut produire des étincelles, un feu, un embrasement, ça peut changer une vie. Sophie Divry « La cote 400 »

▪️… elle lit: comme on boit ou comme on se noie… Assia Djebar « Nulle part dans la maison de mon père » (Babel)

▪️… lectures sans fin, chaque livre à la fois un être, un monde, l’effervescence intérieure traversée de longues coulées calmes où lire c’est s’engloutir, s’aventurer à l’infini, s’enivrer, l’horizon qui se déchire, recule, même à l’intérieur… Assia Djebar « Nulle part dans la maison de mon père » (Babel)

▪️… l’esprit pétri d’émois livresques… Assia Djebar « Nulle part dans la maison de mon père » (Babel)

▪️E la letteratura è una bella cosa, Varin’ka, una gran bella cosa. è una cosa profonda! Una cosa che fortifica il cuore della gente, che ammaestra (…) La letteratura è un quadro, cioè in un certo qual modo è quadro e specchio; passioni, espressioni, critica sottile, ammaestramento edificante, documento. Fëdor Dostoevskij, “Povera Gente”

▪️La littérature, c’est la pensée accédant à la beauté dans la lumière. Charles Du Bos « La Notion de littérature et la beauté du langage »

▪️… comme si ce n’était qu’ainsi, au seuil du dicible, que l’on pouvait faire de la littérature. » Marguerite Duras «La passion suspendue – entretiens avec Leopoldina Pallotta Della Torre »(Seuil)

▪️Écrire, ce n’est pas raconter une histoire: mais évoquer ce qui l’entoure, on crée autour de l’histoire un instant après l’autre. Tout ce qu’il y a, mais qui pourrait aussi ne pas y avoir, ou être interchangeable, comme les événements de la vie. Marguerite Duras « La passion suspendue »entretiens avec Leopoldina Pallotta Della Torre »(Seuil)

▪️È curioso uno scrittore. È una contraddizione e anche un nonsenso. Scrivere è anche non parlare. È tacere, è urlare senza rumore. È riposante uno scrittore, ascolta di continuo. Non parla molto perché è impossibile parlare a qualcuno di un libro che si è scritto e soprattutto di un libro che si sta scrivendo.

È impossibile, è il contrario del cinema, del teatro e di altri spettacoli, è il contrario di ogni lettura. È la cosa più difficile di tutte, la peggiore.

Perché un libro è l’ignoto, è il buio, è chiuso. Il libro avanza, cresce, va nelle direzioni che crediamo di aver esplorato, avanza verso il suo destino e quello dell’autore, annientato dalla sua pubblicazione: il distacco da lui, il libro sognato, come il bambino più piccolo, è sempre il più amato. Marguerite Duras, Scrivere, p.21-22

▪️J’inventais des décors pour des romans que je n’écrirais jamais. Dominique Dyens « Cet autre amour » (Robert Laffont)

UMBERTO ECO

▪️I libri da leggere non potranno essere sostituiti da alcun aggeggio elettronico. Sono fatti per essere presi in mano, anche a letto, anche in banca, anche là dove non ci sono spine elettriche, anche dove e quando qualsiasi batteria si è scaricata, possono essere sottolineati, sopportano orecchie e segnalibri, possono essere lasciati cadere per terra o abbandonati aperti sul petto o sulle ginocchia quando ci prende il sonno, stanno in tasca, si sciupano, ci ricordano che non li abbiamo ancora letti… Umberto Eco (1932-2016)

🇮🇹 I libri si rispettano usandoli, non lasciandoli stare. Umberto Eco « Come si fa una tesi di laurea »

🇫🇷 On respecte les livres en les utilisant et non en les laissant de côté. Umberto Eco « Comment écrire sa thèse »

🇫🇷 Les livres ne sont pas faits pour être crus, mais pour être soumis à l’examen. Devant un livre, nous ne devons pas nous demander ce qu’il dit mais ce qu’il veut dire. Umberto Eco « Le Nom de la Rose. »

🇮🇹 I libri non sono fatti per crederci, ma per essere sottoposti a indagine. Di fronte a un libro non dobbiamo chiederci cosa dica ma cosa vuole dire. Umberto Eco « Il nome della rosa »

▪️Fallait-il se tourner vers l’auteur ou vers son œuvre pour découvrir la vérité d’un roman? Christine Eddie « Parapluies » (Éditions Héloïse d’Ormesson)

▪️Dobbiamo impegnarci tutti a leggere nella nostra

tradizione culturale e storica,

nella nostra tradizione letteraria,

per ritrovare una ragione

dalla nostra esistenza,un nuovo senso della memoria

e del nesso tra passato e presente,

in una parola resistere per rimanere uomini e non servi. Giulio Einaudi

▪️Il libro, sia esso romanzo saggio o poesia, deve coinvolgere al massimo l’intelligenza e la sensibilità del lettore. Quando in un libro, di poesia o di prosa, una frase, una parola, ti riporta ad altre immagini, ad altri ricordi, provocando circuiti fantastici, allora, solo allora, risplende il valore di un testo. Al pari di un quadro scultura o monumento quel testo ti arricchisce non solo nell’immediato ma ti muta nell’essenza. Giulio Einaudi « La lettura è tutto.

▪️La lettura è tutto. La lettura mi fa sentire come se avessi compiuto qualcosa, imparato qualcosa, come se fossi diventata una persona migliore.

La lettura mi rende più intelligente.

La lettura mi dà qualcosa di cui parlare, più tardi..

La lettura è il modo in cui incredibilmente il mio disordine da deficit dell’attenzione medica se stesso.

La lettura è fuga, e il contrario di fuga, è un modo per entrare in contatto con la realtà dopo un giorno in cui hai fatto cose, ed è un modo di entrare in contatto con l’immaginazione di qualcun altro dopo un giorno troppo reale.

La lettura è « acqua ».

La lettura è beatitudine. » Nora Ephron

« Il collo mi fa impazzire.Tormenti e beatitudine dell’essere donna »

▪️Reading is everything. Reading makes me feel like I’ve accomplished something, learned something, become a better person. Reading makes me smarter. Reading gives me something to talk about later on. Reading is the unbelievably healthy way my attention deficit disorder medicates itself. Reading is escape, and the opposite of escape; it’s a way to make contact with reality after a day of making things up, and it’s a way of making contact with someone else’s imagination after a day that’s all too real. Reading is grist. Reading is bliss.” Nora Ephron « I Feel Bad about My Neck: And Other Thoughts on Being a Woman »

▪️When you read a book as a child, it becomes a part of your identity in a way that no other reading in your whole life does. Nora Ephron, You’ve Got Mail

▪️Au fond il n’y a que deux sortes de littérature, celle qui représente et celle qui cherche, aucune ne vaut plus que l’autre, sauf pour celui qui a choisi de s’adonner à l’une plutôt qu’à l’autre. Annie Ernaux « Mémoire de fille » Gallimard

▪️La littérature donne conscience de choses qu’on ignorait, de soi ou du monde.

L’action de la littérature est silencieuse, lente, imprévisible. Annie Ernaux (Le Soir, 17 mars 2017)

▪️Mais à quoi bon écrire si ce n’est pour désenfuir des choses même une seule irréductible a des explications de toutes sortes, psychologiques, sociologiques, une chose qui ne soit pas le résultat d’une idée préconçue ni d’une démonstration, mais du récit, une chose sortant des replis étalés du récit et qui puisse aider à comprendre – à supporter- ce qui arrive et ce qu’on fait. Annie Ernaux « Mémoire de fille » Gallimard

▪️Pour elle, les livres n’étaient pas seulement écrits par leur auteur, ils étaient interprétés par leur lecteur. Il y avaient autant de livres que de lecteurs, autant d’interprétations pour un seul et même ouvrage. C’est bien ce qui lui plaisait dans la lecture, … la possibilité d’intérioriser le monde de l’autre et de … l’apprivoiser. Rica Etienne « Le bureau des chagrins d’amour » (Editions Prisma)

▪️Elle attendait d’un livre qu’il l’emmène dans des endroits où elle n’était pas capable d’aller toute seule. Jeffrey Eugenides « Le roman du mariage »

▪️Il y avait des livres qui traversaient le tumulte de la vie pour vous prendre par le col et vous dire des choses essentielles. Jeffrey Eugenides « Le roman du mariage »

▪️Les livres ne parlent pas de la réalité. Les livres parlent d’autres livres. Jeffrey Eugenides « Le roman du mariage »

▪️’If you truly love a book, you should sleep with it, write in it, read aloud from it, and fill its pages with muffin crumbs. Anne Fadiman

▪️Il mio libro uscì una settimana dopo. Per un po’ fu divertente. Entravo nelle librerie e lo vedevo, confuso tra migliaia di altri; il mio libro, le mie parole, il mio nome, la mia ragione di vita. John Fante, “Chiedi alla polvere”

▪️Pour écrire il faut aimer, et pour aimer il faut comprendre. John Fante

▪️Écrire, c’est comme craquer une allumette au cœur de la nuit en plein milieu d’un bois. Ce que vous comprenez alors, c’est combien il y a d’obscurité partout. La littérature ne sert pas à mieux voir. Elle sert seulement à mieux mesurer l’épaisseur de l’ombre. William Faulkner

🇫🇷 Lisez, lisez, lisez. Lisez tout: de la camelote, des classiques, du bon et du mauvais et découvrez comment ils sont faits. Comme un apprenti charpentier qui étudie le travail de son maître. Lisez! William Faulkner

🇺🇸 Read, read, read. Read everything – trash, classics, good and bad, and see how they do it. Just like a carpenter who works as an apprentice and studies the master. Read! William Faulkner

▪️Grâce à mes lectures, j’avais aboli les limites de l’impasse, je respirais à nouveau, le monde s’étendait plus loin, au-delà des clôtures qui nous recroquevillaient sur nous-mêmes et sur nos peurs. Gaël Faye « Petit pays »

🇮🇹 I libri sono tutto. I libri sono la vita. Inge Feltrinelli

🇫🇷 Les livres sont tout. Les livres sont la vie. (trad. personnelle)

▪️L’ennui, qui dévore les autres hommes au milieu même des délices, est inconnu à ceux qui savent s’occuper par quelque lecture. Heureux ceux qui aiment à lire. François de Salignac de la Mothe Fénelon « Les aventures de Télémaque, fils d’Ulysse »

▪️Il parlait des livres comme d’êtres vivants – d’anciens amis, de redoutables adversaires parfois, certains faisant figure d’adolescents provocateurs et d’autres de vieilles dames piquant leur tapisserie au coin du feu. Il y avait dans les bibliothèques, selon lui, des savants grincheux et des amoureuses, des furies déchaînées, des tueurs en puissance, de minces garçons de papier tendant la main à de fragiles jeunes filles dont la beauté de désagrégeait à mesure que changeaient les mots pour la décrire. Certains livres étaient des chevaux fougueux, non dressés, qui vous emportaient dans un galop effréné, le souffle coupé, cramponnés tant bien que mal à leur crinière. D’autres des bateaux voguant paisiblement sur un lac par une nuit de pleine lune. D’autres encore, des prisons. Christine Féret-Fleury « La fille qui lisait dans le métro » p.97

▪️Je passais mon temps à lire des récits de voyage et des romans d’aventures. Grâce à la bibliothèque de mon père, je découvris qu’on pouvait voyager à travers le monde sans jamais bouger de chez soi. Maxence Fermine « Le tombeau d’étoiles »

▪️[…] tous les livres viennent des rêves, et tous les rêves viennent des livres. Maxence Fermine (L’Apiculteur, p.179)

▪️L’écriture ne doit jamais perdre de vue son but ultime qui est de capturer la vérité […]. Si, le ton sonne faux dans quelques passages — trop étudié, trop simple, trop écrit, trop contrôlé — je m’arrête et j’essaye de trouver où cela a commencé. Si je n’y arrive pas, je jette tout. Elena Ferrante dans une interview par e-mail ( cité dans un article web du nouvel obs de Nolwenn Le Blevennec et Audrey Cerdan intitulé « 3 jours à Naples sur les traces de Elena Ferrante »)

▪️… nei romanzi, c’era qualcosa che davvero mi agitava, un cuore nudo e palpitante. Elena Ferrante « L’amica geniale 3 Storia di chi fugge e di chi resta »

▪️Scrivere, scrivere non per caso, scrivere meglio di come avevo già fatto? E studiare i racconti del passato e del presente per capire come funzionavano, e imparare, imparare tutto sul mondo col solo fine di costruire cuori vivissimi, … Elena Ferrante « L’amica geniale » 3 Storia di chi fugge e di chi resta »

🇮🇹 Scrivo per testimoniare che sono vissuta e che ho cercato una misura per me e per gli altri. Elena Ferrante

🇫🇷 J’écris pour témoigner du fait que j’ai vécu et que j’ai cherché une dimension pour moi et pour les autres.

▪️A differenza della televisione e della stampa, il libro esige innanzitutto una struttura del tempo fatta per leggere. Il lettore deve avere un tempo organizzato in maniera tale da consentire la lettura del libro, il quale non può essere letto in una sola volta; si deve poter riprendere in mano il libro a cadenze tali per cui ogni volta ci si ricordi ciò che si è letto in precedenza. Ciò esige un tempo molto strutturato in funzione della lettura. Questa condizione non è facile da realizzare, anche perché richiede una lunga educazione alla lettura, che deve cominciare fin da piccoli. A quarant’anni non si cambia la propria struttura del tempo. Gian Arturo Ferrari

▪️Les livres sont nos « merveilleux nuages ». Alain Ferry « Mémoires d’un fou d’Emma » »

▪️Il y a des moments où peu importe le flacon. Pourvu qu’on ait les livres. Michèle Fitoussi

🇫🇷 Cela fait partie de la beauté de toute littérature: vous découvrez que vos désirs sont des désirs universels, que vous n’êtes pas seul et différent des autres. Vous en êtes.Francis Scott Fitzgerald

🇮🇹 Questa è la parte più bella di tutta la letteratura: scoprire che i tuoi desideri sono desideri universali, che non sei solo o isolato da nessuno. Tu appartieni. Francis Scott Fitzgerald

▪️Nul n’est jamais devenu écrivain en se bornant à le désirer. Si tu as quelque chose à dire que tu sens que personne n’a jamais dit avant toi, tu devras en être obsédée au point de trouver pour l’exprimer une manière, des mots que personne avant toi n’a trouvés, de sorte que ce que tu as à dire et ta façon de le dire forment un tout homogène, aussi indissoluble que s’ils avaient été conçus en même temps. Fitzgerald “Père et fille:Lots of Love »

▪️Ecrire, oh écrire, c’est s’emparer du monde, de ses préjugés, de ses vertus et le résumer dans un livre ; c’est sentir sa pensée naître, grandir, se dresser debout sur son piédestal et y rester toujours. Gustave Flaubert « Un parfum à sentir ou Les baladins »

▪️La littérature, le meilleur moyen d’escamoter une existence. Gustave Flaubert

▪️Il vero problema dello scrivere non è tanto di sapere ciò che dobbiamo mettere nella pagina, ma ciò che da questa dobbiamo togliere. Gustave Flaubert

▪️Non leggete, come fanno i bambini, per divertirvi, o, come fanno gli ambiziosi per istruirvi. No, leggete per vivere. Gustave Flaubert.

▪️On peut juger de la beauté d’un livre, à la vigueur des coups de poing qu’il vous a donnés et à la longueur de temps qu’on met ensuite à en revenir. Gustave Flaubert «Correspondance lettre à Louise Colet du 15 juillet 1853″

▪️Quelle meilleure chose, en effet, que d’être le soir au coin du feu avec un livre, pendant que le vent bat les carreaux, que la lampe brûle ?… On ne songe à rien, …, les heures passent. On se promène immobile dans des pays que l’on croit voir, et votre pensée, s’enlaçant à la fiction, se joue dans les détails ou poursuit le contour des aventures. Elle se mêle aux personnages ; il semble que c’est vous qui palpitez sous leurs costumes. Gustave Flaubert « Madame Bovary »

▪️Une lecture m’émeut plus qu’un malheur réel. Gustave Flaubert

▪️Leggere un libro è come esplorare ogni volta una terra diversa, con diversi sapori, diversi colori, e con odori che ti rimarranno impressi e che porterai sempre con te. Michael Floris

▪️Peut-être la littérature, à l’inverse de la vie, est-elle bel et bien affaire de choix individuel. Ken Follett « L’affaire Modigliani»

▪️Il aime flâner dans les librairies anciennes fouiller, flairer. Lorenza Foschini « Le manteau de Proust » (un petit bijou ce livre)

▪️Qu’est-ce qu’un livre? Une suite de petits signes. Rien de plus. C’est au lecteur à tirer lui- même les formes, les couleurs et les sentiments auxquels ces signes correspondent. Anatole France « Le jardin d’Epicure »

▪️En matières de livres, il y a mille approches, mille accroches: un auteur, un pays, une rencontre, un genre, des circonstances, un format, une humeur, une saison, une maison, etc. Tant de choses. Tout est prétexte. Rien n’est indifférent. Annie François « Bouquiner » Seuil, p.90

🇫🇷 Il n’y a que sur les livres et les bouteilles de vin que la poussière soit noble et supportable. Et c’est sans trop de honte qu’on souffle sur la tranche avant d’enfouir son nez entre les pages. Annie François, « Bouquiner » Seuil

▪️Tout fait musique dans le livre, pour peu qu’on ait l’oreille : le dos d’un volume cousu émet, quand on l’ouvre, d’imperceptibles pétillances, celui d’un vieux livre de poche un sinistre craquement qui amorce l’effeuillage ; le grain du papier feule et la couverture vibre sous les doigts de l’impatient. Mais le plus beau des bruits est celui des pages non massicotées que l’on coupe. (Annie François « Bouquiner », p.52, Ed. du Seuil, 2000)

🇮🇹 Soltanto sui libri e sulle bottiglie di vino la polvere è nobile e tollerabile. Ed è senza eccessiva vergogna che si soffia sul taglio prima di affondare il naso fra quelle pagine. Annie François « La Lettrice » Guanda

▪️E così il dialogo più importante della tua vita

si svolge con gli autori dei libri che leggi.

Anche se non sono presenti,

essi diventano la tua comunità. Jonathan Franzen

▪️Les livres écartent la solitude, l’angoisse, la peur, parfois la barbarie.René Frégni « Je me souviens de tous vos rêves »Folio

🇮🇹 La lettura è una passione, se inizi non ne puoi più fare a meno; e come tutte le passioni, ti salva la vita. Carlo Fruttero

🇫🇷La lecture est une passion, si tu commences tu ne peux plus t’en passer; et comme toutes les passions, elle te sauve la vie.(traduction personnelle)

▪️A book is a dream that you hold in your hand. Neil Gaiman

🇫🇷 Tout livre est un jardin. Heureux celui qui sait le cultiver et bienheureux celui qui coupe ses roses pour en nourrir son âme! Federico Garcia Lorca « Impressions et paysages »

🇮🇹 Ogni libro è un giardino. Beato colui che lo sa piantare e fortunato colui che taglia le sue rose per darle in pasto alla sua anima! Federico García Lorca

▪️Non c’è atto di libertà individuale più splendido che sedermi a inventare il mondo davanti ad una macchina da scrivere. (G.G. Marquez)

▪️L’art et le roman sont une conquête de la liberté. Romain Gary

▪️… le lecteur, il reçoit le livre comme un miroir, parfois il a envie de se fondre dedans. Eric Genetet « Et n’attendre personne »

▪️Écrire pour moi est une occupation délicieuse. Madame de Genlis « La femme auteur »

▪️Quand on écrit avec vérité, qu’on ne cherche que dans son cœur les sentiments touchants qu’on veut exprimer, il y a dans cette occupation un tel charme, qu’elle peut facilement tenir lieu de bonheur. Madame de Genlis « La femme auteur »

▪️Il existe des romans qui constituent de merveilleux et tendres compagnons de vie. D’autres peuvent faire l’effet d’une gifle. D’autres, encore, celui d’une couverture chaude dont votre petite amie vous enveloppe quand vous êtes pris de mélancolie, à l’automne. Et d’autres… comment dire. D’autres sont comme de la barbe-à-papa rose, ils picotent pendant quelques secondes dans le cerveau et laissent dans leur sillage une sorte de néant bienheureux. Comme une aventure amoureuse, brûlante mais éphémère. Nina George « La lettre oubliée »

▪️I libri la proteggono dalla stupidità. Dalla falsa speranza. Dagli uomini bugiardi. La ricoprono di amore, forza e conoscenza. È vita che viene da dentro. Nina George «Una piccola libreria a Parigi »

▪️{Les livres}… étaient un pôle sécurisant dans tout ce qu’il y avait d’imprévisible. Dans la vie. Dans l’amour. Dans la mort. Nina George « La lettre oubliée »

▪️Les livres sont comme les êtres humains, les êtres humains sont comme les livres. Nina George « La lettre oubliée »

▪️{Lire}… c’est prendre une dose homéopathique de bonheur. Nina George « La lettre oubliée »

▪️Dans l’écriture, la main parle; et dans la lecture les yeux entendent les paroles . Eugène Géruzez « Mélanges et pensées »

▪️Chaque jour, nous devons prendre soin d’écouter de la bonne musique, de lire de la bonne lecture, des beaux poèmes, de nous extasier dans les agréables peintures et de parler des mots raisonnables. Johann Wolfgang von Goethe

▪️Gli scrittori più originali dei nostri giorni non sono quelli che portano qualcosa di nuovo, ma quelli che sanno dire cose risapute come se non fossero mai state dette. Johann Wolfgang von Goethe

▪️Ogni libro è un capitale che silenziosamente ci dorme accanto, ma che produce interessi incalcolabili. Johann Wolfgang Goethe

▪️…ce sont les livres les plus abîmés, les plus griffonnés dans les marges qui sont les plus beaux. Comme les jeans vieillis troués aux genoux! Jean-Marie Gourio « Chut ! »

▪️Perché l’importante non è mai il libro, ma l’occhio con cui lo leggi. Ed è un occhio che si forma a furia di leggere, ma soprattutto di vivere: a occhi aperti. (Cuori allo specchio di Massimo Gramellini).

▪️Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade. Julien Green

▪️Une bibliothèque, c’est le carrefour de tous les rêves. Julien Green

▪️Dans le fait d’écrire, tant de choses dépendent de la superficialité de nos journées. On peut être préoccupé par des achats à faire, des impôts à payer, des conversations fortuites, mais le fleuve de l’inconscient continue de couler librement, il résout les problèmes, dresse des plans; on s’assied devant son bureau, découragé, le cerveau stérile, et brusquement les mots arrivent, les situations qui paraissaient figées au fond d’une impasse sans issue évoluent d’elles-mêmes; le travail s’est fait pendant qu’on dormait, qu’on courait les magasins ou qu’on bavardait avec des amis. Graham Greene « La fin d’une liaison »

▪️La fiction, comme la réalité, n’est qu’une variante des possibles. Simonetta Greggio « Black-messie »

▪️Écrire a tourné à l’habitude, pour ne pas dire à la manie, une manie dans laquelle je m’enfonce chaque jour davantage, de sorte qu’à présent, je suis incapable de goûter aucune autre activité, aucune autre distraction. (…) Est-ce une raison de vivre ? Dans les moments où cela va mal et où il ne reste rien d’autre, peut-être. Mais je dirais plutôt que l’écriture m’est devenue une façon de vivre. Roger Grenier, « Le Palais des livres » (2011)

▪️La littérature cristallise et condense les illusions ou les désillusions dans les romans, les chroniques, la poésie etc. que tout le monde peut consulter, « ce que l’existence ne fait ensuite que diluer ou paraphraser. » Nicolas Grimaldi

La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver. Jean Guéhenno, « Carnets du vieil écrivain » (1990)

▪️Un livre est un outil de liberté. Nous y découvrons la vie d’un autre, soit l’auteur, soit l’un des personnages qu’il a créés, et nous l’examinons avec une bien autre instance et une bien autre loyauté que la nôtre propre, et ainsi devenons-nous un peu autres que nous-mêmes sans y prendre garde. Jean Guéhenno « Carnets du vieil écrivain » (1990)

🇫🇷 Il y a dans la lecture quelque chose qui révèle de l’irrationnel. Avant d’avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C’est l’alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s’impriment dans notre cerveau. Un livre, c’est un être vivant. Jean-Michel Guenassia « Le club des incorrigibles optimistes »

🇮🇹 Nella lettura c’è qualcosa d’irrazionale. Prima ancora d’aver letto, s’indovina subito se un libro ci piacerà o no. Si fiuta, si annusa il volume, ci si domanda se vale la pena passare del tempo in sua compagnia. E’ l’alchimia invisibile dei segni tracciati su un foglio che s’imprimono nel nostro cervello. Un libro è un essere vivente. Jean-Michel Guenassia « Il club degli incorreggibili ottimisti »

HÉLÈNE HANFF

▪️J’adore les dédicaces sur les pages de garde et les notes dans les marges, j’aime ce sentiment de camaraderie qu’on éprouve à tourner des pages que quelqu’un d’autre a déjà tournées, à lire les passages sur lesquels quelqu’un, disparu depuis longtemps, attire mon attention. […] Hélène Hanff « 84, Charing Cross Road »

▪️… je ne savais pas que toucher un livre pouvait donner tant de joie. Hélène Hanff « 84, Charing Cross Road »

▪️Un livre comme ça, avec sa reliure en cuir luisant, ses titres dorés au fer, ses caractères superbes, serait à sa place dans la bibliothèque lambrissée de po d’un manoir anglais ; on ne devrait le lire qu’assis dans un élégant fauteuil de cuir, au coin du feu… Hélène Hanff « 84, Charing Cross Road »

▪️Les héros des romans ne meurent jamais, ils existent dans un univers défini par les mots du livre. Certains prétendent qu’ils sont enfermés dans un temps qui, trois jours ou trente ans, tourne en boucle et se répète de la première à la dernière page, mais que savent les humains ordinaires de leur propre réalité et comment discuteraient-ils de la mienne ? Moi, Julie d’Orsel, j’habite mon histoire, qui poursuit son cours. Jacqueline Harpmann  » Ce que Dominique n’a pas su » (Incipit) Editions Grasset, 2007

HEMINGWAY

▪️Amo scrivere. Amo il suono e la suggestione delle parole quando s’intrecciano con i sentimenti.

(Un’estate pericolosa)

🇫🇷 Etre ensemble, avec plein de livres, bien au chaud dans le lit sous la fenêtre ouverte sur les étoiles brillant dans le ciel. Ernest Hemingway « Paris est une fête »

🇬🇧 We would be together and have our books and at night be warm in bed together with the windows open and the stars bright. Ernest Hemingway «A Moveable Feast »

▪️Gli scrittori si forgiano nell’ingiustizia come si forgiano le spade.

(Verdi colline d’Africa)

▪️La letteratura è come un iceberg: ciò che si vede, ciò che si legge, è solo un ottavo della massa totale, il resto rimane sommerso.

▪️La seule écriture valable, c’est celle qu’on invente… C’est ça qui rend les choses réelles. Ernest Hemingway « Les Aventures de Nick Adams »

🇺🇸 Prose is architecture, not interior decoration, and the Baroque is over. Ernest Hemingway

🇮🇹Ricordati che la prosa è architettura, non decorazione di interni »

Ernest Hemingway

▪️Tutti i buoni libri sono simili nel fatto che sono più veri di quanto avrebbe potuto essere la realtà.

▪️Uno scrittore che omette le cose perché non le conosce, non fa che lasciare dei vuoti nel suo scritto. Uno scrittore che prende così poco sul serio lo scrivere da essere ansioso di far vedere alla gente come è accademico, colto o ben educato, è un semplice pappagallo.

(Morte nel pomeriggio)

🇺🇸 For my whole life, my favorite activity was reading. It’s not the most social pastime. Audrey Hepburn

🇫🇷 Toute ma vie, mon activité préférée était la lecture. Ce n’est pas le passe-temps le plus social. Audrey Hepburn

▪️Au fond, tout vrai lecteur est également bibliophile. Car qui sait accueillir un livre et l’aimer de tout son coeur souhaitera aussi le faire sien, le relire, le posséder et le savoir toujours à portée de main. Hermann Hesse « Une bibliothèque idéale »

▪️Il n’y a qu’une seule loi, qu’une seule voie pour se cultiver et s’élever par les livres: le respect de ce qu’on lit, la patiente volonté de comprendre, l’humilité de recevoir et d’écouter. Qui lit seulement pour passer le temps oubliera ce qu’il a lu et se retrouvera aussi pauvre qu’avant. Mais qui s’adonne à la lecture comme on écoute un ami verra les livres s’ouvrir à lui et devenir siens. Leur substance ne s’évanouira pas, ne se perdra pas; elle l’accompagnera, elle lui appartiendra, le réjouira et le consolera comme seuls les amis savent le faire. Hermann Hesse « Une bibliothèque idéale »

▪️Vivre sans lecture c’est dangereux, il faut se contenter de la vie, ça peut amener à prendre des risques. Michel Houellebecq

▪️… quand ces livres ont consigné quelque chose de valable, on entend encore leur rire silencieux au milieu des flammes, parce qu’un vrai livre renvoie toujours ailleurs, hors de lui-même. Bohumil Hrabal « Une trop bruyante solitude »

▪️« La lumière est dans le livre » … Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout. Victor Hugo (extrait du discours d’ouverture du Congrès littéraire international de 1878.)

▪️Lire, c’est boire et manger. L’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange. Victor Hugo

▪️Lire, c’est voyager. Voyager, c’est lire. Victor Hugo « Choses vues »

▪️On a tant abusé du regard dans les romans d’amour qu’on a fini par le déconsidérer. C’est à peine si l’on ose dire maintenant que deux êtres se sont aimés parce qu’ils se sont regardés. C’est pourtant comme cela qu’on s’aime et uniquement comme cela. Le reste n’est que le reste, et vient après. Rien n’est plus réel que ces grandes secousses que deux âmes se donnent en échangeant cette étincelle. Victor Hugo « Les misérables »

▪️Vous êtes à la campagne. Il pleut, il faut tuer le temps, vous prenez un livre, le premier livre venu , vous vous mettez à lire ce livre, comme vous liriez le journal officiel de la préfecture ou la feuille d’affiches du chef-lieu,pensant à autre chose, distrait, un peu baillant. Tout à coup, vous vous sentez saisi, votre pensée semble ne plus être à vous, votre distraction s’est dissipée, une sorte d’absorption, presque une sujétion, lui succède, vous n’êtes plus maître de vous lever et de vous en aller. Quelqu’un vous tient. Qui donc? Ce livre.

Un livre est quelqu’un. Ne vous y fiez pas.

UN LIVRE EST UN ENGRENAGE. Prenez garde à ces lignes noires sur du papier blanc; ce sont des forces; elles se combinent, se composent, se décomposent, entrent l’une dans l’autre , se dévident, se nouent, s’accouplent, travaillent. Telle ligne mord, telle ligne serre et presse, telle ligne entraîne, telle ligne subjugue. Les idées sont un rouage. Vous vous sentez tiré par le livre. Il ne vous lâchera qu’après avoir donné une façon à votre esprit. Quelquefois les lecteurs sortent du livre tout à fait transformés ..Victor Hugo «Proses philosophiques de 1860 à 1865 – Du génie « Tas de pierres»

▪️A love of reading is contagious.” — Phyllis C. Hunter

▪️Vous avez remarqué, il n’y a qu’une consonne qui sépare livre de libre. Claude Izner « Sang dessus dessous editions 10/18

▪️I cannot live without books. »/ « Je ne peux pas vivre sans livre. »

Thomas Jefferson

▪️Les livres naissent de ce que l’on ne sait pas dire. Si on savait dire, on dirait, et il n’y aurait pas de livres ; on n’y penserait même pas. Alexis Jenni « Dans l’attente de toi »

▪️LIRE, c’est voir le monde par mille regards, c’est toucher l’autre dans son essentiel secret, c’est la réponse providentielle à ce grand défaut que l’on a tous de n’être que soi. Serge Joncour

▪️Les livres savent de nous des choses que nous ignorons. Gaëlle Josse « L’ombre de nos nuits »

▪️Ce qu’on cherche surtout dans les livres sans s’en apercevoir, ce sont des mots propres à exprimer nos propres pensées. Joseph Joubert « Carnets » .

▪️Très vite, en quelques pages à peine, il atteignit cet au-delà de la lecture où la distance entre un livre et son lecteur n’existe plus: la frontière entre réel et fiction disparaît, imaginaire et réalité se confondent. Stéphane Jougla «Gabrielle ou le jardin retrouvé» (Denoël, p.161)

▪️Il me semble d’ailleurs qu’on ne devrait lire que les livres qui vous mordent et vous piquent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ? Pour qu’il nous rende heureux, comme tu l’écris ? Mon Dieu, nous serions tout aussi heureux si nous n’avions pas de livres, et des livres qui nous rendent heureux, nous pourrions à la rigueur en écrire nous-mêmes. En revanche, nous avons besoin de livres qui agissent sur nous comme un malheur dont nous souffririons beaucoup, comme la mort de quelqu’un que nous aimerions plus que nous-mêmes, comme si nous étions proscrits, condamnés à vivre dans des forêts loin de tous les hommes, comme un suicide — un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous. Voilà ce que je crois. Franz Kafka Lettre à Oskar Pollak (écrit en janvier 1904)

▪️Scrivere significa aprirsi a dismisura; perciò uno che sta scrivendo non sarà mai solo abbastanza, e mentre scrive non ci sarà mai silenzio abbastanza intorno a lui, e la notte non sarà mai notte abbastanza. Franz Kafka « Lettere a Felice »

▪️Une lecture amusante est aussi utile à la santé que l’exercice du corps. Emmanuel Kant

▪️Nulla è più sicuro

del suono di te

che mi legge qualcosa

Rupi Kaur « Milk and honey »

🇫🇷 Donnez- moi des livres, des fruits, du vin de France ainsi que du beau temps et un peu de musique dehors jouée par quelqu’un que je ne connais pas – sans avoir à payer le prix de son temps pour une gigue- mais un petit air de musique au hasard: et je peux passer un été tout ce qu’il y a de plus tranquille sans me soucier beaucoup… John Keats lettre à Fanny Keats du 28 août 1819, Belin, p.441

🇬🇧 Give me books, fruit, French wine and fine weather and a little music out of doors, played by someone I do not know – not pay the price for a gig – but a little chance music: and I can pass a summer very quietly without caring much…

▪️Tout roman a fondamentalement une crise pour propos, et la manière dont un plusieurs individus s’y confrontent. Douglas Kennedy « Quitter le monde » p.23

▪️Prendre le temps de lire n’est pas seulement tourner page après page, mais prendre le temps des mots. Le temps de s’arrêter, de mâcher les mots comme l’herbe folle que l’on ramasse en balade et que l’on porte à sa bouche. Accepter de les déposer, comme on laisse reposer une pâte à crêpe, et de les reprendre ensuite. Éric de Kermel « La libraire de la place aux herbes » p.19

▪️Dans les livres les phrases étaient éternelles, noires sur blanc, solides, crédibles – elles n’étaient pas en l’air, elles ne venaient pas de n’importe qui, elles avaient été polies, ordonnées, réfléchies, par des individus précis, attentifs, elles nous livraient le monde entier, le monde accéléré, perfectionné, lavé de ses scories, sans temps mort, un cours d’eau pur et bondissant, un monde dans lequel nous pouvions nous échapper chaque fois sur le monde réel cessait d’être intéressant… Julia Kerninon « Une activité respectable »

▪️Ma vie je la passe à lire des livres pour remettre les choses en place, pour me déplier, et c’est comme chanter tout bas à ma propre oreille pour me réveiller. Julia Kerninon « Une activité respectable »

▪️Mes livres. Mes horizons infinis, mes meilleures fenêtres sur le monde. Françoise Kerymer « Il faut laisser les cactus dans le placard »

▪️La littérature sert exactement à cela. Elle permet au lecteur de s’échapper au diktat des médias. Yasmina Khadra « interview dans le « Métro » du lundi 9 octobre 2015 »

▪️Un roman permet de faire un arrêt sur image. L’auteur a le temps de cerner le personnage, de comprendre son cheminement. Yasmina Khadra « interview dans le « Métro » du lundi 9 octobre 2015 »

▪️Leggiamo per assaggiare la mediocrità e sentirci una schifezza; è un’esperienza che ci aiuta a riconoscere l’orrore quando comincia ad affiorare nel nostro lavoro, e a starne alla larga. Leggiamo anche per misurarci con la grandezza e il talento, per farci un’idea di tutto ciò che si può fare. Stephen King « On writing: Autobiografia si un mestiere» (2000, p. 143)

▪️Non leggo per imparare il mestiere; leggo perché mi piace leggere. […] Tuttavia si instaura un processo di apprendimento. Ogni libro che aprite ha la sua o le sue lezioni da offrirvi, e abbastanza spesso i libri brutti hanno da insegnarvi di più di quelli belli. (Stephen King « On writing: Autobiografia si un mestiere» (2000 p. 141)

▪️Il était du genre à voyager avec énormément de lecture, une valise pleine de livres, journaux, carnets de notes, papiers. Katie Kitamura « Les pleureuses » Stock

▪️Questa sera mi sono seduto davanti a una finestra aperta

e ho letto finché la luce non se ne è andata e il libro

non era altro che una parte del buio.

Avrei potuto facilmente accendere la lampada,

ma volevo condurre questo giorno nella notte,

seduto solo a lisciare la pagina illeggibile

con il pallido grigio fantasma della mia mano.

Ted Kooser « Piaceri ed ombre »

MILAN KUNDERA

▪️Comme une grande musique qu’on peut réécouter sans fin, les grands romans eux aussi sont faits pour des lectures répétées. Milan Kundera « Les testaments trahis »

▪️D’après une métaphore célèbre, le romancier démolit la maison de sa vie pour, avec les briques, construire une autre maison: celle de son roman. D’où il résulte que les biographes d’un romancier défont ce que le romancier a fait, refont ce qu’il a défait. Leur travail, purement négatif du point de vue de l’art, ne peut éclairer ni la valeur ni le sens d’un roman il peut à peine identifier quelques briques. (Milan Kundera, L’art du roman)

▪️La littérature n’a aucun rapport avec la réalité, la littérature, elle parle de l’existence.(Milan Kundera)

▪️La seule raison d’être du roman est de dire ce que seul le roman peut dire. Milan Kundera «L’art du roman »

▪️The stupidity of people comes from having an answer for everything. The wisdom of the novel comes from having a question for everything….The novelist teaches the reader to comprehend the world as a question. There is wisdom and tolerance in that attitude. In a world built on sacrosanct certainties the novel is dead. The totalitarian world, whether founded on Marx, Islam, or anything else, is a world of answers rather than questions. There, the novel has no place.” Milan Kundera

DANY LAFERRIÈRE

▪️C’est un grenier un livre, j’ai l’impression qu’on est ému par les choses qu’on porte en soi quand on les retrouve dans un livre. Finalement on a la confirmation d’une forme de sensibilité qui nous habite. “ Conversations avec Dany Laferrière”

▪️J’ai toujours su que la littérature n’était ni un luxe, ni un sujet mondain. Elle est, à mes yeux, essentielle à la vie. Dany Laferrière  » Journal d’un écrivain en pyjama  »

▪️Le bon écrivain, ce n’est peut-être pas celui qui captive mais celui qui fait lever les yeux au-delà des pages pour réfléchir. Dany Laferrière

▪️Lire n’est pas nécessaire pour le corps, seul l’oxygène l’est, mais un bon livre oxygène l’esprit. Dany Laferrière « L’art perdu de ne rien faire »

▪️Un lecteur c’est quelqu’un qui n’arrive pas à finir une lettre de sa mère, mais dévore six cents pages de quelqu’un qu’il ne connaît pas. Dany Laferrière  » Journal d’un écrivain en pyjama  »

▪️Lire, c’est la chose la plus luxueuse de ma vie, celle qui me rend le plus heureux. Karl Lagerfeld

▪️On ouvre un livre comme on savoure une pêche. Françoise Lalande «Sentiments inavouables »

▪️Toutes les grandes lectures sont une date dans l’existence. Alphonse de Lamartine « Cours familiers de littérature »

JÉRÉMY LANIEL «La patience des arbres »

▪️Le livre traverse le temps façonnant au détour le monde dans lequel il évolue. Artisan de la montée comme de la chute des empires, témoignant tantôt d’une autre époque, tantôt de nos demains incertains, il reste puissant, essentiel … Il réfléchit autant qu’il divertit, raconte autant qu’il démontre, choque autant qu’il conforte.

▪️Y a-t-il une sorte de persistance, de révolte, de résistance, dans l’idée de passer une vie à fréquenter des livres? Quelque chose comme un anachronisme? Une nostalgie mal placée? Ou avons-nous encore raison de croire que tout peut se retrouver dans les pages d’un livre?

▪️N’y a-t-il pas une vision on ne peut plus romantique du monde livresque, que de voir ce dernier sans complexe face à la suite du monde, dans une quelconque certitude qu’il poursuivra son chemin, qu’on a beau le brûler, par accident ou par autodafé, Le dématérialiser ou encore le stocker dans un casque de réalité virtuelle, il nous regarde, sourire en coin, sachant pertinemment qu’il va nous survivre.

▪️… l’idée que les mots, les livres , les bibliothèques sont autant de choses qu’on peut trimballer dans une vie, qui nous gardent debout, qui nous ouvrent les yeux, qui nous font lever la tête, qui nous poussent à continuer.

▪️Il y a quelque chose de terriblement beau et anachronique dans ce métier de passeur qu’est celui de libraire, mais vivre avec les livres, n’est-ce pas l’unique façon d’avancer?

▪️Elle est là l’utilité d’une vie livresque, dans l’appui qu’on lui retrouve, dans cette unique façon qu’on a de se tourner vers les livres lorsque le sens semble fuir le réel. Ils sont des compagnons de route, oui, mais aussi des béquilles quand le monde fait de nous des éclopés, et surtout des alliés quand on ne sait plus vers qui se tourner. Les livres ont la patience des arbres. Grands et majestueux, ils semblent attendre notre recueillement. Bien qu’on les ait lus une ou deux fois, qu’on passe près d’eux cent fois, mille fois, ils sauront au bon moment jeter leur sens sur nous comme l’ombre d’un saule majestueux un après-midi d’été.

▪️Lors de son passage à La Grande Librairie, Fanny Ardant mentionnait qu’elle entrait dans une librairie comme on entre dans une forêt et je ne pourrais définir plus justement une librairie. Elles sont des îlots de sens dans un monde en constant mouvement, elles sont ces refuges lorsque les attaques du réel sont incessantes. Entrer dans une librairie, c’est une promesse d’ailleurs comme peu de lieux peuvent en faire.

▪️Il doit y avoir un livre qui vous sauve la vie, qui vous sauve la mise, au moins un moment, qui donne un sens à ce qui n’en a pas. Il faut le trouver, il faut le chercher, espérer qu’il a déjà été écrit. »

Elle se met donc à déchiffrer sans relâche tous les signes. Elle n’a plus qu’un seul but, qui l’occupe et la remplit : comprendre cet homme. Éclairer ses actes, ses refus, ses contradictions. Donner un sens à l’insensé. Trouver ce qui cloche, ce qui bloque, ce qui empêche, ce qui tue.

Elle commence par les livres, parce que chez elle c’est compulsif : quand elle va mal, elle lit, comme d’autres fument, boivent ou mangent. La lecture est sa nourriture, son alcool, sa drogue. Les mots sont un pansement, les mots calment son angoisse. Elle éprouve à l’égard de la langue un besoin impérieux, ce ne sont pas des impressions qui entrent en elle, ni des sentiments, non : c’est du sens qui la pénètre et circule en elle pour lui donner vie, c’est du sang dans les veines. Elle ne demande pas aux livres de la bercer, de l’endormir ou de la distraire, mais de l’aider à percer le mystère, à voir plus clair ; elle ne cherche pas l’oubli, elle cherche la mémoire et la cause, le secret des choses. Camille Laurens – Ni toi ni moi

▪️I libri sono la cura per ogni malessere – ci mostrano le nostre emozioni, una volta, e poi ancora una, finché non riusciamo a dominarle (D.H. Lawrence).

▪️Never trust the teller, trust the tale. The proper function of a critic is to save the tale from the artist who created it. D.H. Lawrence

▪️J’aime que les livres soient des brasiers. Linda Lê «Héroïnes »

▪️La littérature n’est pas faite pour les acquittés, elle n’est pas faite pour les élus. Elle est dans le camp des victimes et des sacrifiés, dans le camp des condamnés qui essayent, comme moi, de trouver leur salut et qui se cassent les dents. Linda Lê « Héroïnes »

▪️Lire, c’est aussi s’exiler dans des ailleurs pour mieux revenir vers soi. L’écrivain qui nous est le plus proche est parfois celui qui nous permet d’écouter le fracas du monde, de partir à la découverte de la part la plus secrète en nous quand le Moi se libère de ce qu’il a de plus sectaire en s’identifiant au Multiple […]

L’œuvre la plus dérangeante est celle qui nous met face à nos incertitudes et nous donne le pouvoir de nous étranger de nous-mêmes, de briser notre carapace et de sortir des chemins balisés, car elle est, note Hermann Hesse dans Magie du livre, un « téméraire vol d’Icare au pays de l’impossible ». Linda Lê, par ailleurs (exils), Christian Bourgois, 2014

▪️Pour le romancier, les faits sont une matière première, un instrument plutôt qu’une contrainte, et son métier est de faire chanter cet instrument. John Le Carré  » Le tunnel aux pigeons »

▪️Fino al giorno in cui mi minacciarono

di non lasciarmi più leggere,

non seppi di amare la lettura: si ama, forse,

il proprio respiro? Harper Lee

▪️🇫🇷 De la lecture de quelques vers d’authentique poésie, en vers ou en prose, on peut dire ce que Sterne disait d’un sourire: qu’il ajoute un fil à la très brève toile de notre vie. Giacomo Leopardi « Zibaldone » (1er février 1829)

🇮🇹 Della lettura di un pezzo di vera, contemporanea poesia, in versi o in prosa, si può, e forse meglio, dir quello che di un sorriso diceva lo Sterne; che essa aggiunge un filo alla tela brevissima della nostra vita. Giacomo Leopardi (1 febbraio 1829)

▪️Il n’existe qu’une façon de lire, et elle consiste à flâner dans les bibliothèques ou les libraires, à prendre les livres qui vous attirent et ne lire que ceux-là, à les abandonner quand ils vous ennuient, à sauter les passages qui traînent – et à ne jamais, jamais rien lire parce qu’on s’y sent obligé, ou parce que c’est la mode. Doris Lessing « Le carnet d’or »

▪️S’abandonner à la lecture est une forme ultime de détente. David Lewis

▪️Non trovo mai una tazza di tè abbastanza grande o un libro abbastanza lungo da soddisfarmi. C.S. Lewis

▪️Hormis le cœur, tout bon livre a aussi une âme, comme on dit des miroirs, mais aussi des violons, c’est-à-dire un effet de profondeur. Simon Liberati « Les violettes de l’Avenue Foch »

▪️Sur les rayons des bibliothèques je vis un monde surgir de l’horizon.” Jack London. Martin Eden.

▪️On parle souvent de l’enchantement des livres. On ne dit pas assez qu’il est double. Il y a l’enchantement de les lire et il y a celui d’en parler. (Amin Maalouf « Les désorientés »)

▪️La lecture, comme tout acte d’amour, nécessite de la tendresse, de la finesse et de l’originalité. On doit courtiser un livre, de la même manière qu’on courtise une femme, jusqu’à mériter sa complicité, afin de vivre avec, pour le meilleur et pour le pire….le mariage avec les livres est la seule union qui ne souffre pas du délit d’adultère. Alain Mabanckou «Les petits-fils nègres de Vercingétorix » – p.35)

CLAUDIO MAGRIS

▪️Certi libri sono come l’amore. Non possiamo farne a meno. Claudio Magris

▪️La littérature défend l’individuel, le particulier, les choses, les couleurs, les sens et le sensible contre l’universel factice qui enrégimente et nivelle les hommes contre l’abstraction qui les stérilise. […] Dans la littérature tout est métaphore, chaque chose dit autre chose ; un non peut être un oui et c’est là sa liberté, son angle de trois cent soixante degrés ouvert sur le monde. […] le classicisme rend libre. Claudio Magris, Utopie et désenchantement, Gallimard, 2001, pages 36, 39 et 40

▪️La vera letteratura non è quella che lusinga il lettore, confermandolo nei suoi pregiudizi e nelle sue insicurezze, bensì quella che lo incalza e lo pone in difficoltà, che lo costringe a rifare i conti col suo mondo e con le sue certezze. Claudio Magris

▪️Le café est un des lieux de l’écriture. On y est seul, avec du papier, un stylo et deux ou trois livres au maximum, agrippé à la table comme un naufragé assailli par les vagues. Claudio Magris

▪️Leggere è una delle esperienze più formative e creative per la vita e l’intelligenza di un individuo e dunque di una collettività, di una civiltà. Claudio Magris

▪️Lo scrittore moderno è colui che accetta la sfida della realtà che lo circonda, e rinuncia alla dolce finzione dell’idillio campestre. Claudio Magris

▪️Ogni vero libro si misura con la demonicità della vita; anche il Vangelo è terribile, perché constata che a chi ha viene dato e a chi non ha viene tolto pure quel poco che ha. In questa capacità di scrutare verità anche intollerabili c’è una bontà più grande di ogni conciliante bonomia, la disponibilità a scendere fino in fondo, con impavida e sconsolata pietà, nel nostro buio. Claudio Magris

▪️Quando uno scrittore parla a proprio nome dice ciò che pensa e in cui crede, afferma che la vita è un bene di cui ringraziare Dio o un male da deprecare; in ogni caso, condivide e sottoscrive la sua pagina. Claudio Magris

▪️Un vero libro è sempre arduo, anche quando sembra linguisticamente e concettualmente semplice. Claudio Magris

▪️Écrire, c’est réel, même si c’est un rêve et qu’on peut en crever tellement on rêve. Astrid Manfredi « La petite barbare »

▪️J’aime imaginer les romanciers à leur table en train d’inventer le soleil alors qu’il pleut des cordes. Et tous ces personnages qui montent dans les trains, qui se loupent, s’aiment puis s’oublient. Les femmes, elles, écrivent autrement, je trouve. C’est moins politique, plus réel. Ça me plait. » Astrid Manfredi « La petite barbare »p.89)

▪️Les bouquins, je les lis quand la nuit est épaisse, quand aucun loup ne hurle. Je dévore tout, je caresse les tranches et les couvertures dans l’espoir de faire mon baluchon et de partir à l’aventure, affranchie des slows qui entraînent les filles dans des musiques qui ne sont pas les leurs. Astrid Manfredi « La petite barbare » p.22

▪️Un bouquin c’est pas le paradis, c’est un ciel de flammes. Astrid Manfredi « La petite barbare »

▪️C’est curieux cette façon dont le lecteur façonne son propre texte en remarquant certains mots, certains noms qui ont pour lui une signification privée, dont lui seul perçoit l’écho et qui échappent à tous les autres. Alberto Manguel « Journal d’un lecteur » Actes Sud, p.40-41

▪️Je ne crois pas pouvoir me rappeler joie plus grande, plus complète, que celle d’arriver aux quelques dernières pages et de poser le livre, afin que la fin ne se produise pas avant le lendemain, et de me renfoncer sur l’oreiller avec le sentiment d’avoir bel et bien arrêté le temps. Alberto Manguel « Une histoire de la lecture »

▪️Je suis convaincu que nous continuerons à lire aussi longtemps que nous persisterons à nommer le monde qui nous entoure. Alberto Manguel « Pinocchio et Robinson -Pour une éthique de la lecture »

▪️Leggere a letto non è solo uno svago; è anche una forma speciale di privacy. È un’azione immobile, libera dalle convenzioni sociali, invisibile al mondo, un’azione che svolgendosi fra le lenzuola, nel regno della lussuria e dell’ozio peccaminoso, ha il fascino delle cose proibite. Alberto Manguel

▪️Lire, c’est parfois constituer des anthologies. Alberto Manguel «Journal d’un lecteur» Actes Sud, p.45

▪️Noi tutti leggiamo noi stessi e il mondo intorno a noi per intravedere cosa e dove siamo. Leggiamo per capire, o per iniziare a capire. Non possiamo fare a meno di leggere. Leggere, quasi come respirare, è la nostra funzione essenziale. Alberto Manguel

▪️Ogni biblioteca è, per necessità, una creazione incompleta, un work-in-progress, e ogni scaffale vuoto preannuncia i libri che verranno.

Alberto Manguel

▪️Ogni lettore esiste per assicurare a un certo libro una piccola immortalità. La lettura è, in tal senso, un rito di rinascita. Alberto Manguel

▪️Pour moi, des mots sur une page rendent l’univers cohérent. Alberto Manguel

▪️Pour qu’un livre nous touche, il faut sans doute qu’il établisse entre notre expérience et celle de la fiction – entre deux imaginations, la nôtre et celle qui se déploie sur la page – un lien fait de coïncidences. Alberto Manguel «Journal d’un lecteur» Actes Sud, p.32

▪️Spesso, il piacere della lettura dipende in gran parte dal benessere fisico del lettore. Alberto Manguel

▪️Un livre apporte au lecteur sa propre histoire. Alberto Manguel «Une histoire de la lecture»

▪️La mia passione è la scrittura, spero di continuare a scrivere finché morirò. Sono innamorata delle parole e delle storie. ». Dacia Maraini (Instagram)

▪️À l’époque, je lisais des passages des livres appartenant à mon père ou des articles de journaux dont j’étais certain qu’il les avait lus, parce que je voulais mettre mes pas dans les siens. Hisham Matar « Anatomie d’une disparition »

▪️Car c’est par l’écriture toujours qu’on pénètre le mieux les gens. La parole éblouit et trompe, parce qu’elle est mimée par le visage, parce qu’on la voit sortir des lèvres, et que les lèvres plaisent et que les yeux séduisent. Mais les mots noirs sur le papier blanc, c’est l’âme toute nue. Guy de Maupassant.

▪️Elle… lisait parfois des romans qui lui faisaient passer des rêves dans l’âme …Guy de Maupassant « La serre »

🇫🇷 La parole éblouit et trompe, parce qu’elle est mimée par le visage, parce qu’on la voit sortir des lèvres, et que les lèvres plaisent et que les yeux séduisent. Mais les mots noirs sur le papier blanc, c’est l’âme toute nue. Guy de Maupassant « Notre cœur »

🇮🇹 La parola abbaglia e inganna perché è mimata dal viso, perché la si vede uscire dalle labbra, e le labbra piacciono e gli occhi seducono. Ma le parole nere sulla carta bianca sono l’anima messa a nudo. Guy de Maupassant, “Il nostro cuore”

▪️La littérature doit prendre le temps de ne pas se laisser corrompre par l’émotion et la sidération. Laurent Mauvignier – La Grande Librairie 19/11/2015

▪️Leggere un libro è come sfogliare la bellezza del mondo. Francesco Mazzuca

▪️De temps en temps, j’allais passer une soirée à la bibliothèque municipale pour lire. C’était pour moi prendre un billet pour le paradis. Henry Miller « Lire au cabinet »

▪️A quoi servent les livres s’ils ne ramènent pas vers la vie, s’ils ne parviennent pas à nous y faire boire avec plus d’avidité ? Henry Miller “ Lire ou ne pas lire” 1976

▪️De temps en temps, j’allais passer une soirée à la bibliothèque municipale pour lire. C’était pour moi prendre un billet pour le paradis. Henry Miller « Lire au cabinet »

▪️Je partage avec Barthes la passion de la lecture. Si je peux m’imaginer vivre sans écrire, sans lire je mourrais à coup sûr. Comme Barthes, je connais le bonheur inlassable du butinage, celui de papillonner d’ un texte à l’autre et de revenir sans cesse aux plus aimés. La bibliothèque est comme un cercle d’amis qui ne sont jamais importuns et toujours disponibles, une compagnie de rêve qui préserve la solitude et la peuple d’une infinie variété d’univers et d’êtres dont la singularité merveilleuse s’exprime à loisir. Catherine Millot O solitude

▪️Il croit aux livres, il croit à la magie des mots, il croit aux bienfaits de l’écrit, ce pansement pour l’âme, cette mystérieuse alchimie qui fait qu’on s’évade dans un temps immobile, suspendu. Delphine Minoui « Les passeurs de livres de Daraya – Une bibliothèque secrète en Syrie » Seuil

▪️Les livres sont des armes d’instruction massive. Delphine Minoui (La Grande Librairie du 21 septembre 2017)

▪️L’image est singulière. Un cliché énigmatique, sans trace de sang ni de balles, échappé de l’enfer syrien. Deux hommes de profil, entourés de murs de livres. Le premier se penche sur un ouvrage, ouvert en son milieu. Le second sonde des yeux une étagère. Ils sont jeunes, la vingtaine, veston de sport jeté sur les épaules pour l’un d’eux, une casquette vissée sur la tête pour l’autre. Dans ce huis clos sans fenêtre, la lumière artificielle qui balaie leur visage accentue l’incongruité de la scène. Comme une fragile respiration dans les interstices de la guerre. Delphine Minoui « Les passeurs de livres de Daraya» (Editions du Seuil) ( incipit)

▪️Guardi che la lettura è miracolosa. Con pochi euro si può passare una serata col signor Voltaire mentre tante volte ti siedi al bar a parlare con un coglione qualsiasi… Ottavio Missoni

▪️C’est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l’oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l’océan. Patrick Modiano

▪️Écrire c’est tenter de résoudre des énigmes qui ne peuvent pas l’être. Patrick Modiano

▪️Écrire un livre, c’était aussi, pour lui, lancer des appels de phares ou des signaux de morse à l’intention de certaines personnes dont il ignorait ce qu’elles étaient devenues. Il suffisait de semer leurs noms au hasard des pages et d’attendre qu’elles donnent enfin de leurs nouvelles. Patrick Modiano « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier »

▪️… et je me demande pourquoi certains livres ou certains objets s’obstinent à vous suivre à la trace toute votre vie, à votre insu, alors que d’autres, qui vous étaient précieux, vous les avez perdus. Patrick Modiano «Souvenirs dormants», p.47.

▪️Il avait acheté un carnet de moleskine noire qu’il portait dans la poche intérieure de sa veste, ce qui lui permettait d’écrire des notes à n’importe quel moment de la journée, chaque fois que l’un de ses souvenirs à éclipses lui traversait l’esprit. Patrick Modiano « L’horizon »

▪️La lecture me sert spécialement à éveiller par divers objets mon discours (= raisonnement), à embesogner (= employer) mon jugement, non ma mémoire. Montaigne « Essais »

▪️Lire un bon livre, c’est faire une rencontre. Tania de Montaigne.

▪️Aimer à lire, c’est faire un échange des heures d’ennui que l’on doit avoir en sa vie, contre des heures délicieuses. Charles de Secondat, baron de Montesquieu

🇫🇷 Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé. – Montesquieu

🇮🇹 non avendo mai io avuto un dolore che un’ora di lettura non abbia dissipato.

Montesquieu

▪️Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie. Montesquieu

▪️Tous les romans sont de la réalité habillée en rêve. Paul Morand “L’allure Chanel”

▪️Un romanzo nasce come un bambino. Non c’è un progetto, c’è solo un embrione. Una frase, un ritmo, un’idea. Poi cresce da solo, va avanti, si modifica per strati successivi. All’inizio non c’è niente […] È inutile cercare di definire la scrittura. Bisogna scrivere e basta ». Alberto Moravia

▪️La lecture a été ma drogue et ma liberté Jeanne Moreau Madame Figaro

▪️Lire c’était une façon de partir. Jeanne Moreau (« Apostrophes » du 4 décembre 1987)

▪️Un libro è l’unico posto nel quale puoi esaminare il più fragile dei pensieri senza romperlo, o esplorare un’idea esplosiva senza la paura che ti scoppi in faccia. E’ uno dei pochi paradisi dove la mente dell’uomo può trovare allo stesso tempo provocazione e privacy. Edward P. Morgan

▪️J’éprouve une immense gratitude à l’égard de ceux qui, par leurs œuvres, ont enflammé mon imagination enfantine et m’ont donné un amour des livres et de la lecture qui ne m’a jamais quitté une seconde. » Kate Morton

▪️- A quoi sert un livre?

-Ça sert à mieux vivre. Bruno Munari

▪️È bello poter scrivere di nuovo a qualcuno: pensare di voler comunicare i propri pensieri a una persona, sedersi alla scrivania, prendere in mano la penna ed essere capaci di scrivere.Naturalmente quando poi mi ci metto non riesco a esprimere che una parte di quello che vorrei, ma poco male. Il solo fatto di essere di nuovo in una condizione in cui provo il desiderio di scrivere qualcosa a qualcuno mi riempie di felicità.Murakami Haruki, Norwegian wood

▪️L’atmosphère de la bibliothèque déserte, tôt le matin, me comble de bonheur. A l’idée de tous les mots, de tous les mondes imaginaires qui reposent paisiblement dans ces pièces, je déborde du désir de préserver la beauté et l’harmonie du lieu. »Haruki Murakami – Kafka sur le rivage

▪️Lire nous était aussi naturel que respirer. Au moindre moment libre, il nous fallait nous asseoir seuls dans un coin tranquille et tourner les pages d’un livre. Haruki Murakami « Les amants du Spoutnik »

▪️Tout ce que je voulais, c’était qu’on me laisse dans mon coin pour lire mes romans. Haruki Murakami « Sommeil »

▪️Scrivere un libro è un po’ come correre una maratona, la motivazione in sostanza è della stessa natura: uno stimolo interiore silenzioso e preciso, che non cerca conferma in un giudizio esterno.Haruki Murakami, L’arte di correre

▪️Qu’importe de quoi parlent les livres, lorsqu’on écoute les cœurs se répondre. Alfred de Musset

🇫🇷 Un roman, n’est pas une allégorie, ai-je conclu. C’est l’expérience, à travers nos propres sens, d’un autre monde. Si vous n’entrez pas dans ce monde, si vous ne retenez pas votre souffle en même temps que les personnages qui le peuplent, si vous ne vous impliquez pas dans ce qui va leur arriver, vous ne connaîtrez pas l’empathie, et l’empathie est au cœur du roman. Voilà comment il faut lire la fiction, en inhalant l’expérience qu’elle vous propose. Alors commencez à inspirer.“ Azar Nafisi « Lire Lolita à Téhéran » (Plon, 2004)

🇮🇹 Un romanzo non è un’allegoria» dissi verso la fine della lezione. «È l’esperienza sensoriale di un altro mondo. Se non entrate in quel mondo, se non trattenete il respiro insieme ai personaggi, se non vi lasciate coinvolgere nel loro destino, non arriverete mai a identificarvi con loro, non arriverete mai al cuore del libro. È così che si legge un romanzo: come se fosse qualcosa da inalare, da tenere nei polmoni. Dunque, cominciate a respirare. Azar Nafisi Leggere Lolita a Teheran” (Adelphi, 2003, p.135)

▪️On ne décide pas d’écrire un roman, il survient. Il dévore. Il porte en soi le temps de sa course. Il entraîne. Il piaffe. Yves Navarre

▪️Les livres sont à l’âme ce que les aliments sont au corps. Madame Necker née Suzanne Curchod «Les mélanges et pensées» (1798)

▪️Parfois il prenait un volume au hasard, ne le lisait pas, mais l’entrouvrait et le respirait, comme on hume le bouquet d’un vin, le remettait à sa place exacte, en cherchait un autre. Irène Némirovsky « Deux »

🇫🇷 Un roman doit ressembler à une rue pleine d’inconnus où passent deux ou trois êtres, pas davantage, que l’on connaît à fond. Regarde d’autres comme Proust, ils ont su utiliser les comparses. Ils s’en servent pour humilier, pour rapetisser leurs principaux personnages. Rien de plus salutaire dans un roman que cette leçon d’humilité donnée aux héros. Rappelle-toi, dans « Guerre et Paix » ; les petites paysannes qui traversent la route en riant devant la voiture du prince André vont le voir d’abord leur parlant à elles, à leurs oreilles, et la vision du lecteur du même coup s’élève, ce n’est plus qu’un seul visage, qu’une seule âme. Il découvre la multiplicité des moules. Irène Némirovsky «Suite française»

🇮🇹 Un romanzo deve somigliare ad un viale pieno di sconosciuti, in cui passano solo due o tre creature che conosciamo a fondo, non di più. Prendi certi scrittori, come Proust: hanno saputo utilizzare le comparse. Se ne servono per umiliare, per sminuire i personaggi principali. Niente di più salutare in un romanzo, di questa lezioni di umiltà inflitta ai protagonisti. Pensa, in “Guerra e pace”, alle contadinelle che attraversano la strada davanti alla carrozza del principe André ridendo e la prima immagine che ne hanno è quella di lui che parla con loro, alle loro orecchie; nello stesso tempo la visione del lettore si allarga, non c’è più un singolo volto, una sola anima. Si scopre la molteplicità delle forme. Irène Némirovsky, “Suite francese”

▪️The books that help you most are those which make you think the most. The hardest way of learning is that of easy reading; but a great book that comes from a great thinker is a ship of thought, deep freighted with truth and beauty. Pablo Neruda

▪️The role of a writer is not to say what we all can say, but what we are unable to say. Anais Nin

▪️En écrivant un roman, je ne poursuis que l’exactitude de l’émotion. Anna de Noailles (dans un entretien)

▪️La scrittura? È come la magia. Fa dubitare della realtà. Amélie Nothomb

▪️Les livres aussi, ce sont des voisins- des voisins de rêve, qui viennent chez vous seulement quand vous les appelez, et qui s’en vont dès que vous ne voulez plus les voir. Amélie Nothomb « Les catilinaires »

🇫🇷 Les livres que l’on se sent appelé à lire sans savoir pourquoi étant souvent l’expression du destin. Amélie Nothomb « Riquet à la houppe » (Albin Michel)

🇮🇹 I libri che ci sentiamo chiamati a leggere senza sapere perché, spesso sono un segno del testino. Amélie Nothomb « Riccardin dal ciuffo (Voland) – traduction de Isabella Mattazzi

▪️Ma la funzione dei miei libri, così come quella della magia, non è offrire un lieto fine. Piuttosto insinuare dubbi. E spingere i lettori a mettere in discussione la realtà. Amélie Nothomb

▪️Un livre, c’est un détonateur qui sert à faire réagir les gens. Amélie Nothomb « Les Combustibles »

▪️Ma maison de livres… des mots au fil du cœur et des yeux. Colette Nys-Mazure « Célébration du quotidien  »

▪️Novels begin, not on the page, but in meditation and day-dreaming – in thinking, not writing. Joyce Carol Oates

« Reading is the sole means by which we slip, involuntarily, often helplessly, into another’s skin, another’s voice, another’s soul. » Joyce Carol Oates

▪️Quand tu lis, tu es à l’intérieur du livre – et là, tu es en sécurité. Joyce Carol Oates « Mudwoman »

▪️Reading lets you « slow down and get perspective » and gives you « the ability to get in somebody else´s shoes » two things « invaluable to me » Barack Obama

▪️J’aime qu’un roman donne le sentiment qu’on peut y pénétrer, regarder alentour, toucher les murs, à la manière dont nous entrons dans un grand morceau de musique, comme le Messie de Haendel, ou Satyagraha de Philip Glass. Ce sont là des structures que nous avons envie de retrouver : une seule visite ne suffit pas. Je veux éprouver les nids de poule d’un roman, les cahots, les erreurs, les fissures dans le plafond, les sécheresses. Je ne veux pas qu’il coule de soi ! Je veux en sentir les textures. Je veux de la fiction avec des frictions, des accidents, du jus ! Je veux que les mots s’entrechoquent, que des étincelles me sautent à la figure ! J’en ai assez des intérieurs domestiques, des adultères de banlieue, des jalousies de campus, des solipsismes cérébraux. De très grandes oeuvres les ont pris pour thèmes, mais aussi beaucoup trop de mauvaises, hélas. Et, comme Anatole Broyard, je déclare : « Plus j’aime un livre, plus je le lis lentement. » (…) Joseph O’Connor

▪️La lecture, une félicité qui se mérite. Émile Ollivier

▪️J’aime les mots, leur sens ancien, les passerelles que ça crée. L’impression d’un ordre, d’une cohérence, d’un enracinement, le seul qui tienne dans ce monde de folie. Où les mots ne veulent plus rien dire. Où la nuance est morte. Christophe Ono-Dit-Biot « Croire au merveilleux »

▪️Commencer un roman, c’est prendre congé de la vie réelle. Christine Orban

JEAN D’ORMESSON

▪️J’aime les livres… comme un agrément de la vie. Jean d’Ormesson « C’est l’amour que nous aimons » L’amour est un plaisir «

▪️Je crois à la littérature. L’amour, littérature ; la gloire, littérature ; le soleil, littérature. Jean d’Ormesson « C’est l’amour que nous aimons » « L’amour est un plaisir »

▪️Je me suis souvent demandé si toute la littérature n’était pas d’abord une question de temps de verbe. Voir l’imparfait chez Flaubert, voir le danger d’un récit tout entier au présent. J’ai toujours pensé qu’il y avait dans le futur antérieur une puissante charge métaphysique. Jouer avec les temps de verbe, c’est faire ses gammes d’écrivain. Je crois que j’ai passé des heures à hésiter, dans une phrase, entre le présent, l’imparfait et le passé simple. Jean d’Ormesson / François Sureau « Garçon de quoi écrire  » (Gallimard, p.18)

▪️Je persiste à voir dans la littérature le plus agréable des beaux-arts et une occupation de bonne compagnie. Jean d’Ormesson « C’est l’amour que nous aimons » « L’amour est un plaisir «

▪️La littérature pourtant n’est pas faite d’abord d’histoires, quelques belles ou séduisantes qu’elles puissent être, ni de passions, ni d’expérience: elle est faite d’abord de mots. La littérature n’est pas un message. Elle n’est pas non plus une plaisanterie, une gaudriole, un divertissement. Il y a quelque chose de presque indéfinissable, quelque chose d’obscur et de lumineux, qui règne sur la littérature: ce quelque chose est le style. Jean d’Ormesson  » Une autre histoire de la littérature française » (tome 2)

▪️Les livres ne survivent pas grâce aux histoires qu’ils racontent. Ils survivent grâce à la façon dont elles sont racontées. La littérature est d’abord un style qui éveille l’imagination du lecteur. Jean d’Ormesson « Comme un chant d’espérance »

▪️Lire un roman qui vous emporte, que vous ne pouvez lâcher, que vous essayez de faire durer comme un plaisir toujours reconduit reste un des grands bonheurs de notre vie de chaque jour. Jean d’Ormesson «Odeur du temps»

▪️8 mai 2015

Monsieur le président de la République,

Plus d’une fois, vous avez souligné l’importance que vous attachiez aux problèmes de la jeunesse, de l’éducation et de la culture. Voilà que votre ministre de l’Éducation nationale se propose de faire adopter une réforme des programmes scolaires qui entraînerait, à plus ou moins brève échéance, un affaiblissement dramatique de l’enseignement du latin et du grec et, par-dessus le marché, de l’allemand.

Cette réforme, la ministre la défend avec sa grâce et son sourire habituels et avec une sûreté d’elle et une hauteur mutine dignes d’une meilleure cause. Peut-être vous souvenez-vous, Monsieur le président, de Jennifer Jones dans La Folle Ingénue ? En hommage sans doute au cher et grand Lubitsch, Mme Najat Vallaud-Belkacem semble aspirer à jouer le rôle d’une Dédaigneuse Ingénue. C’est que son projet suscite déjà, et à droite et à gauche, une opposition farouche.

On peut comprendre cette levée de boucliers. Il y a encore quelques années, l’exception culturelle française était sur toutes les lèvres. Cette exception culturelle plongeait ses racines dans le latin et le grec. Non seulement notre littérature entière sort d’Homère et de Sophocle, de Virgile et d’Horace, mais la langue dont nous nous servons pour parler de la science, de la technique, de la médecine perdrait tout son sens et deviendrait opaque sans une référence constante aux racines grecques et latines. Le français occupe déjà aujourd’hui dans le monde une place plus restreinte qu’hier. Couper notre langue de ses racines grecques et latines serait la condamner de propos délibéré à une mort programmée.

Mettre en vigueur le projet de réforme de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ce serait menacer toute la partie peut-être la plus brillante de notre littérature. Montaigne et Rabelais deviendraient vite illisibles. Corneille, Racine, La Fontaine, Bossuet changeraient aussitôt de statut et seraient difficiles à comprendre. Ronsard, Du Bellay, Chateaubriand, Giroudoux ou Anouilh — sans même parler de James Joyce — tomberaient dans une trappe si nous n’apprenions plus dès l’enfance les aventures d’Ulysse aux mille ruses, si nous ignorions, par malheur, qu’Andromaque est la femme d’Hector, l’adversaire malheureux d’Achille dans la guerre de Troie, si nous nous écartions de cette Rome et de cette Grèce à qui, vous le savez bien, nous devons presque tout.

Les Anglais tiennent à Shakespeare, les Allemands tiennent à Goethe, les Espagnols à Cervantès, les Portugais à Camõens, les Italiens à Dante et les Russes à Tolstoï. Nous sommes les enfants d’Homère et de Virgile — et nous nous détournerions d’eux ! Les angoisses de Cassandre ou d’Iphigénie, les malheurs de Priam, le rire en larmes d’Andromaque, les aventures de Thésée entre Phèdre et Ariane, la passion de Didon pour Énée font partie de notre héritage au même titre que le vase de Soissons, que la poule au pot d’Henri IV, que les discours de Robespierre ou de Danton, que Pasteur ou que Clemenceau. Lettre de Jean d’Ormesson au Président de la République

▪️Car un livre, un vrai livre, vous bouleverse. Il réveille en vous le royaume des désirs, le peuple des possibles, l’indomptable Armada des « pourquoi pas »? (Erik Orsenna)

▪️Les traducteurs sont des corsaires. […] Quel est le travail du corsaire ? Quand un bateau étranger lui plaît, il l’arraisonne. Jette l’équipage à la mer et le remplace par des amis. Puis hisse les couleurs nationales au sommet du plus haut mât. Ainsi fait le traducteur. Il capture un livre, en change tout le langage et le baptise français. Vous n’avez jamais pensé que les livres étaient des bateaux et les mots leur équipage ? Érik Orsenna, « Deux étés »Fayard, 1997, p. 27

▪️Lire ressemble à regarder l’horizon. D’abord on ne voit qu’une ligne noire. Puis on imagine des mondes. Erik Orsenna « L’entreprise des Indes »

▪️Tout livre est fait d’autres livres. Erik Orsenna «Portrait d’un homme heureux»

▪️Scrivere è cercare la calma, e qualche volta trovarla. E’ tornare a casa. Lo stesso che leggere. Chi scrive o legge realmente, cioè solo per se, rientra a casa; sta bene. Chi non scrive o non legge mai, o solo su comando – per ragioni pratiche – è sempre fuori casa, anche se ne ha molte. È un povero, e rende la vita più povera. Anna Maria Ortese. Da un’intervista ad Anna Maria Ortese del 1977, ora in « Corpo Celeste », Adelphi, 1997.

▪️I libri, loro non ti abbandonano mai. Tu sicuramente li abbandoni di tanto in tanto, i libri, magari li tradisci anche, loro invece non ti voltano mai le spalle: nel più completo silenzio e con immensa umiltà, loro ti aspettano sullo scaffale. Amos Oz

▪️Les livres sont des armes et des outils pour transformer nos vies. Martin Page « Manuel d’écriture et de survie »

▪️Scrivo perché non posso fare un lavoro normale come gli altri.

Scrivo perché dei libri come i miei siano scritti e io li possa leggere.

Scrivo perché ce l’ho con voi tutti, contro il mondo.

Scrivo perché mi piace stare chiuso in una stanza tutto il giorno.

Scrivo perché non posso sopportare la realtà se non trasformandola.
Scrivo perché il mondo intero sappia che genere di vita io, gli altri, noi tutti abbiamo vissuto e continuiamo a vivere a Istanbul, in Turchia.
Scrivo perché amo l’odore della carta e dell’inchiostro.
Scrivo perché credo più di tutto nella letteratura, nell’arte del romanzo.
Scrivo per abitudine, per passione.
Scrivo perché ho paura di essere dimenticato.
Scrivo perché apprezzo la fama e l’interesse che ne derivano. Scrivo per star solo.
Scrivo nella speranza di capire perché ce l’ho così tanto con voi tutti, con il mondo intero.
Scrivo perché mi piace essere letto.
Scrivo, dicendomi, che bisogna finire questo romanzo, questa pagina, che ho cominciato.
Scrivo, dicendomi, che è quello che tutti si aspettano da me.
Scrivo perché come un bambino credo nell’immortalità delle biblioteche e nella posizione che vi mantengono i miei libri.
Scrivo perché la vita, il mondo, tutto è incredibilmente bello ed esaltante.
Scrivo perché è piacevole tradurre in parole tutta questa bellezza e la ricchezza della vita.
Scrivo non per raccontare una storia bensì per costruirla.
Scrivo per sfuggire al sentimento di non potere raggiungere un luogo verso cui si aspira, come nei sogni.
Scrivo perché non riesco ad essere felice qualsiasi cosa faccia.
Scrivo per essere felice ». Orhan Pamuk

🇮🇹 La letteratura è una difesa contro le offese della vita. Cesare Pavese « Il mestiere di vivere » – 10 ottobre 1938
La littérature est une défense contre les offenses de la vie. Cesare Pavese « Le métier de vivre » – 10 octobre 1938

▪️Leggendo non cerchiamo idee nuove,

ma pensieri già da noi pensati,

che acquistano sulla pagina un suggello di conferma.

Ci colpiscono degli altri le parole che risuonano

in una zona già nostra – che già viviamo – e facendola

vibrare ci permettono di cogliere nuovi spunti

dentro di noi. Cesare Pavese

▪️Ma alla fin fine, se lo debbo dire, io penso che a dischiudermi la vita sono stati in gran parte i libri. Non le grammatiche o i vocabolari ma tutte le opere in cui vive qualche sentimento. Cesare Pavese, Dalla lettera ad Augusto Monti, Reaglie, agosto 1926

▪️C’est surtout à ce papier qu’on en voulait, et à l’encre. L’encre des stylos comme l’encre d’imprimerie : une vieillerie salissante. Mais on en voulait aussi à ces petits réservoirs de pensées, de visions, de paroles qui se déploient, de page en page, tout en demeurant extraordinairement compacts, bien fermés sur eux-mêmes, prêts à être cachés dans une poche, emportés en voyage et ouverts n’importe où, n’importe quand. Parcourus. Dévorés. Feuilletés. Sans électricité. Sans écrans. « Devine où je suis en train de lire les Stances d’Agrippa d’Aubigné ou le Traité de la réforme de l’entendement ! ». Dans un train. Le creux d’un rocher au bord de la mer. Dans mon lit. Dans une foule. Dans des chiottes. Un bain moussant. A la lumière d’une lampe frontale au pied d’une dune, en plein le vent.

Chaleur des livres achetés dans les librairies, livres précieusement gardés , offerts, ou abandonnés à leur destin surprenant. Déchirures, jaunissement, oubli et redécouverte. Vaste dérive des grands textes… Habent sua fata libelli Pierre Péju “La petite chartreuse”

▪️Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même. Daniel Pennac « Comme un roman »

▪️…il faut lire, il faut lire pour vivre, et c’est même – cette absolue nécessité de la lecture – ce qui nous distingue de la bête, du barbare, de la brute ignorante, du sectaire hystérique, du dictateur triomphant, du matérialiste boulimique, il faut lire! il faut lire!– Pour apprendre.
– Pour réussir nos études.
– Pour nous informer.
– Pour savoir d’où l’on vient.
– Pour savoir qui l’on est.
– Pour mieux connaître les autres.
– Pour savoir où l’on va.
– Pour conserver la mémoire du passé.
– Pour éclairer notre présent.
– Pour profiter des expériences antérieures.
– Pour ne pas refaire les bêtises de nos aïeux.
– Pour gagner du temps.
– Pour nous évader.
– Pour chercher un sens à la vie.
– Pour comprendre les fondements de notre civilisation.
– Pour entretenir notre curiosité.
– Pour nous distraire.
– Pour nous cultiver.
– Pour communiquer.
– Pour exercer notre esprit critique.
(Daniel Pennac « Comme un roman » Gallimard, p. 71)

▪️Il verbo leggere non sopporta l’imperativo, avversione che condivide con alcuni altri verbi: il verbo « amare »… il verbo « sognare »… Naturalmente si può sempre provare. Dai, forza: « Amami! » « Sogna! » « Leggi! » « Leggi! Ma insomma, leggi diamine, ti ordino di leggere! » « Sali in camera tua e leggi! » Risultato? Niente. Daniel Pennac

▪️La lecture ne relève pas de l’organisation du temps social, elle est, comme l’amour, une manière d’être. Daniel Pennac « Comme un roman »

▪️La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens. Daniel Pennac « Comme un roman » 1992

▪️Le roman a une force formidable par rapport à l’essai. Dans un essai, même si c’est vrai, c’est faux ; dans un roman, même si c’est faux, c’est vrai. L’essai donne un état du réel structuré par un raisonnement tandis que le roman est mouvant, il rend ce que la vie a de contradictoire, d’incohérent, de changeant. Il rend aussi le silence : ce qui se dit lorsqu’il ne se dit rien, et là-dedans chacun voyage. Daniel Pennac Entretien avec Daniel Pennac, (par Marianne Payot), in Lire, mai 1995, p. 33.

▪️Le roman rend aussi le silence: ce qui se dit lorsqu’il ne se dit rien, et là-dedans chacun voyage. Daniel Pennac Entretien avec Marianne Payot – Lire – Mai 1995

▪️Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilate le temps de vivre. Daniel Pennac

▪️C’est si difficile d’écrire un livre. Au départ, tout est neuf, tout est beau, comme aux débuts d’un amour. Les premiers mots font battre le coeur comme un premier baiser, ils sont irrésistibles. Les pages défilent dans un tourbillon d’euphorie jusqu’au point final. C’est alors seulement que commence le véritable travail. Il faut tout reprendre et tout corriger. La relecture constitue une déception immense. « C’est donc ça mon livre ? » On fait des petits ajouts, on supprime de gros paragraphes. A la deuxième relecture, rien ne va plus, les personnages sont bancals, les situations psychologiques superficielles, le style déplorable nous saute au visage. L’éditeur conseille de laisser reposer le manuscrit un moment, de ne plus y toucher, de ne plus y penser. Puis on repart au combat. Des chapitres entiers disparaissent, les virgules se bousculent. Encore un effort. Puis un jour, c’est terminé. On est libéré. On se jure de ne plus retomber, de trouver un travail sérieux, un travail avec des horaires et des congés payés, un travail respectable. Quand, un beau matin, elle est là qui se tient devant nous, la première phrase d’un nouveau roman. Ce sera un alexandrin ; ce sera « Le bébé est là, qui vagit dans le berceau. » Camille de Peretti « La Casati »

▪️Une belle phrase est une chose fugace et fragile, si on ne l’attrape pas au vol elle disparaît. Camille de Peretti « La Casati »

▪️I libri di cui sono una consumatrice instancabile. Maria Perosino « Io viaggio da sola »

▪️La littérature est encore la manière la plus agréable d’ignorer la vie. Fernando Pessoa « Le livre de l’intranquillité » p.152

▪️La littérature, comme toute forme d’art, est l’aveu que la vie ne suffit pas. Fernando Pessoa

▪️A l’époque, il pensait que la littérature contribuait à la construction de la société, qu’elle apportait une vision des choses. Elle était cet intervalle où il était encore possible de penser en continu, avec un fil conducteur. Pia Petersen « Un écrivain, un vrai » Actes Sud

▪️Écrire permet de vivre des choses magnifiques, des moments très forts, une manière d’être reliée au réel que je ne peux pas expliquer. Pia Petersen « Instinct primaire »

▪️Un livre, c’est une hospitalité qui est offerte, une sorte d’abri que l’on peut emporter avec soi, où l’on peut faire retour, un refuge où résonne comme l’écho lointain de la voix qui nous a bercés, du corps où nous avons séjourné. L’aspect matériel du livre, sous sa forme actuelle de codex, concourt peut-être à ce caractère accueillant. Michèle Petit

🇮🇹 Interrogo i libri e mi rispondono. E parlano e cantano per me.
Alcuni mi portano il riso sulle labbra o la consolazione nel cuore.
Altri mi insegnano a conoscere me stesso e mi ricordano che i giorni corrono veloci e che la vita fugge via. Francesco Petrarca

🇫🇷 J’interroge les livres et ils me répondent. Et ils parlent et chantent pour moi. Certains me donnent le sourire aux lèvres ou la consolation du coeur. D’autres m’apprennent à me connaître moi-même et me rappellent que les jours s’écoulent rapidement et que la vie s’enfuit. Francesco Petrarca (traduction personnelle)

🇮🇹Non so saziarmi di libri. Può darsi che ne abbia già più del necessario; ma con i libri succede come in tutto il resto: l’ottenere ciò che si cerca stimola ulteriormente il desiderio. Che anzi nei libri c’è un fascino particolare: l’oro, l’argento, le pietre preziose, le vesti di porpora, i palazzi di marmo, i campi ben coltivati, i dipinti, i palafreni con splendidi finimenti e tutte le altre cose di questo genere danno un piacere muto e superficiale, mentre i libri ci offrono un godimento molto profondo, ci parlano, ci danno consigli e ci congiungono, vorrei dire, di una loro viva e penetrante familiarità. A chi legge non offrono soltanto se stessi, ma suggeriscono anche nomi di altri e ne fanno venire il desiderio. Francesco Petrarca, Familiarum rerum (Lib. III, 18), Ad Iohannem Anchiseum, cui librorum inquisitio committitur.

🇮🇹 Ecco: non riesco a saziarmi di libri. E sì che ne posseggo un numero probabilmente superiore al necessario; ma succede anche coi libri come con le altre cose: la fortuna nel cercarli è sprone a una maggiore avidità di possederne. Anzi coi libri si verifica un fatto singolarissimo: l’oro, l’argento, i gioielli, la ricca veste, il palazzo di marmo, il bel podere, i dipinti, il destriero dall’elegante bardatura, e le altre cose del genere, recano con sé un godimento inerte e superficiale; i libri ci danno un diletto che va in profondità, discorrono con noi, ci consigliano e si legano a noi con una sorta di familiarità attiva e penetrante; e il singolo libro non insinua soltanto se stesso nel nostro animo, ma fa penetrare in noi anche i nomi di altri, e così l’uno fa venire il desiderio dell’altro.

🇫🇷 Je ne suis possédé que par une seule passion: je ne sais pas me rassasier de livres. Peut-être en ai-je déjà plus que le nécessaire; mais il en va des livres, comme pour toute autre chose: obtenir ce que l’on cherche stimule ultérieurement le désir. Au contraire, les livres ont un charme particulier: l’or, l’argent, les pierres précieuses, les habits de pourpre, les palais de marbre, les champs bien cultivés, les tableaux, les palefrois splendides, et toutes les autres choses qui donnent un plaisir muet et superficiel, tandis que les livres offrent un plaisir, très profond, ils nous parlent, ils nous donnent des conseils et ils nous unissent, oserai-je dire, à leur vive et pénétrante familiarité. Au lecteur, ils ne s’offrent pas seulement eux-mêmes, mais ils suggèrent d’autres livres et engendrent le désir. Pétrarque (Traduction personnelle)

▪️MIEUX QU’UN CADEAU UN LIVRE. Gérard Philipe

▪️C’est l’apanage des grands personnages de la littérature, nous trouvons toujours un trait, une facette, un geste qui nous invite à nous reconnaître en eux. Ou du moins, à nous mettre à leur place. Claudia Piñeiro «Une chance minuscule» (Actes Sud)

▪️… on devrait écrire dans la langue dans laquelle on pense, dans laquelle on rêve. Dans laquelle on crée des silences. Claudia Piñeiro «Une chance minuscule» (Actes Sud)

▪️I libri pesano tanto: eppure, chi se ne ciba e se li mette in corpo, vive tra le nuvole. Luigi Pirandello

▪️Quand un personnage est né, il acquiert aussitôt une telle indépendance, et même vis-à-vis de l’auteur qui l’a engendré, que tout le monde peut l’imaginer dans des situations auxquelles n’a jamais songé l’auteur. Il acquiert tout seul un sens que l’auteur n’avait jamais songé à lui donner. » Luigi Pirandello « Six personnages en quête d’auteur »

▪️Offrez des livres! Ils s’ouvrent comme des boîtes de chocolats et se referment comme des coffrets à bijoux. Bernard Pivot (Twitter, 16/12/2017)

▪️Parce qu’au fond, lire, qu’est-ce que c’est? Lire, ce n’est pas refuser le monde, mais y entrer par d’autres portes; lire, c’est prendre des nouvelles des autres; lire, c’est se frotter à des idées ou à des personnages dont on ignorait l’existence; lire, c’est étoffer son carnet d’adresses; lire, c’est agrandir ce trésor en nous qu’est la culture générale; lire, c’est parier sur l’intelligence; lire, c’est vivre mieux. Bernard Pivot dans un entretien du Figaro Magazine du 16-22 mars 2018 ( propos recueillis par Jean-Christophe Buisson)

▪️Quand je lisais, je me plongeais tellement dans les mots et ce qu’ils disaient que je ne sentais plus le temps passer comme d’habitude. J’étais étonné d’apprendre qu’existait une liberté qui n’était constituée que de mots. »Nic Pizzolatto « Galveston »

▪️La scrittura è un rito religioso: è un ordine, una riforma, una rieducazione al riamore per gli altri e per il mondo come sono e come potrebbero essere. Una creazione che non svanisce come una giornata alla macchina da scrivere o in cattedra. La scrittura resta: va sola per il mondo. Tutti la leggono, vi reagiscono come si reagisce a una persona, a una filosofia, a una religione, a un fiore: può piacergli o meno.Sylvia Plath

▪️La grande littérature est simplement du langage chargé de sens au plus au degré possible. Ezra Pound « ABC de la lecture »

MARCEL PROUST

▪️Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d’intervalle qui les écrit. Marcel Proust « Le temps retrouvé »

▪️Dans l’espèce d’écran diapré d’états différents que, tandis que je lisais, déployait simultanément ma conscience, et qui allaient des aspirations les plus profondément cachées en moi-même jusqu’à la vision tout extérieure de l’horizon que j’avais, au bout du jardin, sous les yeux, ce qu’il y avait d’abord en moi de plus intime, la poignée sans cesse en mouvement qui gouvernait le reste, c’était ma croyance en la richesse philosophique, en la beauté du livre que je lisais, et mon désir de me les approprier, quel que fût ce livre. Marcel Proust « À la recherche du temps perdu »

▪️La lecture est une amitié. Marcel Proust

▪️Si la littérature est un jaillissement, alors ma chambre est depuis quelques semaines un pays de volcans dont les cimes enneigées seraient dignes de la plus belle Islande, et à l’assaut desquelles votre explorateur préféré part chaque jour en ahanant pour aller y planter son drapeau. Marcel Proust « Lettre à Reynaldo Hahn février 1906

▪️Tant que la lecture est pour nous l’initiatrice dont les clés magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n’aurions pas su pénétrer, son rôle est salutaire. Marcel Proust

▪️Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie. Marcel Proust

Marcel Proust « Journées de lecture »

– Il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Tout ce qui, semblait-il, les remplissait pour les autres, et que nous écartions comme un obstacle vulgaire à un plaisir divin : le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intéressant, l’abeille ou le rayon de soleil gênants qui nous forçaient à lever les yeux de la page ou à changer de place, les provisions de goûter qu’on nous avait fait emporter et que nous laissions à côté de nous sur le banc, sans y toucher, tandis que, au-dessus de notre tête, le soleil diminuait de force dans le ciel bleu, le dîner pour lequel il avait fallu rentrer et pendant lequel nous ne pensions qu’à monter finir, tout de suite après, le chapitre interrompu, tout cela, dont la lecture aurait dû nous empêcher de percevoir autre chose que l’importunité, elle en gravait au contraire en nous un souvenir tellement doux (tellement plus précieux à notre jugement actuel que ce que nous lisions alors avec amour) que, s’il nous arrive encore aujourd’hui de feuilleter ces livres d’autrefois, ce n’est plus que comme les seuls calendriers que nous ayons gardés des jours enfuis, et avec l’espoir de voir reflétés sur leurs pages les demeures et les étangs qui n’existent plus. (Incipit) p.9-10

– La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs. (Descartes) p.37

– la lecture ne saurait être ainsi assimilée à une conversation, fût-ce avec le plus sage des hommes; que ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n’est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la manière dont on communique avec eux, la lecture, au rebours de la conversation, consistant pour chacun de nous à recevoir communication d’une autre pensée, mais tout en restant seul, c’est-à-dire en continuant à jouir de la puissance intellectuelle qu’on a dans la solitude et que la conversation dissipe immédiatement, en continuant à pouvoir être inspiré, à rester en plein travail fécond de l’esprit sur lui-même. p.39

– La lecture est au seuil de la vie spirituelle; elle peut nous y introduire : elle ne l’a constitue pas. p. 47

– Tant que la lecture est pour nous l’initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n’aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire. p. 52

🇫🇷Avec les livres, pas d’amabilité. Ces amis- là, si nous passons la soirée avec eux, c’est vraiment que nous en avons envie. Eux, du moins, nous ne les quittons souvent qu’à regret. Et quand nous les avons quittés, aucune de ces pensées qui gâtent l’amitié : Qu’ont-ils pensé de nous ? – N’avons-nous pas manqué de tact? – Avons-nous plu? – et la peur d’être oublié pour tel autre. p.65

🇮🇹Con i libri non ci sono convenevoli. Se trascorriamo la sera con loro è perché ne abbiamo veramente il desiderio. Marcel Proust

– … quand un livre n’est pas le miroir d’une individualité puissante, il est encore le miroir de défauts curieux de l’esprit. p.69-70

– Si le goût des livres croît avec l’intelligence, ses dangers, nous l’avons vu, diminuent avec elle. p.70
– … seuls, la lecture et le savoir donnent les « belles manières » de l’esprit. p.70

– on aime toujours un peu à sortir de soi, à voyager, quand on lit. p. 74

– … cette impression si exaltante qui fait ressembler certaines « Journées de lecture » a des journées de flânerie à Venise, sur la Piazzetta par exemple, quand on a devant soi, dans leur couleur à demi irréelle de choses situées à quelques pas et a bien des siècles, les deux colonnes

▪️C’est en lisant qu’on devient liseron, et en écrivant qu’on devient écriveron. Raymond Queneau « Les temps mêlés » (1941)

▪️La lecture est oubli de soi. Pascal Quignard « Vie secrète »

Le livre est un morceau de silence dans les mains du lecteur. Celui qui écrit se tait. Celui qui lit ne rompt pas le silence. Pascal Quignard « Petits traités »

▪️Lire, c’est errer. La lecture est errance. Pascal Quignard

▪️Lire et être curieux, c’est la même chose. Pascal Quignard

▪️Lire espace de la pensée. Pascal Quignard « Vie secrète »

▪️Lire est se brancher sur un autre monde, concernant le cerveau, dans un monde bon pour soi, qui diverge qu’on ignore, autre.Pascal Quignard « Vie secrète »

▪️Lire et être curieux c’est la même chose. Pascal Quignard

▪️Scrivere è restituire un tempo a ciò che abbiamo perduto, è afferrare il tempo del ritorno, è incontrare di nuovo e ascoltare le voci che credevamo perse. Scrivere non è dimenticare, è assumersi il rischio di una debolezza della lingua alle prese con una carenza del linguaggio”.

P. Quignard, La vita segreta, Frassinelli, Milano 2001, p. 31

▪️Books are the plane, and the train, and the road. They are the destination, and the journey . They are home. Anna Quindlen « How Reading Changed My Life »

▪️Les livres, c’est comme les #chats, on habite chez eux, pas l’inverse. Michel Quint « Apaise le temps » #phébus

▪️Io so che vivendo di libri e per i libri navigo su una zattera che non affonderà mai. Ermanno Rea« Il sorriso di don Giovanni »

▪️Ces heures où l’on a envie de lire quelque chose d’absolument beau. Le regard fait le tour de la bibliothèque, et il n’y a rien. Puis, on se décide à prendre n’importe quel livre, et c’est plein de belles choses. » Jules Renard

▪️Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe. Jules Renard

▪️On entre dans un livre comme dans un wagon, avec des coups d’oeil en arrière, des hésitations, l’ennui de changer de lieu et d’idée. Quel sera le voyage? Que sera le livre? Jules Renard « Journal » – 15 février 1890, p.42

▪️Reading makes immigrants of us all. It takes us away from home, but more important it finds homes for us everywhere. Jean Rhys

▪️Nous n’ écrivons pas pour vous dire ce que vous devez penser, nous écrivons pour dire que vous devez penser. Jacques Rifflet

▪️Leggevo già da molto. Da quando il pomeriggio,

Col brusìo della pioggia, s’affaccio alle finestre.

Dal vento fuori nulla più udivo:

Pesante era il mio libro.

Io ne guardavo i fogli come volti

Che abbuia l’ombra dei pensieri,

e sulla mia lettura il tempo s’addensava. Rainer Maria Rilke

▪️J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Arthur Rimbaud « Une saison en enfer »

▪️La lecture commence les yeux fermés. Yvon Rivard

▪️La parola letta non è uno spettacolo che può essere seguito distrattamente, parlando d’altro. Leggere è un’attività che ci impegna, che mobilita le nostre risorse interne, che esige il nostro giudizio intimo. G. Rodari

▪️On ne lit jamais un livre. On se lit à travers les livres, soit pour se découvrir soit pour se contrôler. Et les plus objectifs sont les plus désillusionnés. Romain Rolland «Une nouvelle littérature «

▪️I am part of everything that I have read. Theodore Roosevelt.

▪️Commence-t-on à écrire parce qu’il y a quelqu’un a qui l’on veut tout raconter? Commence -t-on à raconter parce qu’il est insupportable de penser que tout va simplement disparaître ? Astrid Rosenfeld « Le legs d’Adam » (incipit)

▪️De quoi avons-nous parlé, De livres à lire, d’expos à voir, de choses gaies, des petits riens qui composent une journée. Sean Rose « Le meilleur des amis » Actes Sud

▪️La littérature était notre liberté. Sean Rose « Le meilleur des amis » Actes Sud

▪️On comprend en quoi la littérature divertit du réel , les mots qu’elle glissé entre soi et les choses anoblissent la banalité des malheurs. Sean Rose « Le meilleur des amis » Actes Sud

▪️Commence-t-on à écrire parce qu’il y a quelqu’un à qui l’on veut tout raconter. Commence-t-on à raconter parce qu’il est insupportable de penser que tout va simplement disparaître ! Astrid Rosenfeld «Le legs d’Adam »

▪️Expliquer ce que j’éprouvais en lisant me parait difficile mais je vais m’y efforcer. Vous grand lecteur, deviez me comprendre c’était comme si je me trouvais en un lieu où nul ne pouvait me troubler, m’atteindre. Je devenais insensible, aux bruits autour de moi. Tatiana de Rosnay

▪️La lecture ne m’a jamais fait perdre de temps, au contraire, elle le décuple, l’enrichit, comme si je vivais une autre vie en parallèle…On ne peut être écrivain si on n’est pas un book addict. Tatiana de Rosnay (Elle France-29 juillet 2016)

▪️La seule vérité ce sont les mots sur la page et la façon dont ils prennent vie. Tatiana de Rosnay « À l’encre russe »

▪️Io prendo le frasi e le giro: questa è la mia vita. Scrivo una frase e la giro. Poi la guardo e la giro di nuovo. Poi vado a pranzo.

Poi torno qui e scrivo un’altra frase. Poi prendo il tè e giro la frase nuova.

Poi rileggo le due frasi e le giro tutt’e due. Poi mi sdraio sul sofà e rifletto.

Poi mi alzo e le cancello e ricomincio da capo. Philip Roth

▪️Uno scrittore è qualcuno che non sa niente della propria vita o della vita di chiunque altro fintanto che non solo l’ha immaginata, ma ha scoperto, scrivendo, come immaginarla. Philip Roth in non scrivere di me di Livia Manera Sambuy

▪️Voilà ce qui arrive quand on écrit des livres. Ce n’est pas seulement qu’une force vous pousse à partir à la découverte des choses; une force les met sur votre route. Tout à coup, tous les chemins de traverse se mettent à converger sur votre obsession. Philip Roth « La tache »

▪️Le mystère de la lecture, c’est que de toutes les passions, c’est une de celles qui ne s’épuisent pas. J. M. Rouart

▪️Les circonstances de la lecture font partie de la lecture : aussi bien le livre concret que son apparence, son format, son poids, sa typographie, que le volume d’espace réel au sein duquel nous l’avons lu: un train, un lit, une herbe. Le livre, l’œuvre, est cela pour nous. Il est tout autant que la lettre exacte de son texte, vérifiable en le rouvrant ( et pas toujours compatible avec notre souvenir!), ce que nous en avons retenu (les « circonstances » en font partie). Tout autant que l’immobilité stable de ses mots, dans ses pages, l’allure de nos yeux sur ses lignes, l’intensité variable de notre regard. Mais les livres que nous avons lus « colorent » en retour, d’une manière au moins aussi forte, les lieux et les circonstances dans lesquels nous les avons ouverts. Jacques Roubaud

▪️Ovunque io sia, se ho un libro con me, ho un posto dove andare ed essere felice. J.K. Rowling

▪️Literature is humanity talking to it self. Norman Rush

▪️Écrire est incroyablement difficile et demande un combat permanent contre ses limites. Salman Rushdie – La Libre Belgique du 12 septembre 2016

▪️Tutti i libri si possono distinguere in due categorie: i libri del qui e ora, e i libri di tutti i tempi John Ruskin

▪️Curieuse habitude que celle de la lecture. Amie du silence elle provoque le discours Robert Sabatier « Le Sourire aux lèvres »

▪️Dans l’ordre des souvenirs, l’amour de la littérature a une grande supériorité sur l’amour tout court, l’amour humain. C’est que si l’on ne se rappelle pas forcément où et quand on a rencontré «l’autre», si on ne sait pas forcément quel effet «il» vous fit ce jour-là – et si on a même plutôt tendance souvent à s’extasier de ce que, ce soir-là, on ne comprit pas tout de suite que l’autre, c’était justement «lui» -, la littérature en revanche offre à notre mémoire des coups de foudres autrement fracassants, précis et définitifs. Je sais très bien où j’ai lu, où j’ai découvert les grands livres de ma vie; et les paysages extérieurs de ma vie alors sont là, inextricablement liés à mes paysages internes qui sont généralement ceux de l’adolescence. Françoise Sagan « Avec mon meilleur souvenir »

▪️Le seul miroir possible, c’est ce qu’on a écrit […] Françoise Sagan « Chroniques 1954-2003 » Livre de poche

▪️FRANÇOISE SAGAN « Répliques »

– Écrire est un métier très intime. Françoise Sagan

– Écrire, c’est s’oublier.

– Un livre, cela a l’air romantique, un peu mélo, c’est fait avec du lait, du sang, des nerfs, de la nostalgie, avec un être humain, quoi!

– Le canevas de mes histoires… un début, une fin, une histoire, des gens.

– Ce que je préfère au monde, c’est le roman.

– Le roman, c’est un long voyage avec des tas de gens auxquels on s’attache tout le temps du trajet.

– Mais un écrivain est quelqu’un qui veut savoir. Il commence une histoire et il veut savoir ce qui va se passer le lendemain.

– Les écrivains sont des gens sui crient dans le désert…

– le seul sujet pour un écrivain, c’est ce qui se passe dans la tête et le cœur des gens.

– Quand j’écris un roman, j’ai parfois l’impression que je continue à écrire pour connaître la suite.

– Un livre, c’est toujours un peu mystique. C’est une espèce de rêverie, de fantasme qui n’a pas forcément de rapport avec la vie.

– Un chef d’œuvre est rarement un livre impudique.

– On écrit ce qu’on a envie d’écrire, un point c’est tout.

La bonne littérature, c’est celle pendant laquelle on ne pense pas à l’auteur.

▪️Lire, c’est vivre en pleine lumière. Michel Saint-Denis.

🇫🇷 Mon rêve, c’est un livre qu’on n’arrive pas à lâcher et quand on l’a fini on voudrait que l’auteur soit un copain, un super-copain et on lui téléphonerait chaque fois qu’on en aurait envie. J. D Salinger « L’Attrape-Cœurs »

🇮🇹Quelli che mi lasciano proprio senza fiato sono i libri che quando li hai finiti di leggere e tutto quel che segue vorresti che l’autore fosse tuo amico per la pelle e poterlo chiamare al telefono tutte le volte che ti gira. J. D. Salinger « Il Giovane Holden »

▪️Lire, c’est se détacher, lire, c’est introduire sous la surface lisse du texte, afin de la décoller, la fine lame de l’examen, de la lucidité, de la critique, de l’esprit d’examen […]. Un texte ne vit que par la lecture qu’on en fait ; la lecture est quelque chose d’actif, d’agissant, d’entreprenant ; elle mobilise dans le lecteur des forces, des ressources, afin d’affronter un texte et, l’affrontant, de la rendre à la vie. Danièle Sallenave [Préface à Castor de guerre]

▪️Ciò che viene scritto sulle pagine di un libro rimane per sempre”

▪️Per me ciò che viene scritto su una pagina di un libro rimane inciso, come le foglie fossili che ci mostrano nei documentari, che sono cristallizzate: nei libri lasciamo plasmati ed incisi per sempre i nostri pensieri ed i nostri sogni: uno sguardo, un sorriso, un gesto. A volte le cose che possono apparire più fugaci nelle pagine di un libro restano per sempre, per l’eternità. Credo non ci sia niente di meglio al mondo di un libro, ancor meglio del denaro e del potere. Clara Sanchez intervista « Libreriamo »

▪️Un libro è come un palazzo dove puoi custodire le tue ricchezze”, Clara Sanchez

▪️C’est si discret, un livre! C’est muet, cela dort dans un coin; cela ne court point après vous. C’est autrement modeste que la musique, qu’il faut entendre, bonne ou mauvaise, et même que le tableau, qui flambe ou qui grimace sur la muraille. Gustave Flaubert – George Sand « Correspondance  » – Lecture de Salammbô – janvier 1863 (La Part Commune p.20-21)

🇫🇷 Ô tendresse humaine,

où es-tu?

Peut-être seulement

dans les livres.

Izet Sarajlić

(1992)

🇮🇹 O tenerezza umana,

dove sei?

Forse solo

nei libri.

▪️Allora dovrai leggere in altra maniera, Come, Non serve per tutti la stessa, ciascuno inventa la propria, quella che gli è più consona, c’è chi passa tutta la vita a leggere senza mai riuscire ad andare al di là della lettura, restano appiccicati alla pagina, non percepiscono che le parole sono soltanto delle pietre messe di traverso nella corrente di un fiume, sono lì solo per farci arrivare all’altra sponda, quella che conta è l’altra sponda. José Saramago“La caverna”

▪️C’est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire. Nathalie Sarraute

▪️Écrire c’était graver des êtres neufs ou ce fut ma plus tenace illusion, prendre les choses, vivantes, au piège des phrases. Jean-Paul Sartre « Les mots »

▪️J’avais trouvé ma religion: rien ne me parut plus important qu’un livre. La bibliothèque, j’y voyais un temple. Jean-Paul Sartre « Les Mots »(1964)

🇫🇷 La bibliothèque ne comprenait guère que les grands classiques de France et d’Allemagne. Il y avait des grammaires, aussi, quelques romans célèbres, les Contes choisis de Maupassant, des ouvrages d’art un Rubens, un Van Dyck, un Dürer, un Rembrandt – que les élèves de mon grand-père lui avaient offerts à l’occasion d’un Nouvel An. Maigre univers. Mais le Grand Larousse me tenait lieu de tout: J’en prenais un tome au hasard, derrière le bureau, sur l’avant-dernier rayon, A-Bello, Belloc-Ch ou C-i-D, Mele-Po ou Pr-Z (ces associations de syllabes étaient devenues des noms propres qui désignaient les secteurs du savoir il y avait la région Ci-D, la région Pr-Z, avec leur faune et leur flore leurs villes, leurs grands hommes et leurs batailles) ; je le déposais péniblement sur le sous-main de mon grand-père, je l’ouvrais j’y dénichais les vrais oiseaux, j’y faisais la chasse aux vrais papillons posés sur de vraies fleurs. Hommes et bêtes étaient là, en personne: les gravures, c’étaient leurs corps, le texte, c’était leur âme leur essence singulière; hors les murs, on rencontrait de vagues ébauches qui s’approchaient plus ou moins des archétypes sans tendre à leur perfection: au jardin d’Acclimatation, les singes étaient moins singes, au jardin du Luxembourg, les hommes étaient moins hommes. Platonicien par état, j’allais du savoir à son objet et je trouvais à l’idée plus de réalité qu’à la chose, parce qu’elle se donnait à moi d’abord et parce qu’elle se donnait comme une chose. C’est dans les livres que j’ai rencontré l’univers: assimilé, classé, étiqueté pensé, redoutable encore; et j’ai confondu le désordre de mes expériences livresques avec le cours hasardeux des événements réels. De là vint cet idéalisme dont j’ai mis trente ans à me défaire. Jean-Paul Sartre « Les Mots »(1964)

🇮🇹 Nei libri ho incontrato l’universo: assimilato, classificato, etichettato, pensato, temibile anche; e ho confuso il disordine delle mie esperienze libresche con il corso casuale degli avvenimenti reali. Sartre – Le parole

▪️La lecture est un pacte de générosité entre l’auteur et le lecteur; chacun fait confiance à l’autre, chacun compte sur l’autre, exige de l’autre autant qu’il exige de lui-même. Jean-Paul Sartre « Qu’est-ce que la littérature ? » (1948)

▪️Les souvenirs touffus et la douce déraison des enfances paysannes, en vain les chercherais-je en moi. Je n’ai jamais gratté la terre ni quêté des nids, je n’ai pas herborisé ni lancé des pierres aux oiseaux. Mais les livres ont été mes oiseaux et mes nids, mes bêtes domestiques, mon étable et ma campagne; la bibliothèque, c’était le monde pris dans un miroir; elle en avait l’épaisseur infinie, la variété, l’imprévisibilité. Je me lançai dans d’incroyables aventures: il fallait grimper sur les chaises, sur les tables, au risque de provoquer des avalanches qui m’eussent enseveli. Les ouvrages du rayon supérieur restèrent longtemps hors de ma portée; d’autres, à peine je les avais découverts, me furent ôtés des mains; d’autres, encore, se cachaient: je les avais pris, j’en avais commencé la lecture, je croyais les avoir remis en place, il fallait une semaine pour les retrouver. Je fis d’horribles rencontres: j’ouvrais un album, je tombais sur une planche en couleurs, des insectes hideux grouillaient sous ma vue. Couché sur le tapis, j’entrepris d’arides voyages à travers Fontenelle, Aristophane, Rabelais: les phrases me résistaient à la manière des choses; il fallait les observer, en faire le tour, feindre de m’éloigner et revenir brusquement sur elles pour les surprendre hors de leur garde: la plupart du temps, elles gardaient leur secret. J’étais La Pérouse, Magellan, Vasco de Gama; je découvrais des indigènes étranges: «Héautontimorouménos» dans une traduction de Térence en alexandrins, « idiosyncrasie » dans un ouvrage de littérature comparée. Apocope, chiasme, Parangon, cent autres Cafres impénétrables et distants surgissaient au détour d’une page et leur seule apparition disloquait tout le paragraphe. Ces mots durs et noirs, je n’en ai connu le sens que dix ou quinze ans plus tard et, même aujourd’hui, ils gardent leur opacité: c’est l’humus de ma mémoire. Jean-Paul Sartre « Les mots » (1964)

Extrait de la citation précédente:

🇫🇷 Mais les livres ont été mes oiseaux et mes nids, mes bêtes domestiques, mon étable et ma campagne la bibliothèque, c’était le monde pris dans un miroir; elle en avait l’épaisseur infinie, la variété, l’imprévisibilité. Jean-Paul Sartre « Les mots » (1964)

🇮🇹 I libri sono stati i miei uccelli e i miei nidi, i miei animali domestici, la mia stalla e la mia campagna; la libreria era il mondo chiuso in uno specchio; di uno specchio aveva la profondità infinita, la varietà, l’imprevedibilità. Jean-Paul Sartre « Le parole »

▪️Un livre n’est rien qu’un petit tas de feuilles sèches, ou alors, une grande forme en mouvement: la lecture. Jean-Paul Sartre « Situations philosophiques »

▪️Non amo i libri che confortano, nemmeno quelli che intrattengono. Amo solo i libri che mi tagliano la pelle callosa intorno all’animo che si è ispessito sotto gli uppercut del quotidiano. Cerco libri che mi mettano in pericolo, non parole che mi sussurrino che sta andando tutto bene. Roberto Saviano – Facebook 26/01/2018

▪️Alors qu’elle ne faisait rien, elle ne paraissait pas inoccupée. Des sentiments variés traversaient ses yeux, des pensées tendaient puis détendaient son front, ses lèvres retenaient mille discours qui voulaient s’échapper. Dotée d’une riche vie intérieure, Emma van A. se partageait entre les pages d’un roman ouvert sur ses genoux et les afflux de songes qui l’envahissaient dès qu’elle relevait la tête vers la baie. J’avais l’impression qu’il y avait deux navires qui cheminaient, séparés, le navire de ses pensées et le navire du livre ; de temps en temps, lorsqu’elle baissait son regard, leurs sillages se mêlaient un instant, partageant leurs vagues, puis son navire à elle continuait sa route. Elle lisait dans le but de ne pas dériver seule, elle lisait non pour remplir un vide spirituel mais pour accompagner un imaginaire trop puissant. De la littérature comme une saignée afin d’éviter la fièvre… » Eric-Emmanuel Schmitt « La rêveuse d’Ostende »p.22

▪️Écrire c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Eric-Emmanuel Schmitt « Oscar et la dame rose » p.9

▪️Et puis lire, voracement, pour vivre toutes les vies que je ne vivrai pas. Eric-Emmanuel Schmitt « L’hôtel des deux mondes »

▪️Être romancier signifie avoir la passion des autres. Eric-Emmanuel Schmitt « Les deux messieurs de Bruxelles »

▪️Il en est des destins comme des livres sacrés : c’est la lecture qui leur donne un sens. Le Livre clos reste muet ; il ne parlera que lorsqu’il sera ouvert ; et la langue qu’il emploiera sera celle de celui qui s’y penche, teintée par ses attentes, ses désirs, ses aspirations, ses obsessions, ses violences, ses troubles. Les faits sont comme les phrases du Livre, ils n’ont pas de sens par eux-mêmes, seulement le sens qu’on leur prête. » (Un amour à l’Elysée nouvelle reprise dans le recueil Concerto à la mémoire d’un ange – Eric-Emmanuel Schmitt)

▪️J’écris non pas pour dépasser ma condition mais pour l’habiter dans les moindres recoins. Et je crois d’aille qu’on lit pour les mêmes raisons. C’est tellement bon de pouvoir franchir ces murs d’identité et de sentir une immense proximité avec des êtres différents. Eric-Emmanuel Schmitt Elle – Belgique-décembre 2016

▪️J’écris pour découvrir ce que je pense, explorer la complexité de l’être humain. Eric-Emmanuel Schmitt dans un entretien dans La Libre Belgique du 28/08/2017 « Lire »

▪️La littérature. Ce n’est pas une fin en soi.un livre doit provoquer la discussion sinon il est inutile. Éric-Emmanuel Schmitt

▪️La littérature ne bégaie pas l’existence, elle l’invente, elle la provoque, elle la dépasse. Eric-Emmanuel Schmitt «Golden Joe» (1995)

▪️La littérature nous met en garde contre les idées simples. Eric-Emmanuel Schmitt « Les deux messieurs de Bruxelles »

▪️On écrit les livres qui nous manquent. E-E Schmitt « La parenthèse inattendue »

▪️On lit pour les mêmes raisons que celles pour lesquelles on écrit, pour abolir les frontières. Eric-Emmanuel Schmitt dans le « Bruxelles des arts » ( France 24)

▪️Durante la lettura, veramente la nostra testa non è che l’arena di pensieri altrui. Quando questi se ne vanno, che cosa rimane? Questa è la ragione perché colui che legge molto e quasi tutto il giorno, e negli intervalli si riposa passando il tempo senza pensare, a poco a poco perde la capacità di pensare da sé. Arthur Schopenhauer

▪️Il pubblico è così stupido, che preferisce leggere le cose nuove che non le buone. Arthur Schopenhauer

▪️L’arte di non leggere è assai importante. Essa consiste nel non prendere in mano quello che in ogni momento occupa immediatamente la maggior parte del pubblico. Arthur Schopenhauer

▪️La condizione per leggere le cose buone è di non leggere roba cattiva: poiché la vita è breve, il tempo e le forze sono limitati. Arthur Schopenhauer

▪️Leggere equivale a pensare con la testa di qualcun altro invece che con la propria. Arthur Schopenhauer

▪️Comme souvent dans le train, je regardais du coin de l’œil ce que les gens lisaient, attendant le moment où reprenant leur respiration, ils s’arrêteraient de lire un instant, modifieraient légèrement leur posture, et où je pourrais alors distinguer la couverture du livre et lire à l’envers à toute vitesse le titre et le nom de l’auteur. Anne Serre « Voyage avec Vila-Matas » (Mercure de France)

Tu sais, le mot FIN n’apparaît jamais quand tu termines un livre. Ce n’est pas comme au cinéma. Quand je referme un roman, je n’ai pas l’impression d’avoir terminé quoi que ce soit, si bien que j’ai besoin d’en ouvrir un autre (…) » Elif Shafak  » la bâtarde d’Istanbul »

▪️C’est ce que j’aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonctionne de manière géométrique, à l’infini, et c’est du plaisir pur. Mary Ann Shaffer / Annie Barrows « Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates »

▪️Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu’à leur lecteur idéal. Comme il serait délicieux que ce soit le cas. Mary Ann Shaffer / Annie Barrows « Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates »

▪️POLONIUS

… Que lisez-vous là, monseigneur ?

HAMLET

Des mots, des mots, des mots, des mots.

William Shakespeare « Hamlet » II, 2 v.188 -190

▪️J’espère que vous lisez, car les livres nous font vivre dans un monde apaisé. (Mary Shelley (1797-1851), lettre à Jane Williams).

▪️J’étais littéralement englouti par le fleuve puissant des centaines de pages. C’était pour moi le livre rêvé: une fois que vous l’aviez fini, ni votre sacrée vie ni votre sacré monde n’étaient plus les mêmes qu’avant. Dai Sijie « Balzac et la petite tailleuse chinoise »

▪️Écrire c’est s’absenter des autres pour agencer dans la plus haute des solitudes un nouvel ordre des choses. Yves Simon  » Je voudrais tant revenir » p. 86

▪️La letteratura, è la storia dell’amore e del destino, il racconto del folle imperversare delle passioni umane, della lotta in cui con queste ultime ci si deve impegnare. Isaac B. Singer

▪️En fait il ne reste qu’une photo de ce temps-là. De ce moment. Une photo radieuse, et que j’ai du mal encore aujourd’hui à regarder sans émotion. Comme si c’était l’image de cette chose incroyable qu’on appelle le bonheur, et qu’on rencontre peut-être une seule fois dans sa vie. Marie Sizun « Vous n’avez pas vu Violette? » Arléa

LEÏLA SLIMANI

[Extraits]

▪️Si la littérature ne change pas tout à fait le monde, elle change ceux qui écrivent comme ceux qui lisent, et c’est déjà beaucoup. p.9

▪️… nous rendre plus familière l’aventure des mots, des émotions et des idées qu’ils transportent. Une aventure qui n’est jamais anodine, tant elle est faite de peurs et d’appréhensions, de vertiges, de solitude domptée pour qu’enfin, au bout du chemin, surgisse une histoire à partager, humaine, pleinement humaine. p.9

▪️J’ai toujours voulu un lecteur qui soit engagé, j’ai toujours cherché à le bousculer, à le déranger. (Toni Morrison)

▪️J’aime, quand je referme un livre, me sentir presque mal, en tout cas perturbée. Avoir le sentiment que ça a changé quelque chose. p.15

▪️… ce qui est important , comme toujours dans un roman, c’est le climat, c’est l’ambiance qui surgit, et comment l’écriture , comment les mots y contribuent. (Eric Fottorino)

▪️Si les romans ne changent pas le monde, ils modifient substantiellement la vision que l’on en a. Ils la questionnent, l’affinent, ils interrogent ce que l’homme sait du fait d’être. p.26

▪️Si je n’avais pas été la lectrice que je suis, je ne serais pas la personne que je suis. p.27

▪️Je sais combien le rapport que l’on peut avoir à la littérature est charnel, à tel point que ça fait partie de vous, que ça devient un organe à part entière. p.27

▪️je suis persuadée, donc, que le lecteur est un citoyen plus fort, que la lectrice est une femme plus forte. Je crois que lire pour les femmes du monde entier, c’est très important parce qu’une femme qui lit, c’est une femme qui s’émancipe, c’est une femme qui s’affranchit, c’est une femme qui a droit à un moment de solitude – comme le dit Virginia Woolf. p.28

▪️La chambre à soi, ce n’est pas seulement pour écrire des livres, c’est aussi pour en lire. p.28

▪️D’abord, je crois que ce qui est important dans l’écriture, comme dans tout processus de création, c’est que cela demande un mélange à la fois d’orgueil, parce qu’il faut croire un minimum en soi, et surtout de très , très grande modestie. C’est à dire d’accepter qu’on s’est planté, que ce n’est pas bon,que cette fois ce n’est pas bien, que cette fois on a échoué, et donc être capable d’entendre ce que l’autre a à vous dire de votre texte, de ce que vous écrivez. p.36

▪️Savoir faire la différence entre une situation et un événement dans un roman . C’est fondamental. p.38

▪️Ne t’appesantis pas à raconter ce que t’es personnages pensent, dis ce qu’ils font et fais confiance au lecteur pour en tirer ses propres conclusions. (Jean-Marie Laclavetine)

▪️Parfois, des petites situations du quotidien en disent plus que des discours théoriques. p.41

Leïla Slimani « Comment j’écris » (Conversation avec Éric Fottorino) Le 1 en livre/Éditions de l’Aube,2018

[ Un entretien ayant eu lieu le 25 janvier 2017 à la mairie du 9e arrondissement de Paris ]

▪️Le lecteur doit être un homme libre. Leila Slimani – La Grande Librairie 19-11-2015

▪️La littérature est l’essentiel ou n’est rien. Cette conception ne commande pas l’absence de morale, elle exige une « hypermorale ».George Bataille cité par Leila Slimani dans « Le diable est dans le détail » (le un en livre)

🇬🇧 To acquire the habit of reading is to construct for yourself a refuge from almost all the miseries of life. W Somerset Maugham « Books and you »

🇫🇷 Acquérir l’habitude de lire, c’est se construire un refuge contre pratiquement toutes les misères de la vie.

▪️Datemi un libro e sopporterò il monde. Giovanni Soriano

▪️… c’est par la lecture que les événements se préparent et que les jugements s’éclairent. Madame de Staël « De la littérature (considérée dans ses rapports avec les institutions sociales)

▪️È sempre meglio avere il naso in un libro che negli affari altrui. Adam Stanley

▪️{elle} lisait… juste pour les mots sur le papier et leur musique dans sa tête… Anne-Sophie Stefanini « Vers la mer » (J.C Lattès 2011)

▪️La lecture élargit l’horizon de la vie, la vie devient plus grande, elle devient autre chose c’est comme si on possédait une chose que personne ne pourra jamais nous enlever, jamais et ça vous rend plus heureux. Jon Kalman Stefansson « Le coeur de l’homme «

STENDHAL

▪️C’est en lisant les ouvrages pensés qu’on apprend à penser et à sentir à son tour. Stendhal “Lettres à Pauline

▪️Eh, monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l’azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. Stendhal « Le rouge et le noir » p.479

▪️Je me félicite du hasard qui nous a portés à aimer la lecture.C’est un magasin de bonheur toujours sûr et que les hommes ne peuvent nous ravir. Stendhal « Correspondance »

▪️Je sens que les livres augmentent singulièrement la force de ma tête, c.-à-d., sans sans figure me font remarquer beaucoup de nouvelles circonstances dans les faits et me forcent à en tirer les conséquences naturelles et légitimes sans rien exagérer. Stendhal “Lettres à Pauline “

▪️ Se fortifier par la lecture du livre inspiré qui retrempait son âme. Stendhal « Le rouge et le noir »

▪️Un roman est comme un archet, la caisse du violon qui rend les sons, c’est l’âme du lecteur. de Stendhal « Vie de Henry Brulard »

▪️Je parcours souvent les couvertures usées qui tapissent mes murs. J’écris mes émotions à la fin des romans, ou en bas de page, il arrive même que je dessine, et en retrouvant des gribouillis, c’est aussi une part de moi qui me revient et me fait sourire. Je regarde les romans pas encore ouverts, ils me font attendre. Il faut se sentir prêt, on ne va pas n’importe quand chez la princesse de Clèves ou s’enfoncer dans le désert des Tartares … Amanda Sthers « Les promesses »

▪️L’arbre qui griffait le ciel que contenait ma fenêtre de ses milles branches maigres suspendait mon temps d’enfant. Je l’observais des heures. Il était ma terreur familière. Ma dose de peur nécessaire et contrôlée. Ses racines encombrées semblaient vouloir exploser du sol, comme s’il avait pu s’enfuir à chaque instant. Comme si on pouvait s’échapper de ce qu’on est. C’est de cet arbre, de ces moments épuisants d’ennui où les ressources de l’imaginaire sont notre unique moyen d’échapper au silence, qu’est né ma passion pour la lecture. Il ne s’agit pas des instants où on lit mais de ceux qui se passent quand on pose un livre, qu’on est seul, qu’on attend quelque chose en nous, comme une porte qui s’ouvre et qui nous amène à un autre nous, juste un peu différent. Amanda Sthers « Les promesses »

▪️… c’est tout ce qu’il attend de la littérature : qu’elle le fasse pleurer et se réjouir pour quelqu’un d’autre que lui-même. Brina Svit « Nouvelles définitions de l’amour (Gallimard)

La littérature se fait avec des intuitions du réel, le romancier naît quand il enterre son lyrisme. Brina Svit « Éloge de la rupture »

▪️Elle deviendrait écrivain et parce qu’elle était écrivain, ou parce que c’était précisément cela qui l’avait incitée à devenir écrivain, elle était obsédée par le caractère changeant des mots. Un mot n’était pas une chose, loin de là. Une chose n’était pas un mot. Cependant, d’une certaine façon, les deux – choses – devenaient inséparables. Tout n’était-il qu’une pure et simple fabrication ? Les mots étaient comme une peau invisible qui enveloppait le monde, qui lui conférait une réalité . Pourtant vous ne pouviez pas dire que le monde n’existerait pas, ne serait pas réel si vous supprimiez les mots. Au mieux, il semblait que les choses pouvaient remercier les mots qui les distinguaient les unes des autres et que les mots pouvaient remercier toute chose. Graham Swift « Le dimanche des mères »

▪️L’écriture n’est pas un maître facile, les phrases laissées en plan ne peuvent jamais être reprises avec la même qualité, la nouvelle formulation s’écarte de la ligne du texte dont plus rien ne garantit alors la tenue. » Magda Szabó « La porte » p.136)

▪️Si può trovare qualcosa di buono anche in letture non alte oppure trovare qualcosa di cui ridere anche in quelle più nobili. L’importante è vivere in modo più confortevole. Wislawa Szymborska «Come vivere in modo più confortevole»

▪️La littérature doit dépasser le bout de la rue, montrer ce qu’une caméra ne voit pas, illuminer les coins obscurs de la vie, de la réalité, insinuer des doutes dans la tête des gens. – Antonio Tabucchi – Entretien avec Catherine Argand (Été 1995)

▪️Écrire est l’un des moyens les plus simples et les plus profonds de voir clair en soi et de transmettre le souvenir de sa propre existence. Et c’est justement cette valeur de souvenir et de connaissance que le fait d’écrire doit être encouragé et protégé. » Susanna Tamaro «Un cœur en chemin »

▪️Ecrire est un moyen de se connaître, de connaître et de se donner, à travers la connaissance. On n’écrit pas, on ne devrait pas écrire pour rechercher l’approbation et les louanges d’autrui, mais pour donner à voir quelque chose que les autres ne voient pas. » Susanna Tamaro «Un cœur en chemin »

▪️Je crois, quant à moi, que cela n’arrivera jamais, car les livres sont irremplaçables. Les livres aident à comprendre à se comprendre, à créer un univers commun même entre des gens très éloignées. Si moi, par exemple, j’ai lu Mobby Dick et si toi aussi tu l’as lu, nous avons mille et un sujets sur lesquels discuter: les personnages, l’intrigue, les antipathies et les sympathies, les passages qui nous émeuvent et ceux qui nous ennuient. Susanna Tamaro «Un cœur en chemin »

🇫🇷 Lire c’est créer un petit jardin à l’intérieur de notre mémoire, Chaque beau livre porte en lui un élément, un massif, une allée, un banc sur lequel on peut se reposer quand on est fatigué. Année après année, lecture après lecture, le jardin se transforme en parc, et dans ce parc, il peut arriver de trouver quelqu’un d’autre. Il peut arriver, comme à nous, d’y découvrir l’amitié, il peut arriver, – pourquoi pas – d’y rencontrer l’amour, ou même , tout simplement, un peu d’oxygène, lors d’une journée particulièrement sombre et ennuyeuse. Lire n’est pas un devoir, ni un calice amer qu’il faut boire jusqu’à la lie, dans l’espoir de je ne sais quels bénéfices. Lire c’est fabriquer un petit trésor personnel de souvenirs, d’émotions, un trésor qui ressemblera à celui de personne, et que cependant nous pourrons partager avec les autres.» Susanna Tamaro «Un cœur en chemin » (Desclée De Brouwer, 1998)

🇮🇹Leggere, in fondo, non vuol dire altro che creare un piccolo giardino all’interno della nostra memoria. Ogni bel libro porta qualche elemento, un’aiuola, un viale, una panchina sulla quale riposarsi quando si è stanchi. Anno dopo anno, lettura dopo lettura, il giardino si trasforma in parco e, in questo parco, può capitare di trovarci qualcun altro… Leggere non è un dovere, né un amaro calice da bere fino in fondo con la speranza di chissà quali benefici. Leggere vuol dire crearsi un proprio piccolo tesoro personale di ricordi e di emozioni, un tesoro che non sarà uguale a quello di nessun altro e che tuttavia potremo mettere in comune con altri. Susanna Tamaro « Cara Mathilda. Lettere a un’amica » (Ed. Paoline, 1997)

▪️On ne lit pas seulement des phrases. On lit tout ce qui, entre les mots, vibre, dans les espaces vierges, les marges blanches. Qu’y a-t-il de plus intime que la lecture? Ce chuchotement qui nous atteint au plus profond de nous, comme si, tout autour, une nuit accidentelle, était tombée sur le monde et l’avait rendu silencieux. Soudain il n’y a plus rien. Il n’y a plus que ce texte, qui résonne en nous. Laurence Tardieu “Un temps fou” !!!!!

▪️Lire nous confirme que la solitude est un trésor. Un livre peut changer une vie. Et dire qu’il n’y a aucune mise en garde d’inscrite sur la couverture. Sylvain Tesson « Géographie de l’instant » (2012)

▪️Il riposo, la natura, i libri, la musica e l’amore per il prossimo: ecco la mia definizione di felicità…(L.N.Tolstoj)

▪️Les meilleurs livres sont ceux dont on se souvient du fauteuil dans lequel on les a lus., Jean-Philippe Toussaint « L’urgence et la patience  »

▪️Les écrivains sont terribles, vous savez, à vouloir toujours mettre leur nez partout. ‘Vous ne savons jamais où l’#inspiration peut se cacher… Rose Tremain « L’amant américain »

▪️Le lecteur peut être considéré comme le personnage principal du roman, à égalité avec l’auteur, sans lui, rien ne se fait. Elsa Triolet « La Mise en mots » (1969)

▪️Les livres sont un refuge, un appui, une façon de se trouver des alliés immédiats, de se tenir et d’être incandescent dans la foule de directions qui nous traversent et nous tombent dessus. Virginie Troussier « Envole-toi, octobre»

▪️Ce qui est beau dans la lecture, c’est quand on pose un livre et qu’on a oublié dans quel endroit, on était, s’il faisait jour ou nuit, si on était dans un chambre ou un salon. François Truffaut

▪️Il y a des livres comme des films, qui vous embarquent. François Truffaut- un Entretien avec Franck Maubert – Avril 1982

▪️Qu’on écrive un roman ou un scénario, on organise des rencontres, on vit avec des personnages ; c’est le même plaisir, le même travail, on intensifie la vie. François Truffaut – un Entretien avec Franck Maubert – Avril 1982

▪️Mes yeux avaient la mauvaise habitude de chercher la bibliothèque dans toutes les habitations que je visitais. Les livres, leur disposition, leur état en disaient long sur leurs propriétaires. Michaël Uras « Aux petits mots les grands remèdes »

▪️Lire, c’est aller vers l’ inconnu, c’est chercher à découvrir de nouveaux mondes, à percer de nouvelles énigmes…Sans garantie de succès. d’ailleurs on ne fait jamais le tour d’un livre, on n’épuise jamais la totalité de son mystère. C’est même peut-être ce qui nous échappe qui est le plus important. Paul Vacca « La petite cloche au son grêle »

▪️Un frisson me parcourt. Ce n’est pas un livre, c’est son livre. Ce ne sont pas que des phrases, ce sont les phrases qu’elle a lues, son regard les a parcourues, sa bouche les a prononcées. Ces lignes pleines et serrées, je ne cherche même pas à en percer le sens. Je sais avec certitude qu’elles renferment ce qui lui plaît. Je sens que j’ai sous les yeux la clef qui me permettra, enfin, de pénétrer dans le monde mystérieux des femmes. Paul Vacca « La petite cloche au son grêle »

▪️Lire me pousse à lire. La lecture est le signe que j’ai encore mon innocence, que je peux encore questionner. Questionner qui? Quand j’arrive au milieu d’un livre, je cesse enfin d’être moi-même. Car, en lisant, je rêve. Zoé Valdes « Café Nostalgia »

▪️Mes larmes, je les ai transformées en écriture. Tout ce que j’ai voulu pleurer se retrouve sur le papier. Tout ce que j’ai voulu pleurer, je l’ai écrit. Zoé Valdes « La femme qui pleure »

🇫🇷 Je m’abandonne à l’adorable allure: lire, vivre où mènent les mots. Leur apparition est écrite. Leurs sonorités concertées. Leur ébranlement se compose, d’après une méditation antérieure, et ils se précipiteront en groupes magnifiques ou purs, dans la résonance. Même des étonnements sont assurés : ils sont cachés d’avance, et font partie du nombre. Paul Valéry « L’amateur de poemes »

🇮🇹E m’abbandono all’adorabile corso: leggere, vivere dove conducono le parole. La loro apparizione è scritta; le loro sonorità concertate. Il loro agitarsi si compone, seguendo un’anteriore meditazione, ed esse si precipiteranno in magnifici gruppi o pure, nella risonanza. Gli stessi miei stupori sono fissati; essi sono celati in anticipo e fanno parte del numero. (Paul Valéry)

▪️Un livre oublié sur un banc, avec le vent qui le lit en tournant les pages. Simon Van Booy « L’amour commence en hiver »

▪️Il en va de la lecture comme de la contemplation d’un tableau, il faut en découvrir d’un trait les beautés, sans hésiter, et être sûr de son appréciation. Vincent Van Gogh, 1881, « Lettres à son frère Théo »

▪️J’éprouve une passion irrésistible pour les livres et un besoin constant de cultiver mon esprit, d’étudier, qui m’est aussi vital que le pain. Vincent Van Gogh «Lettres à son frère Théo»

▪️Il n’y a rien de mieux qu’un roman, pour faire comprendre que la réalité est mal faite, qu’elle n’est pas suffisante pour satisfaire les désirs, les appétits, les rêves humains.” Mario Vargas Llosa « Le Monde de l’éducation » – Avril 2000

▪️Je suis convaincu qu’une société sans littérature (…) est condamnée à plonger dans la barbarie spirituelle et à compromettre sa liberté. » Vargas Llosa dans « La vérité par le mensonge.

▪️La littérature, c’est une manière de vivre dans le bonheur, dans l’exaltation, d’avoir une vie intéressante qui se renouvelait tout le temps, de vivre l’aventure, d’échapper à la routine, à la médiocrité. Mario Vargas Llosa

▪️Con la lettura ci si abitua a guardare il mondo con cento occhi, anziché con due soli, e a sentire nella propria testa cento pensieri diversi, anziché uno solo. Si diventa consapevoli di se stessi e degli altri. Gli uomini senza la lettura non conoscono che una piccolissima parte delle cose che potrebbero conoscere. La lettura può dare cento, mille vite diverse ed una sapienza ed un dominio sulle cose del mondo che appartengono solo agli dei. (Sebastiano Vassalli)

▪️Que la science réalise les rêves, le rôle de la littérature est de rêver la réalité. Alexandre Vialatte

▪️C’est peut-être ça le mystère de l’écriture : c’est juste ou ça ne l’est pas. Delphine de Vigan « D’après une histoire vraie »

▪️Ecrire = chercher autrement. Delphine de Vigan « D’après une histoire vraie»

▪️La littérature ne doit pas se tromper de territoire. Delphine de Vigan «D’après une histoire vraie »

▪️L’écriture doit être une recherche de vérité, sinon elle n’est rien. Si à travers l’écriture tu ne cherches pas à te connaître, à fouiller ce qui t’habite, ce qui te constitue, à rouvrir tes blessures, à gratter, creuser avec les mains, si tu ne mets pas en question ta personne, ton origine, ton milieu, cela n’a pas de sens. Il n’y a d’écriture que l’écriture de soi. Le reste ne compte pas. Delphine de Vigan « D’après une histoire vraie »

▪️Le livre était une sorte de miroir, dont la profondeur de champ et les contours ne m’appartenait pas. Delphine de Vigan « D’après une histoire vraie »

▪️Rien de ce que nous écrivons ne nous est tout à fait étranger. Delphine de Vigan « D’après une histoire vraie

▪️Les histoires, il y a celles dont on se souvient, celles dont on rêve, et puis celles des autres: autant de miroirs sans fond recouvert par le verbe. Delphine de Vigan « Un soir de décembre  »

▪️Per chi li ama i libri sono come figli, riconoscibili fra mille copie ingannevolmente uguali, “pezzi ‘e core”. Cesarina Vighy

▪️Un livre est une bouteille jetée en pleine mer sur laquelle il faut coller cette étiquette: attrape qui peut. Alfred de Vigny “Journal intime”

▪️I personaggi, le frasi e le parole trovate nei libri sono come ponti che ti permettono di spostarti da dove sei verso dove vuoi andare, e quasi sempre è un ponte che unisce il tuo vecchio io a quello nuovo che ti attende” Fabio Volo « Il tempo che vorrei »

▪️Leggere mette in moto tutto dentro te: fantasia, emozioni, sentimenti. È un’apertura dei sensi verso il mondo, è un vedere e riconoscere le cose che ti appartengono e che rischiano di non essere viste. Ci fa scoprire l’anima delle cose. Leggere significa trovare le parole giuste, quelle perfette per esprimere ciò a cui non riuscivi a dare una forma. Trovare una descrizione a ciò che tu facevi fatica a riassumere. Nei libri le parole degli altri risuonano come un’eco dentro di noi, perché c’erano già.Fabio Volo »Il tempo che vorrei »

▪️… vedere e riconoscere cose che ti appartengono e che rischiano di non essere viste. Ci fa riscoprire l’anima delle cose. Leggere significa trovare le parole giuste, quelle perfette per esprimere ciò a cui non riuscivi a dare una forma. Trovare una descrizione a ciò che tu facevi fatica a riassumere. Nei libri le parole di altri risuonano come un’ eco dentro di noi, perchè c’erano già. E’ la conoscenza di cui parlava Platone, quella che già ci appartiene, che è dentro di noi. Non importa se il lettore è giovane o vecchio, se vive in una metropoli o in un villaggio sperduto nelle campagne. Così come è indifferente se l’argomento di cui sta leggendo riguarda un’epoca passata, il tempo presente o un futuro immaginario; il tempo è relativo, e ogni epoca ha la sua modernità. E poi leggere è bello, punto. Io a volte dopo aver letto un libro mi sento sazio, appagato, soddisfatto e provo un piacere fisico. Fabio Volo « Il tempo che vorrei »

VOLTAIRE

▪️Laissez lire et laissez danser; ces deux amusements ne feront jamais de mal au monde. François-Marie Arouet dit Voltaire

▪️La lecture agrandit l’âme, et un ami éclairé la console. François-Marie Arouet dit Voltaire « L’ingénu »

▪️Succede con i libri come con gli uomini pochissimi giocano un ruolo chiave. Voltaire

▪️… jours passés à lire, réfléchir, observer les lumières changeantes et la croissance des fleurs, jours tranquilles pendant lesquels la vie semble si pleine que l’on chante tout seul tant on est heureux, jours charmants tout entiers consacrés à l’observation de nuages processionnaires depuis une prairie où je me vautre sans retenue… Elizabeth Von Arnim (Sidney 1866 – Charleston 1941), cousine de Katerine Mansfield

▪️En voyant ce vieil homme au milieu de tous ces livres qui abritaient tant de vies, tant de temps, tant d’instants volés à l’implacable réalité, j’ai saisi ce que la sérénité pouvait avoir de reposant. A défaut du bonheur. David von Grafenberg « Madame de X » (Éditions Héloïse d’Ormesson, p.26)

▪️J’ai toujours pensé que les livres étaient un remède merveilleux. À chaque douleur, à chaque tristesse, à chaque question il y a un roman. La seule difficulté consiste à le trouver. Le libraire prescrit, tel un apothicaire des sentiments, celui qui convient, et c’est là que se tisse cette relation si particulière avec les lecteurs. David von Grafenberg « Madame de X » (Editions Héloïse d’Ormesson p.47)

▪️Scrivi per piacere a una sola persona. Se apri la finestra e fai l’amore con il mondo, per così dire, la tua storia si prenderà una polmonite ».

Kurt Vonnegut

▪️LIRE n’est jamais inutile. Il ne faut pas se reprocher d’aimer lire, bien qu’un certain équilibre soit nécessaire entre la vie pratique et la vie spirituelle. Herbjørg Wassmo « Cent ans »

▪️Pour qu’un livre ne s’effondre pas sur son étagère, il faut le caler avec d’autres livres, en ôter la poussière, et le feuilleter quelquefois pour qu’il vive. (Incipit)

▪️On lit souvent en attendant un train, un amour, un dentiste. On lit, on attend, la nuit ou le matin; une promesse de bonheur est derrière la page tournée. Certains reculent la fin, d’autres s’y précipitent.

Jacques Weber « Vivre en bourgeois, penser en demi-dieu » Fayard

▪️Je ne lis autant que possible, que ce dont j’ai faim, au moment où j’en ai faim, et alors, je ne lis pas, je mange. Simone Weil «Lettre à Joe Bousquet »

▪️Qu’est-ce que lire, en dernière instance, si ce n’est un échange de pensées entre écrivain et lecteur? Edith Wharton « Le vice de la lecture »

▪️Questo non è un libro Chi lo tocca, tocca un uomo E’ me che hai afferrato E che afferra te Io balzo dalle pagine fra le tue braccia. (Walt Whitman).

▪️J’ai travaillé toute la matinée à la lecture des épreuves d’un de mes poèmes et j’ai enlevé une virgule. Cet après-midi, je l’ai remis. Oscar Wilde.

▪️Les livres ont été pour moi un chemin vers la liberté. » Oprah Winfrey – interview

▪️Quand j’ai appris à lire, j’ai découvert qu’il existait un monde à l’extérieur de la ferme du Mississipi où je vivais. J’ai nourri des rêves interdits à une petite fille noire. Et les livres m’y avaient donné la force de voir au-delà de ce qui était possible pour moi à l’époque, le pouvoir de voir que j’avais une chance de vivre une autre vie. » Oprah Winfrey

▪️Un livre est un tapis volant qui vous emporte loin. Un livre est une porte. Vous l’ouvrez, en passez le seuil. En revenez-vous? Jeannette Winterson « Pourquoi être heureux quand on peut être normal  »

VIRGINIA WOOLF

▪️A good book is never finished – it goes on whispering to you from the wall. Virginia Woolf

▪️Books are the mirror of the soul. Virginia Woolf

▪️Ecrivez ce que vous désirez écrire, c’est tout ce qui importe, et nul ne peut prévoir si cela importera pendant des siècles ou pendant des jours. mais sacrifier un cheveu de la tête de votre vision, une nuance de sa couleur, par déférence envers quelques maîtres d’école tenant une coupe d’argent à la main ou envers quelques professeur armé d’un mètre, c’est commettre la plus abjecte des trahisons ; et la perte de tous les biens et celle de la chasteté, pertes dont on disait jadis qu’elles étaient les plus grands désastres connus des humains, ne sont que simple piqûre de puce en comparaison. Virginia Woolf « Une chambre à soi »p.159

▪️I libri sono come i fiori e i frutti di un albero che affonda le sue radici nel suolo della nostra prima infanzia, delle nostre prime esperienze, » affermava Virginia Woolf «La signora Dalloway »

▪️Il aimait les livres comme les aime un véritable lecteur, non pas comme des trophées que l’on exhibe, mais comme des êtres vivants qui « doivent être médités, pratiqués et intégrés dans mon corps et dans mon âme » Virginia Woolf « Comment lire un livre »

🇫🇷 Le bonheur est contenu dans cette chambre, {…}, et la paix que dispensent les objets familiers. Une table, une chaise, un livre, avec un coupe-papier inséré entre ses pages. Et un pétale tombe d’une rose, et la lumière palpite pendant que nous sommes assis, en silence, ou que peut-être, traversés par une pensée sans importance, nous prononçons soudain une parole. Virginia Woolf « Les vagues »

🇮🇹 La felicità sta nelle cose tranquille, ordinarie. Un tavolo, una sedia, un libro con un tagliacarte infilato tra le pagine. Il petalo che cade dalla rosa, e la luce che palpita, quando sediamo in silenzio…Virginia Woolf » Le onde »

▪️Le seul conseil en effet qu’une personne puisse donner à une autre à propos de la LECTURE c’est de ne demander aucun conseil, de suivre son propre instinct, d’user de sa propre raison, d’en arriver à ses propres conclusions. Virginia Woolf «L’art du roman »

▪️Les livres: la sève vivante des esprits immortels. Virginia Woolf « Entre les actes »

▪️Ma se aprite la mente, fin dal dipanarsi

delle prime frasi, segni e indizi sottili, quasi impercettibili,

vi presenteranno un essere umano diverso de ogni altro.

Immergetevi nel testo, acquistatene dimestichezza,

e non tarderete a scoprire che il vostro autore

vi sta dando, o sta cercando di darvi,

qualcosa di molto ben definito. Virginia Woolf

▪️C’est la littérature qui permet à l’être humain de conserver sa conscience d’homme. Gao Xingjian

▪️La parole scritta mi ha insegnato ad ascoltare la voce umana. Marguerite Yourcenar

CARLOS RUIZ ZAFON

▪️I libri sono specchi che riflettono ciò che abbiamo dentro. (Carlos Ruiz Zafón « L’ombra del vento »

🇫🇷 J’ai grandi entre les livres en me faisant des amis invisibles dans les pages qui tombaient en poussière et dont je porte encore l’odeur sur mes mains. Carlos Ruiz Zafon « L’ombre du vent »

🇪🇸 Me crié entre libros, haciendo amigos invisibles en páginas que se deshacían en polvo y cuyo olor aún conservo en las manos. Carlos Ruiz Zafón « La sombra del viento »

Les livres sont des miroirs, et l’on y voit que ce qu’on porte soi-même. Carlos Ruiz Zafón « L’ombre du vent »

I libri sono specchi che riflettono ciò che abbiamo dentro. (Carlos Ruiz Zafón « L’ombra del vento »

▪️Le vieux libraire m’avait toujours répété que les livres avaient une âme, l’âme de celui qui les avait écrits et de ceux qui les avaient lus et avaient rêvé avec eux. Carlos Ruiz Zafón « Le Jeu de l’ange » (2008)

▪️Un roman c’est une cathédrale de mots. Carlos Ruiz Zafón

▪️La littérature est un kamasutra intellectuel. LGL 01/10/2015

▪️La lecture lui ouvrit des horizons romanesques qu’elle ignorait encore ; elle n’avait aimé qu’avec son sang et ses nerfs, elle se mit à aimer avec sa tête. Émile Zola « Thérèse Raquin »

▪️La littérature, qui est l’écho des mœurs… Émile Zola « Nouvelles roses »

▪️Car, lorsque nous lisons, que faisons-nous sinon vivre intérieurement avec des êtres étrangers, sinon voir avec leurs yeux, penser avec leurs cerveaux? Et je me souviens alors toujours plus vivement et avec toujours plus de gratitude, ému et reconnaissant des bonheurs innombrables ressentis en compagnie … Stefan Zweig

ANONYMES OU INCONNUS

▪️Ab homine unius libri.

▪️A book is like a garden carried on the pocket.

▪️Chi brucia i libri finirà per bruciare gli uomini. Anonimo

▪️I libri sono i compassi, i telescopi, i sestanti e le cartine che altri uomini hanno preparato per aiutarci a navigare nei pericolosi oceani della vita umana. (Anonimo)

▪️La lecture crée le citoyen.

▪️Le roman est l’art de brouiller les cartes

▪️Un roman c’est un morceau du miroir de la vie avec pleins de manques comme la vie. ???

▪️Un sujet, un verbe ,un complément cela suffit pour écrire un roman. ???

EXPRESSIONS

▪️Écrit au cordeau: se dit d’une chose remarquablement précise, droite.

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▪️On demandait à Balzac: « Qu’est-ce qu’un personnage de roman ? » Il a répondu : « C’est n’importe qui dans la rue, mais qui va jusqu’au bout de lui-même. Tous tant que nous sommes, nous n’allons jamais au bout de nous-mêmes. Nous avons peur de la prison ou de choquer nos semblables ; soit par sensiblerie, par bonne éducation, comme on dit, pourquantités d’autres raisons.»

▪️Le roman consiste à créer un groupe social quelconque, cinq ou six personnes, peu importe, autour d’un personnage central, et il ne reste plus à l’auteur que se mettre dans la peau de ce personnage central. » Extrait de Conversations avec Simenon

FILMS

▪️On ne lit pas ni écrit de la poésie parce que c’est joli. On lit et écrit de la poésie car on fait partie de l’humanité. Et l’humanité est faite de passions. La médecine, le droit, le commerce sont nécessaires pour assurer la vie, mais la poésie, la beauté, la romance, l’amour, c’est pour ça qu’on vit. Film « Le cercle des poètes disparus » – réplique du Professeur Keating

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